Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Politique
Dossier : Mouvement de grève contre la réforme des retraites

Réforme des retraites : le projet de loi a été adopté en Conseil des ministres ce vendredi

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Le gouvernement a adopté vendredi en Conseil des ministres le projet de loi sur la réforme des retraites. Un texte en devenir qui sera complété lors de son examen au Parlement en fonction des résultats de la"conférence de financement", appelée à réunir les partenaires sociaux durant trois mois.

Le Premier ministre Edouard Philippe entouré d'Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et de Laurent Pietraszewski, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités, chargé des Retraites
Le Premier ministre Edouard Philippe entouré d'Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et de Laurent Pietraszewski, secrétaire d'Etat auprès de la ministre de la Santé et des Solidarités, chargé des Retraites © AFP - Christophe ARCHAMBAULT

Après plusieurs semaines de lutte contre la réforme des retraites et au 7e jour de grève interprofessionnelle ce vendredi, le projet de loi retraites a été adopté en Conseil des ministres ce 24 janvier avant d'arriver au Parlement début février. Le texte prévoit des changements à venir, même si des points seront complétés par des ordonnances, en fonction des résultats de la "conférence de financement" qui débutera le 30 janvier et est appelée à réunir les partenaires sociaux durant trois mois. France Bleu récapitule les grandes lignes.

Un système à points

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la réforme vise à créer un système universel par points. Chaque salarié accumulera tout au long de sa carrière des points, qu'il pourra suivre sur son compte retraite sur internet en temps réel, à partir desquels le montant de sa pension sera calculé.

Autre nouveauté : pour ce calcul, le système prendra en compte les rémunérations sur l'ensemble de la carrière et non plus les 25 meilleures années pour les salariés du privé et les six derniers mois pour les fonctionnaires comme c'est le cas actuellement.

Ce système assurera une couverture jusqu'à un plafond de revenus annuels bruts de 120.000 euros environ.

Génération concernée

Prévues initialement pour s'appliquer à partir de la  génération 1963, les règles de la future réforme s'appliqueront finalement en 2025 aux générations nées après 1975. Les premières retraites liquidées sous le nouveau régime le seront donc en 2037, sauf en cas de départ anticipé.

Les droits que ces personnes auront acquis jusqu'en 2025 seront calculés selon les anciennes règles, et les droits acquis par la suite seront calculés selon les règles du régime universel.

Pour les fonctionnaires et agents des régimes spéciaux dont l'âge légal de départ à la retraite est de 57 ou 52 ans, la première génération concernée sera respectivement celle de 1980 et de 1985.

Le système entrera pleinement en vigueur dès 2022 pour les jeunes nés à partir de 2004, qui auront 18 ans à cette date.

Âge de départ à la retraite et "âge d'équilibre"

L'âge légal de départ à la retraite restera fixé à 62 ans. Mais le nouveau système comportera tout de même un "âge d'équilibre" ou "âge pivot", c'est-à-dire un âge de départ permettant aux assurés de toucher une retraite à taux plein. Il évoluera pour tenir compte de l'évolution de l'espérance de vie. Cet âge de référence pourra être adapté pour les métiers pénibles et les carrières longues.

Dans une lettre envoyée aux partenaires sociaux le 11 janvier, le Premier ministre s'est dit prêt à "retirer provisoirement l'âge pivot de 64 ans du projet de loi sur la réforme des retraites, tout en conservant le principe d'un âge d'équilibre". Et le Premier ministre de préciser que dans l'hypothèse où un accord ne pourrait intervenir lors de la conférence sur l'équilibre et le financement des retraites - qui doit remettre ses conclusions d'ici la fin du mois d'avril - le gouvernement "prendra par ordonnance les mesures nécessaires pour atteindre l'équilibre d'ici 2027 et financer les nouvelles mesures de progrès social".

La nouvelle gouvernance du système universel doit définir les différentes étapes pour y parvenir, à défaut de quoi le gouvernement mettra en place des mesures d'âge dès 2022. Objectif : ramener le régime, actuellement en besoin de financement, à l'équilibre.

