Politique

Réfugiés syriens : le maire de Roanne persiste et signe

Par Émeline Rochedy, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu mardi 8 septembre 2015 à 8:53

Yves Nicolin répond à la polémique
Yves Nicolin répond à la polémique © Max PPP - Maxppp

Le député maire de Roanne dans la Loire était l'invité de France Bleu Saint-Étienne Loire ce mardi matin pour faire une mise au point après ses propos sur les réfugiés syriens qu'il veut bien accueillir "à condition qu'ils soient chrétiens". Il n'y voit aucune discrimination.

Yves Nicolin maintient les propos qu'il a tenus sur France Bleu Saint-Étienne Loire sur l'accueil des réfugiés syriens dans sa commune"à condition qu'il soit bien question de réfugiés chrétiens, qui sont persécutés, parce que chrétien en Syrie, par Daesh". Le député-maire de Roanne estime n'avoir fait "aucune discrimination religieuse".  Il regrette uniquement l'interprétation que "certains média en ont fait".

"_Je dis juste que nous devons vérifier les bonnes intentions des migrants", précise  Yves Nicolin. Le député-maire de Roanne met toujours en avant un impératif de sécurité : "J'ai une conviction, je suis là pour protéger mes populations. (...) Nous aurons forcément parmi ces centaines de milliers de migrants des gens infiltrés par Daech", dans la droite ligne de ces déclarations précédentes où il s'inquiétait de la présence de "terroristes déguisés".

Yves Nicolin s'explique

Un texto à Nicolas Sarkozy

L'élu les Républicains a suscité de nombreuses réactions, surtout de l'indignation, le préfet de la Loire jugeant même utile de préciser à la fin d'un communiqué que "l'accueil ne saurait se faire sur une base discriminante, basée sur la religion, par exemple".  Réaction balayée d'un revers de main pour Yves Nicolin : "Il est dans son rôle, le préfet a un discours très policé mais les préfets ils passent. Moi je suis élu depuis 20 ans" a t-il simplement rétorqué. 

Interrogé sur le silence de la droite, Yves Nicolin raconte qu'il a adressé un texto à Nicolas Sarkozy. Le président de son parti politique ne lui a pas répondu. Rien d'anormal à ses yeux : "Je pense que ça lui prend du temps pour voir ce que les gens disent, écrivent sur ce sujet". Il n'y voit pas de gêne et conclut : "la droite est silencieuse parce que c'est un gros problème. Aujourd'hui vous avez d'une part les élus qui accueillent à bras ouverts et je trouve que c'est irresponsable, d'autres qui mettent des conditions ; et puis, l'immense majorité des élus qui  ne disent rien !"

Lors de sa conférence de presse, le président de la République, François Hollande a annoncé que la France accueillerait 24 000 nouveaux réfugiés sur deux ans et que les maires des communes candidates sont conviés à une rencontre au ministère de l'Intérieur, samedi.