Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Politique
Dossier : Mouvement de grève contre la réforme des retraites

Réforme des retraites : à quoi doit servir la "conférence de financement" qui commence ce jeudi ?

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Suite du feuilleton sur la réforme des retraites, ce jeudi, avec l'ouverture de la "conférence de financement" qui réunit les partenaires sociaux à Paris. Le but : parvenir à un accord sur la manière de maintenir l'équilibre du régime français.

La conférence aura lieu au Conseil économique et social.
La conférence aura lieu au Conseil économique et social. © Maxppp - Alexis Sciard

C'est une nouvelle étape dans le bras-de-fer qui oppose les syndicats et le gouvernement autour de la réforme des retraites : la "conférence de financement" s'ouvre ce jeudi à Paris. Quel est son objectif ? Quelles sont les positions des acteurs en présence ? Pourquoi cette étape est importante ? France Bleu fait le point.

D'où vient l'idée de cette conférence ?

Le projet de réforme présenté à l'origine par le gouvernement comporte deux volets. Le premier concerne le système à proprement parler, et prévoit d'instaurer un régime de cotisation par points. Le second volet aborde la question du financement du système de retraites : pour assurer ce financement à long terme, le gouvernement demande aux actifs de travailler - et donc de cotiser - plus longtemps s'ils veulent toucher la totalité de leur pension. C'est la fameuse mesure de l'âge-pivot, fixé à 64 ans. S'ils partent avant, les retraités touchent une pension soumise à un malus, s'ils partent après ils touchent une pension sans malus.

Une ligne rouge pour les syndicats dits réformistes, qui avaient demandé que le gouvernement n'inclue pas de mesure d'âge dans sa réforme. À commencer par la CFDT, qui considère qu'il n'y a pas d'urgence à réformer sur la question du financement du système, et qui propose donc une conférence sur ce thème. Après plusieurs semaines de grève, le gouvernement en accepte le principe, suspendant provisoirement sa mesure d'âge-pivot.

Qui y participe ?

Installés pour l'occasion au Conseil économique et social (Cese) par le Premier ministre Édouard Philippe, l'ensemble des syndicats et organisations patronales doivent normalement être présents. Y compris les syndicats totalement opposés au principe de la réforme, la CGT et Force ouvrière, qui veulent profiter de cette vitrine pour faire valoir leurs positions.

Un diagnostic et des chiffres qui ne font pas consensus

Les partenaires sociaux doivent répondre à l'objectif fixé par le gouvernement : trouver le moyen d'assurer le retour à l'équilibre financier du système en 2027. Selon le Conseil d'orientation des retraites (COR), le déficit du régime actuel est en effet évalué en l'état à 10 milliards d'euros en 2025 et 12 milliards d'euros en 2027. 

Mais la tâche s'annonce compliquée. La conférence est déjà lestée d'une controverse sur le diagnostic et les projections financières du gouvernement, critiquées, fait rare, par le Conseil d'Etat. Dans un avis consultatif rendu vendredi dernier sur la réforme, l'instance juge "lacunaires" les éléments fournis dans l'étude d'impact de plus de mille pages qui accompagne les deux textes de loi.

"On veut pouvoir commencer par un élément d'expertise sur les besoins de financement du système, (...) ensuite on pourra rentrer dans le fond du sujet", a déclaré mercredi le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui considère que des chiffres "fiables et loyaux" sont une base indispensable pour poursuivre les débats. 

La CFDT a par ailleurs annoncé mercredi qu'elle ne discuterait pas de l'équilibre financier du système avant d'avoir obtenu "les avancées de justice sociale" qu'elle réclame sur la pénibilité ou le minimum de retraite. Car il faut savoir que pendant que cette conférence se déroule, les deux projets de loi vont commencer leur parcours parlementaire et être examinés en commission à l'Assemblée la semaine prochaine. La CFDT veut donc profiter de la conférence pour peser aussi dans ce débat politique.

Quelles positions pour les acteurs en présence ?

Une fois le diagnostic posé et ces "avancées de justice sociale" entendues par l'exécutif, la conférence pourra donc réellement commencer, et les partenaires sociaux mettront leurs propositions respectives sur la table. Ils ont déjà esquissé des pistes, plus ou moins consensuelles : modulation des âges de départ à la retraite en fonction de la pénibilité, "réaffectation" des cotisations pour la CFDT, recours partiel à la trentaine de milliards d'euros du Fonds de réserve des retraites, hausse des cotisations des plus hauts revenus, pérennisation de la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) pour l'Unsa, "mesures d'âge" pour le Medef, "amélioration du système actuel" pour la CGT et FO.

Le Premier ministre reste de son côté convaincu qu'une "mesure d'âge" reste nécessaire. "Mais si les partenaires sociaux s'accordent sur un cocktail de mesures, y compris une mesure d'âge différente de l'âge pivot, je la prendrai", a-t-il déclaré le 23 janvier.

Que se passera-t-il en cas d'échec ?

Cette phase de débats durera trois mois, les conclusions de la conférence étant attendues pour fin avril.

Passé ce délai, si les partenaires ne sont pas parvenus à trouver un accord, alors c'est le gouvernement qui reprendra la main, et décidera seul de la suite à donner à la réforme. Nul doute alors que l'idée d'un âge-pivot - et donc d'un allongement de la durée de cotisation - refera surface, qu'il reste fixé à 64 ans ou non. Les syndicats réformistes (Unsa et CFDT) qui avaient suspendu leur mobilisation pourraient alors décider d'appeler de nouveau à la grève.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu