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Politique
Dossier : Mouvement des "gilets jaunes"

"Il n'a rien compris", "beaucoup d'oubliés, "rien ou si peu" : les réactions aux annonces d'Emmanuel Macron

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Par , France Bleu

Après les annonces de la conférences de presse d'Emmanuel Macron jeudi soir, les réactions sont nombreuses dans les partis d'opposition, mais aussi chez les gilets jaunes, qui annoncent poursuivre leur mouvement.

Emmanuel Macron pendant sa conférence de presse, jeudi soir.
Emmanuel Macron pendant sa conférence de presse, jeudi soir. © AFP - Ludovic MARIN

Baisse de l'impôt sur le revenu, réindexation des retraites sur l'inflation, pensions alimentaires, durée de cotisation avant la retraite, fonctionnaires.... Le président Emmanuel Macron a fait de nombreuses annonces lors de sa conférence de presse jeudi soir. Sans surprise, ces annonces sont saluées par les membres du parti présidentiel, et très critiquées par l'opposition, qui dénonce une réponse insuffisante, notamment sur le pouvoir d'achat, les retraites ou l'écologie. Les syndicats et les "gilets jaunes" sont également très critiques.

Les "gilets jaunes" comptent poursuivre leur mobilisation

Priscillia Ludosky, l'une des figures des "gilets jaunes", annonce poursuivre la mobilisation, en  écrivant sur Twitter : "27/04 manif 01/05 manif 04/05 manif 08/05 manif 11/05 manif 18/05 manif 25/05 manif". Jacline Mouraud, autre figure des "gilets jaunes", "salue le travail réalisé, c'est un fait : ils ont planché sur le sujet ! Mais les grands oubliés de la Nation sont les travailleurs pauvres, les agriculteurs, les temps partiels, les précaires, tous les ubérisés de la société."

Ingrid Levavasseur, ancienne "gilet jaune", s'est dit ce vendredi sur franceinfo "très déçue" par les mesures annoncées . "Ce n’est absolument pas ce dont on avait envie. Et en tout cas, ce n'est pas précisément ce que l'on attendait de lui. À quel moment est-ce qu'il parle réellement du pouvoir d'achat ? À quel moment est-ce qu'il parle de l'augmentation de l'EDF  qui ne va pas tarder à arriver, les 6% en plus ? À quel moment on va réellement parler du prix de l'essence qui flambe de nouveau aux pompes ? À quel moment est-ce qu'on parle réellement des familles monoparentales?" Selon elle, les annonces d'Emmanuel Macron ne devraient pas calmer les "gilets jaunes" : "Je ne pense pas que ça va s'éteindre. Au vu de ce qui se passe sur les réseaux et de ce que j'entends et évidemment de l'insatisfaction des Français, je pense que ça ne va pas s'éteindre. C'est une évidence", a-t-elle assuré.

Pour Mélenchon, Macron "relance la la crise politique" 

Les réponses du Président à la crise des gilets jaunes sont, pour certains, très éloignées des attentes des Français. "Macron sait-il que son discours était censé conclure la crise politique ? Il vient de la relancer en se défilant comme il vient de le faire", a réagi sur Twitter le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon. Et si le chef de l'Etat "n'a rien compris aux attentes des Français, on lui réexpliquera le 26 mai!", a lancé la tête de liste du mouvement pour les européennes, Manon Aubry. 

Pour le Rassemblement national, Emmanuel Macron "n'a rien dit, rien apporté"

"Baisse des impôts", "justice sociale", "lutte contre l'immigration clandestine et contre l'insécurité" : Emmanuel Macron "n'a rien dit, rien apporté", et "je crains très honnêtement que la colère des Français a de très beaux jours devant elle", a averti la tête de liste du parti d'extrême droite pour les européennes, Jordan Bardella, sur BFM TV. 

"Encore beaucoup d'oubliés" pour Laurent Wauquiez

"Il y a encore beaucoup d'oubliés, d'abord les retraités", qui "ne seront pas réévalués sur l'inflation en 2019", a réagi le patron des Républicains, Laurent Wauquiez, sur France 2, en regrettant qu'il y ait seulement des "petits gestes, des petites corrections des lourdes erreurs commises", et que "des compartiments entiers de Français ne sont pas concernés". 

Nicolas Dupont-Aignan dénonce une "hypocrisie" sur l'âge de départ à la retraite

"Hypocrisie!", a lancé Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France : "L'âge de départ à la retraite de 62 ans ne sera pas touché, la durée de cotisation sera allongée. Autrement dit, on pourra partir tôt mais avec très peu". 

Pour les écologistes, "rien ou si peu"

Côté environnement, "tout ça pour ça !", dit Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes: "on attendait un plan Marshall sur le climat (logement et renouvelables), une sanctuarisation des services publics (gares, maternités...) et des infrastructures vitales (aéroports, barrages...)", et à la fin, "rien ! Ou si peu..." 

Pour Raphaël Glucksmann, "90 minutes sur lui-même, une minute pour le climat"

"Je, je, je : 90 minutes sur lui-même, une minute pour le climat. De ce point de vue, rien n"a changé", a fustigé Raphaël Glucksmann, tête de liste PS/Place Publique pour les Européennes. 

Il n'y aura "pas d'acte II", en a conclu le patron du PS, Olivier Faure. 

"Les Français demandent un changement de politique. Le président répond : je continue et j'accélère", a critiqué Fabien Roussel, premier secrétaire du PCF, dans la même veine que Benoît Hamon (Générations), qui fustige un président qui "répond 'je radicalise, j'intensifie et j'accélère ma politique"

Les syndicats sceptiques 

Les annonces du président de la République sont avant tout "cosmétiques" et "pas à la hauteur des exigences" des mouvements sociaux des derniers mois, selon la CGT : "Les annonces du président de la République confirment la mise en place de mesures qui ne sont pas à la hauteur des exigences portées par les différents mouvements sociaux qui secouent le pays ces derniers mois", écrit la CGT dans un communiqué. La centrale de Montreuil dénonce "un gouffre immense entre les conclusions" tirées du grand débat par le président de la République "et les attentes, les aspirations, les revendications des Français et des travailleurs", et "un mépris pour leurs galères quotidiennes". La CGT appelle "à la mobilisation, le plus largement possible, dans les entreprises, les établissements, dans les localités, le 1er-Mai puis le 9 mai"

Quant à la CFDT, elle note que "le président a infléchi son discours sur plusieurs points et montré une volonté de prendre en compte les réalités vécues". "Mais il manque des annonces fortes et engageantes face à l'urgence écologique", regrette le syndicat, qui souligne également "qu'aucune mesure ne concerne les hauts revenus et les plus gros patrimoines". Quant à "travailler plus, ce serait déjà travailler tous et cela nécessite un véritable accompagnement vers l'emploi".

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