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Politique

Que faut-il retenir de la première année de mandat d'Emmanuel Macron ?

lundi 7 mai 2018 à 8:50 Par Viviane Le Guen, France Bleu

Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron remportait l'élection présidentielle. France Bleu fait le point sur les réformes et les mesures qui ont marqué cette première année de mandat.

Emmanuel Macron en avril 2018
Emmanuel Macron en avril 2018 © Maxppp - MICK TSIKAS/EPA/Newscom

Emmanuel Macron fête ce 7 mai son premier anniversaire à l’Élysée. Une année marquée par le lancement de multiples réformes, dont certaines suscitent toujours la colère des organisations syndicales et d’une partie de la société, des étudiants aux fonctionnaires, en passant par les personnels de santé et les cheminots.

La réforme du code du travail

L'une des premières grandes réformes du quinquennat est celle du code du travail, promulguée fin mars. Promise par Emmanuel Macron durant la campagne, lancée deux semaines seulement après l’élection présidentielle, elle a donné le ton : si les syndicats et le patronat ont été reçus de nombreuses fois, le gouvernement a procédé par ordonnances.

La réforme a notamment redéfini le dialogue social en entreprise en fusionnant des instances représentatives et en accordant la primauté à l’accord de branche.

La loi ORE (Orientation et réussite des étudiants)

Portée par la ministre de l’Enseignement  supérieur et promulguée le 8 mars, la loi sur l'Orientation et réussite des étudiants. Accusée d'instaurer une sélection déguisée,  elle est à l'origine de multiples blocages dans les facs.

En matière d'éducation, cette première année de mandat a aussi été marquée le dédoublement des CP et CE1 en Zone d'éducation prioritaire, la scolarisation obligatoire dès 3 ans et la réforme du baccalauréat qui supprime les séries  L, ES et S,  et instaure de nouvelles épreuves. Elle doit entrer en vigueur en 2021. 

Le contrôle des migrants

Autre texte qui divise, jusque dans la majorité : le projet de loi Asile et immigration adopté le 22 avril par les députés et dont l'une des mesures-phares, visant à faciliter les expulsions, est le doublement de la durée maximale de rétention. Le texte réduit aussi à six mois (contre onze aujourd'hui) les délais des  procédures d'asile.

"Un  texte dangereux", "déséquilibré", un "immense gâchis" selon les associations  d'aide aux migrants. 15 députés de La République en marche ne l'ont pas voté en première lecture.

La réforme ferroviaire 

A l'origine de la grève "perlée" lancée début avril par les cheminots, et prévue pour durer jusqu'en juin, la réforme ferroviaire a été adoptée par l'Assemblée fin avril. Le Premier ministre, Edouard  Philippe, rencontre ce lundi les syndicats mais il a déjà prévenu que le gouvernement n'était pas prêt à faire de concessions sur les trois sujets qui cristallisent la colère des grévistes : l'ouverture à la concurrence,  la réorganisation de l'entreprise et  la fin du  recrutement au statut.

"Pour nous, la grève se poursuit", a d'ores et déjà confirmé la CGT Cheminots à l'issue de l'entretien. SUD-Rail,  qui refuse de négocier "des accompagnements" au projet gouvernemental,  organise une manifestation ce lundi matin à Paris, près des Invalides.

La loi de moralisation de la vie politique

Toute première réforme portée par le gouvernement, votée avant l'été et promulguée en septembre : celle sur la moralisation de la vie publique. Objectif pour Emmanuel Macron : regagner la confiance des concitoyens. Le texte prévoit notamment l'interdiction des emplois familiaux pour les parlementaires, mais aussi la suppression progressive des réserves parlementaire et ministérielle. Certaines promesses du candidat Macron ont toutefois été revues par rapport aux promesses de campagne, comme l'interdiction pour les parlementaires d'exercer des activités de conseil.

La sortie de l'état d'urgence

Le président de la République a fait le choix de sortir de l'état d'urgence en adoptant une loi antiterroriste. Votée début octobre elle a fait entrer dans le droit commun certaines des dispositions de l'état d'urgence et notamment renforcé l'autorité administrative.  Sauf pour les perquisitions, les préfets n'ont plus besoin d'un feu vert judiciaire pour décider d'assignations à résidence ou de perquisitions, ou encore pour des contrôles d'identité ou pour fermer des lieux de culte

ISF, APL, CSG : les mesures qui plombent la popularité du président

Le premier projet de loi de finances du quinquennat a aussi confirmé la mise en oeuvre de plusieurs mesures, pour certaines très impopulaires : hausse de la CSG de 1,7 point pour les retraités, transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière,  baisse des APL de  5 euros mensuels pour 6,5 millions de ménages bénéficiaires mais aussi suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages.

Un bilan "négatif" pour une majorité de Français

Une majorité de Français (55%) dresse un bilan "négatif" de l'action d'Emmanuel Macron après un an de pouvoir, contre 45% qui jugent le bilan positif, selon une enquête du Centre de recherches politiques de  Sciences Po (Cevipof), réalisée par Ipsos-Sopra Steria avec Le Monde et  la Fondation Jean Jaurès.

Confortant  l'image d'un "président des riches" brandie par l'opposition, les  Français estiment à 76% que la politique menée "profite avant tout aux  catégories aisées", et seulement 16% qu'elle bénéficie "à l'ensemble des  Français" (contre 5% qui la voient favorables aux catégories populaires  et 3% aux classes moyennes). L'effort demandé aux retraités notamment ne passe pas auprès d'un certain nombre d'électeurs, y compris ceux qui avaient massivement voté pour Emmanuel Macron comme en Dordogne.

L'action  d'Emmanuel Macron pour ce qui est du pouvoir d'achat et de la réduction  des inégalités sociales est jugée particulièrement sévèrement, 78% des  Français estimant qu'elle va dans le mauvais sens. Ils sont à peine moins sévères pour ce qui est du système de santé, 72% jugeant que  l'action présidentielle va dans le mauvais sens, tout comme pour le  système de retraite (70%) et la maîtrise de l'immigration (66%). 

A l'inverse, quatre thématiques emportent l'adhésion : la politique étrangère, qui va  "dans le bon sens" pour 63% des Français, l'aide aux entreprises (61%),  l'Union européenne (60%) et la lutte contre le terrorisme (57%).