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10 mai 1981 : 40 ans après, que reste-t-il des septennats de François Mitterrand ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu
France

Il y a quarante ans, le 10 mai 1981, François Mitterrand était élu président de la République française, et pour la première fois depuis l'instauration de la Ve République, un socialiste accédait à l'Élysée. Quarante ans plus tard, que retient-on des années mitterrandistes ?

Le 10 mai 1981, le candidat socialiste François Mitterrand était élu président de la République
Le 10 mai 1981, le candidat socialiste François Mitterrand était élu président de la République © Maxppp - gproust

Il y a quarante ans, la gauche explosait de joie et la droite craignait le pire. Le 10 mai 1981, le candidat socialiste François Mitterrand était élu président de la Ve République. Après 23 ans dans l'opposition, la gauche accédait donc enfin à l'Élysée. Une élection qui marqua un tournant majeur de la vie politique française. Depuis son fief de Château-Chinon (Nièvre), le soir même de son élection, François Mitterrand dit ainsi mesurer "le poids de l'histoire, sa rigueur et sa grandeur". Il resta à la tête du pays durant deux septennats, de 1981 à 1995. Quarante ans après, il fait figure de référence pour bon nombre de responsables politiques de gauche. Sous ses présidences, la peine de mort a été abolie, le délit d'homosexualité abrogé, l'impôt sur les grandes fortunes créées, etc. Retour sur ces années mitterrandistes.

L'abolition de la peine de mort

Très vite, François Mitterrand entend appliquer l'une de ses promesses de campagne : en finir avec la peine de mort. Il nomme ainsi comme garde des Sceaux Robert Badinter, fervent défenseur de l'abolition de la peine de mort. Si 63% Français se disaient à l'époque favorables à la guillotine, l'avocat tient bon, et ce malgré les nombreuses menaces qu'il reçoit. Devant l'Assemblée nationale, le 17 septembre 1981, Robert Badinter défend l'abolition de la peine de mort, dans un discours devenu depuis célèbre. "Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises", avait-t-il plaidé. Le 9 octobre 1981, la peine de mort est finalement abolie.

Les mesures sociales

François Mitterrand aura aussi marqué la politique française en adoptant de nombreuses mesures sociales. Les Français retiennent ainsi les avancées sociales qu'il a permises, selon une étude Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès publiée vendredi 7 mai. 52% citent ainsi la 5e semaine de congés payés et 51% la retraite à 60%.

Quelques mois après l'élection de François Mitterrand, l'impôt sur les grandes fortunes est créé. En 1982, le gouvernement de Pierre Mauroy instaure la semaine des 39 heures pour les salariés et généralise en 1982 la cinquième semaine de congés payés. En 1988, le gouvernement de Michel Rocard crée le Revenu minimum d'insertion, adopté à l'unanimité par les parlementaires. Ce RMI vise à "permettre à ceux qui sont les plus durement frappés, que notre société laisse partir à la dérive, que la marginalité guette, d'avoir droit à une deuxième chance", annonçait ainsi le Premier ministre socialiste dans sa déclaration de politique générale, 29 juin 1988.

Ces réformes socio-économiques n'ont pas réussi toutefois à contrer la montée du chômage qui a quasiment doublé entre le début et la fin des mandats de François Mitterrand : entre 1980 et 1994, le chômage est ainsi passé de 5,9% à 10,7%.

L'Europe

François Mitterrand a également marqué de son empreinte la construction européenne. Le socialiste est un Européen convaincu depuis ses premières années de militantisme. En 1948, alors qu'il est à l'époque jeune député, il assiste au Congrès de La Haye où se côtoient les pionniers du combat pour l'union des pays d'Europe. Une vision européenne qui ne le quittera jamais. Le symbole le plus fort reste sans doute la cérémonie de commémoration des victimes de guerre à Verdun, en 1984 : le président français et le chancelier allemand, Helmut Kohl, main dans la main devant l'ossuaire de Douaumont. Un geste fort en émotions qui symbolise la réconciliation franco-allemande.

François Mitterrand a participé à la construction européenne en soutenant également les candidatures de l'Espagne et du Portugal à Communauté économique européenne. Ils y entreront officiellement en 1986.

Les efforts européens du président français aboutissent en 1992 sur la ratification du traité de Maastricht, qui vise à créer une Europe économique et monétaire. 51,30% des votants français ont répondu favorablement au référendum du 20 septembre 1992.

La culture

François Mitterrand est aussi un président qui a beaucoup fait pour le secteur culturel. En 1981, il double le budget du ministère de la Culture, pour arriver au fameux 1% du budget de l'État. C'est sous son premier septennat, en 1982, que la Fête de la musique est créée. Cette envie de démocratiser la culture ne s'arrête pas là : autorisation des radios locales privées en 1981, libération de l'audiovisuel en 1994, création d'un prix unique sur le livre en 1985.

