Politique

Région LRMP : les indemnités des élus gelées et soumises à l’assiduité

Par Stéphanie Mora, France Bleu Gard Lozère, France Bleu Hérault, France Bleu Roussillon et France Bleu Toulouse vendredi 8 janvier 2016 à 16:54

L'arrivée des nouveaux élus LRMP à Toulouse
L'arrivée des nouveaux élus LRMP à Toulouse © Radio France - Stephanie Mora

Après quelques jours de flottement, la majorité de Carole Delga a mis les choses au point. Comme dans les autres régions, les revenus des conseillers régionaux de Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées n’augmenteront pas. Les mauvais élèves pourraient même voir leur indemnité baisser !

Elle jure qu'elle n'a pas agi sous la pression ! La nouvelle majorité régionale n'augmentera pas les indemnités de ses 158 élus. Son silence sur ce sujet quand les autres conseils régionaux de France annonçaient qu'ils gardaient le même niveau de "salaire" pouvait le laisser croire. Une simple "erreur" dit-on en coulisses. Le dossier sera à l’ordre du jour de la prochaine assemblée plénière le 18 janvier.

Un coût social

Tous les conseillers régionaux de LRMP toucheront le même traitement que leurs prédécesseurs à savoir 2 280 euros brut. 

Cette indemnité mensuelle sert à effectuer les déplacements, traiter les dossiers et payer les collaborateurs. Elle est fixée en fonction du nombre d'habitants, suivant un barème établi par la loi. En fusionnant nos deux régions, le nombre d'habitants a augmenté, les élus pouvaient donc toucher 2661euros brut par mois (soit 381 euros brut de plus).

Ce ne sera pas le cas "et il n’y a pas eu de débat, même si cette décision aura un coût social !" précise Gérard Onesta, le futur président du bureau de l’assemblée. 

Jusqu’ici, chaque élu pouvait avoir jusqu’à cinq collaborateurs, ils pourraient être moins nombreux ou travailler moins d’heures. Bloquer les indemnités est un geste symbolique en période de contrainte budgétaire. Pendant la campagne, Dominique Reynié (LR UDI Modem) avait annoncé son intention de le faire s'il remportait l'élection.

La nouvelle majorité veut lutter contre l’absentéisme

La présidente PS Carole Delga et Gérard Onesta mettent en place une proposition de campagne : payer les élus en fonction de leur assiduité. Le système existait déjà au conseil régional de Midi-Pyrénées, il sera plus sévère encore. Gérard Onesta le président du futur Bureau de l'assemblée :

 "Si un élu ne vient pas pendant 10, 20, 30, 40 ou 50% des réunions obligatoires eh bien l’année suivante il perd 10, 20, 30, 40 ou 50% de son indemnité. Et puis surtout, fini les auto-excuses où il suffisait de dire qu’on avait un impératif familial incontournable, là ce sera limité à trois par an et surtout le rapport de présence sera rendu public."

Les réunions obligatoires ne sont pas abondantes : par mois, elles se comptent souvent sur les doigts d’une main. Enfin les conseillers qui siègent à la commission permanente touchent une prime de 10%, les vice-présidents une prime de 40%. 

La présidente Carole Delga perçoit 5500 euros par mois d'indemnités. Et quand l'élu est aussi parlementaire, ce qui est le cas pour cinq membres de la nouvelle majorité, son salaire toutes fonctions confondues est bloqué à 8000 euros (Carole Delga, Jacques Cresta, Virginie Rozière, Christian Assaf et Sylvia Pinel, lorsqu'elle redeviendra députée, sont dans ce cas).