Politique

Que deviennent les migrants accueillis à Ste Ménehould ?

Par Aurélie Jacquand, France Bleu Champagne-Ardenne mardi 20 décembre 2016 à 10:36

48 migrants vivent à Ste Menehould depuis début novembre
48 migrants vivent à Ste Menehould depuis début novembre © Radio France - Alexandre Audabram

La Grande-Bretagne a récemment fait savoir qu'elle réduisait le nombre de migrants qu'elle accepte d'accueillir. Dans la Marne, à Ste Ménehould, une dizaine de mineurs isolés avaient fait une demande pour rejoindre ce pays. Ils n'ont plus d'autres choix que d'attendre.

Près de deux mois après le démantèlement de la jungle de Calais, des dizaines de migrants vivent toujours dans les Ardennes et la Marne, accueillis dans des centres à Charleville-Mézières, Rimogne, Châlons-en-Champagne, Reims, Epernay ou encore Ste Ménehould. Mais pour certains, la situation s'est récemment compliquée quand la Grande-Bretagne a décidé de ne pas les accepter sur son sol. Une dizaine de mineurs isolés installés à Ste Ménehould avait déposé des dossiers qui ont été rejetés.

"La moins pire des solutions est qu'ils attendent ici", dit Bertrand Courot

Face au refus de la Grande-Bretagne de les accueillir, certains migrants ont décidé de réagir. Dans le Tarn-et-Garonne, certains ont entamé une grève de la faim. Dans la Marne, à Ste Ménehould, les dix mineurs isolés concernés n'en sont pas là, mais c'est malgré tout leur projet qui s'écroule. Les autorités britanniques n'ont pas encore officiellement transmis leur décision sur papier à la Préfecture de la Marne, mais la décision leur a déjà été annoncée. "L'un des risques, c'est qu'ils tentent quand même de partir", s'inquiète Bertrand Courot, le maire de Ste Ménehould, "Quand ils sont arrivés chez nous, certains avaient d'ailleurs essayé de repartir pour Calais, avant de faire demi-tour".

Alors dans la ville, tout est fait pour les intégrer au mieux. Deux associations, "jamais seul" et "Via les vertes Voyes", les encadre, leur donnant des cours de français, les faisant participer à des cours de sport ou des actions caritatives et prochainement la commune organisera une journée d'intégration pour leur faire visiter la ville et ses possibilités. "Ils n'ont guère d'autres choix que d'attendre ici leur majorité pour ensuite faire une demande d'asile", explique Bertrand Courot.

Seul espoir peut-être, l'Irlande. Le pays a récemment fait savoir qu'il serait prêt à accueillir certains migrants mineurs. "Reste à savoir si ils accepteraient, l'Irlande ce n'est pas l'Angleterre", conclut le maire de Ste Ménehould.

Bertrand Courot, le maire de Ste Ménehould, invité à 7h50