Valeur du point

La valeur du point sera fixée par le conseil d'administration de la Caisse nationale de retraite universelle, nouvellement créée, en tenant compte des projections financières du système selon des règles établies en projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). 

La loi met toutefois en place une règle d'or précisant que la valeur du point ne pourra pas baisser. Les points accumulés seront par ailleurs indexés sur le revenu moyen par tête et non sur les prix, comme aujourd'hui. Les modalités d'indexation des retraites resteront néanmoins fixées sur l'inflation.

Taux de cotisation

Les salariés du privé, des régimes spéciaux et les fonctionnaires auront, à terme, un taux de cotisation identique fixé à 28,12% jusqu'à 120.000 euros de revenu brut annuel. Ce niveau est partagé à 60% pour les employeurs et 40% pour les assurés, comme aujourd'hui. Une cotisation de solidarité, ne générant pas de droits, s'appliquera sur l'intégralité des revenus, à un taux de 2,81%.

Les cotisations des fonctionnaires seront assises sur l'ensemble de la rémunération, primes comprises. Les enseignants et chercheurs bénéficieront d'une revalorisation salariale pour obtenir les mêmes niveaux de retraite que les corps équivalents de la fonction publique.

Les indépendants et professions libérales cotiseront à hauteur de 28,12% jusqu'à 40.000 euros de revenus, puis à 12,94% entre 40.000 et 120.000 euros de revenus. Ces derniers bénéficieront par ailleurs d'une baisse de la CSG pour compenser en partie l'augmentation du taux de cotisation retraites.

Les modalités de transition des différents régimes vers le régime universel seront dans la plupart des cas définies par ordonnance.

Périodes d'inactivité

Les périodes de congé maternité, congés maladie, périodes d'invalidité et de chômage donneront lieu à l'acquisition de points

Pour les jeunes générations, le texte prévoit l'instauration d'un rachat de points à tarif réduit au titre des années d'études supérieures et des stages effectués, sur le principe de ce qui existe aujourd'hui.

Droits familiaux

Le nouveau système accordera des points supplémentaires pour chaque enfant et ce dès le premier enfant - et non à partir du 3e comme aujourd'hui. Cette majoration de 5% par enfant sera accordée à la mère, sauf choix contraire des parents. Au-delà des 5% par enfant, seront accordés 2% supplémentaires aux parents de famille nombreuse - trois enfants et plus.
 

En parallèle, le système de réversion sera généralisé et "amélioré" en garantissant au conjoint survivant "70% des ressources du couple". La réversion reste toutefois réservée aux couples mariés et sera attribuée à compter de 55 ans, et non pas 62 ans comme initialement prévu.

Minimum de pension de retraite

Le projet de loi garantit une pension minimale de 1.000 euros nets par mois pour une carrière complète au smic, dès 2022. 

Ce minimum sera amené à 85% du smic net en 2025 et évoluera dans la durée comme celui-ci.

Modèle de gouvernance

Une règle d'or établira l'obligation pour le système universel d'être à l'équilibre par période de cinq ans. Cette règle sera déclinée dans un cadre fixé tous les cinq ans lors de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

Le conseil d'administration de la caisse de retraite universelle sera constitué de manière paritaire de représentants d'employeurs, de salariés du privé et du public, ainsi que d'indépendants. Il fixera chaque année les évolutions des paramètres du système (valeur d'achat et de service du point, âge d'équilibre, taux de cotisations, etc.)

Métiers dangereux

Des dérogations au régime universel vont persister. Les policiers, personnel de l'administration pénitentiaire, ingénieurs du contrôle de la navigation aérienne pourront partir à compter de 52 ans, s'ils ont occupé pendant une durée minimale des fonctions opérationnelles les exposant au danger.

Les sapeurs-pompiers, la branche surveillance des douanes et policiers municipaux pourront partir à l'âge de 57 ans.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu