Politique

Redécoupage des cantons : Bernadette Chirac furieuse, plus de la moitié des conseils généraux opposés à la réforme

Par Julie Guesdon, France Bleu mardi 4 mars 2014 à 19:00

Bernadette Chirac refuse de voir son canton supprimé au profit de la parité des élus
Bernadette Chirac refuse de voir son canton supprimé au profit de la parité des élus © MaxPPP

Le projet de redécoupage cantonal a été majoritairement rejeté par les conseillers généraux ce mardi et de nombreux recours se préparent, des recours susceptibles d'entraîner le report des élections départementales de 2015. L'opposition a d'ailleurs un porte-parole de poids en la personne de Bernadette Chirac, furieuse de voir son canton menacé.

Les cartes du redécoupage cantonal transmises par le gouvernement n'ont pas vraiment suscité l'opprobre des conseillers généraux. A l'occasion de la présentation du Livre noir sur le redécoupage des cantons de France rédigé par le président du conseil général des Côtes d'Or et député UDI François Sauvadet, 56 conseils généraux ont émis un avis défavorable au projet de réforme. Il s'agit de plus de la moitié des 98 conseils généraux appelés à se prononcer.

La réforme du 17 mai 2013, qui vise à assurer la parité entre les élus grâce à l'élection, dans chaque canton, d'un binôme femme-homme, entraînera également la division par deux du nombre de cantons français afin de ne pas accroître le nombre de conseillers départementaux.

Bernadette Chirac ne compte pas se laisser faire

Le député Sauvaget rappelle que la réforme "n'a été votée à l'Assemblée nationale que par le parti socialiste" alors qu'elle avait été rejetée par les deux tiers du Sénat. Dénonçant "un coup de force du PS", "sans aucun dialogue" les élus cantonaux sont nombreux à craindre "un désordre territorial et la mort des territoires ruraux". 

Parmi eux, une personnalité politique de premier plan : Bernadette Chirac. La campagne de l'ancien chef d'État s'est montrée bien déterminée à conserver son canton et a déclaré qu'elle comptait bien "ne pas se laisser piller comme ça". Menaçante, la femme politique qui avait été élue pour la première fois en 1979 dénonce "une manière d'oublier Jacques Chirac et tout ce qu'il a fait pour la Corrèze [...] Si [elle] tombe dans la trappe, [elle] dira un certain nombre de choses".

Le canton "Chirac" n'est pas le seul à disparaître en Corrèze. Le ministère de l'Intérieur a rappelé que le canton dont François Hollande était issu serait lui aussi supprimé.

Les élections cantonales menacées

Les recours supposés proviennent de chaque département. Selon François Sauvaget, si une erreur s'est nichée dans un seul canton, le gouvernement devra revoir le redécoupage. Ce qui pourrait, à terme, entraîner un report des élections cantonales, prévues en 2015.