Le président socialiste veut que toutes les Français et les Français puissent profiter de la culture. Il se lance ainsi dans un mouvement de décentralisation avec de grands travaux dans Paris. En 1982, il lance ainsi la construction de l'Opéra de Bastille, il inaugure la Pyramide du Louvre. Parmi les grands travaux entrepris sous son double mandat, l'on retient également l'Institut du monde arabe, le Musée d'Orsay et enfin l'édification de la Bibliothèque Nationale de France, dernier ouvrage sous son égide, lancé en 1988, qui portera par la suite son nom.

François Mitterrand retient également de nombreux projets un peu partout en France, comme l'École nationale supérieure de danse à Marseille, l'École nationale de la photographie à Arles, le Centre national d’art contemporain à Grenoble, ou encore le Musée national de la bande dessinée à Angoulême.

Le Rwanda 

Le double mandat de François Mitterrand est également entaché par le génocide des Tutsi au Rwanda, en 1994. Si en 1994, François Mitterrand assure que "la France n'a aucune responsabilité dans ce drame", un rapport publié fin mars 2021, dresse un portrait bien moins élogieux. Selon les conclusions du rapport d'une commission d'historiens, chapeautée par Vincent Duclert, la France "est demeurée aveuglée face à la préparation" du génocide des Tutsi. En effet, durant les années qui ont précédé le drame, François Mitterrand s'est toujours refusé à modifier sa politique vis-à-vis de Kigali. 

Les historiens sont sans appel, la France porte des "responsabilités lourdes et accablantes". "Elle a "tardé rompre" avec les responsables et continué à placé la menace du Front patriotique rwandais (l’ex rébellion tutsi qui mit fin au génocide) au sommet de ses préoccupations”, estiment les experts.

En troisième position des présidents de la Ve République les plus appréciés des Français

Quarante ans après son accession à la présidence de la République, François Mitterrand reste une figure emblématique de la politique française. Il arrive même en troisième position des présidents les plus appréciés des Français, selon une étude Ifop pour la Fondation Jean-Jaurès, publiée vendredi 7 mai. Charles de Gaulle apparaît comme le président préféré, devant Jacques Chirac. Le président socialiste a la particularité de créer une nette coupure entre les Français, même quasiment 26 ans après sa mort. Il est ainsi plébiscité à gauche, cité par 58% des sympathisants de gauche comme président préféré. Mais "il pâtit d'un rejet toujours épidermique à droite où seuls 6% des sympathisants le citent comme président apprécié", explique la Fondation Jean-Jaurès.

La nostalgie de la Mitterrandie

L'ancien président François Hollande, les ex-Premiers ministres Lionel Jospin et Bernard Cazeneuve, la maire de Paris Anne Hidalgo, les anciens ministres Pierre Joxe ou Jean Glavany, Gilbert Mitterrand (fils de l'ancien président) se sont réunis au Creusot (Saône-et-Loire) ce dimanche pour célébrer le 40e anniversaire de l'élection, mais aussi une "figure emblématique qui nous a laissé un immense héritage", selon les mots de David Marti, maire PS du Creusot. Plusieurs tables rondes ont été organisées, d'où ressortait un fort sentiment de nostalgie. "François Mitterrand incarnait une conception et un sens de l'Etat qui doit nous servir de leçon", a affirmé Bernard Cazeneuve. "Il avait le sens de l'amitié" et de la "loyauté", qualités qu'"on finit par oublier" aujourd'hui, dans cette période marquée par "la malveillance" et "l'oubli des contributions" de "ceux qui nous ont précédés". Lionel Jospin a pour sa part évoqué "le parcours fécond d'un grand leader et d'un chef d'Etat" qui "laissait les premiers ministres gouverner et respectait les ministres".  

Une cohésion qui semble pour certains aujourd'hui bien loin. L'ex-Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis (2014-2017) dresse un constat sombre dans le Journal du Dimanche : "La gauche fête le 10 mai et la victoire de François Mitterrand en étant divisée et sans idées" et "se prépare à faire de la figuration à la présidentielle", écrit-il. Pour autant, l'ex-président Hollande voit dans la mémoire du 10 mai 1981 l'occasion de profiter des "expériences" passées. "Le cycle ouvert en 1981 est-il refermé ? Le socialisme en a-t-il fini avec sa mission réformatrice ? Je ne le crois pas", a martelé François Hollande. "Le socialisme, s'il est repensé, renouvelé, avec l'urgence écologiste, le socialisme est la réponse la plus appropriée pour assurer la cohésion sociale et nationale. C'est aux nouvelles générations d'y travailler, une construction politique se fait toujours avec de l'ancien et du neuf, dans la réinvention".

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