Politique

Réfugiés : réunion sous pression à Bruxelles sur la répartition par quotas

Par Marina Cabiten, France Bleu lundi 14 septembre 2015 à 8:22

Le siège de la Commission européenne à Bruxelles
Le siège de la Commission européenne à Bruxelles © Max PPP

Les ministres de l'Intérieur et de la Justice des 28 pays de l'Union européenne se retrouvent ce lundi à Bruxelles au sujet de la crise des migrants. Ils discuteront notamment de la répartition des réfugiés par quotas, et le débat s'annonce houleux.

Alors que l'Allemagne a réintroduit dimanche les contrôles à ses frontières pour "contenir" l'afflux de dizaines milliers de réfugiés, une réunion extraordinaire se tiendra lundi à Bruxelles en présence des ministres de l'Intérieur et de la Justice des 28, consacrée aux quotas.

Des quotas qui divisent

Cette répartition est voulue par l'Allemagne et la Commission européenne, qui exhortent les pays de l'UE à se répartir l'accueil de 160.000 réfugiés au total. Les discussions s'annoncent compliquées. A l'instar de la plupart des pays de l'Est de l'Europe, la Slovaquie a réitéré dimanche son opposition à un tel système, assurant qu'elle allait "faire tout (...) pour convaincre l'Europe que les quotas sont un non-sens". 

Dimanche soir, une réunion technique destinée à préparer ces entretiens s'est tenue à Bruxelles et a dû être ajournée à lundi matin après plus de quatre heures de discussions. Porte-drapeau de la ligne dure face au flux de migrants, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a salué comme "nécessaire" la décision de l'Allemagne de suspendre la libre circulation des personnes prévue par l'accord européen de Schengen. Lundi matin, la police hongroise a annoncé que 5.809 migrants étaient entrés dans ce pays la veille, un record. Le pays compte fermer sa frontière avec la Serbie ce mardi. 

Pas de fermeture des frontières en France

L'Autriche aussi a annoncé lundi qu'elle allait rétablir les contrôles aux frontières. En France, le Front national a appelé le gouvernement à rétablir à son tour les contrôles à la frontière avec l'Allemagne. "C'est stupide" a réagi lundi matin le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve sur RTL. "Le Front national devrait regarder ce qui se passe à la frontière. Il y a très peu de réfugiés qui passent de la France à l'Allemagne. C'est donc une proposition tout à fait inappropriée, comme souvent lorsqu'elles viennent de ce parti".

Bernard Cazeneuve plaide pour un "contrôle efficace des frontières extérieures de l'Union européenne". Et espère que la réunion à Bruxelles pourra déboucher sur un plan d'action européen. 

Si nous n'avons pas un dispositif global où il y a de l'humanité mais aussi de la fermeté, il n'y aura pas de possibilité d’accueillir des réfugiés - Bernard Cazeneuve

La force militaire contre les passeurs

Lundi encore, l'Union européenne a décidé de recourir à la force militaire contre les passeurs de migrants en Méditerranée. Cette mesure autorise les navires de guerre européens à arraisonner les navires soupçonnés de servir aux passeurs et à procéder à des arrestations. Elle sera effective au début du mois prochain.