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Régionales en Auvergne-Rhône-Alpes : Cécile Cukierman (PC-LFI) pour "réapprendre à vivre ensemble"

La candidate de l'union entre le Parti Communiste et la France Insoumise répondait aux questions de France Bleu à moins de deux semaines du premier tour de l'élection régionale en Auvergne-Rhône-Alpes. Conseillère régionale de la Loire depuis 18 ans, elle est porte-parole nationale du PC.

Cécile Cukierman, tête de liste PC-LFI aux régionales en Auvergne-Rhône-Alpes
Cécile Cukierman, tête de liste PC-LFI aux régionales en Auvergne-Rhône-Alpes © Radio France - DV

INTERVIEW - Cécile Cukierman, candidate PC-LFI aux Régionales

France Bleu - Premier débat France 3 - France Bleu, mercredi soir. Qu'est ce que vous retenez des attitudes, des postures, de la qualité de l'échange ?

Cécile Cukierman - Ce sont des débats qui ont le mérite d'exister parce que le vrai souci c'est tout de même la question démocratique. Est ce que, oui ou non, les Auvergnats, les Rhônalpins vont se déplacer, vont se saisir de ce vote ? Qu'ils aillent ou qu'ils n'aillent pas voter ce sont finalement les sept ans qui suivent dans notre région qui vont se décider, en grande partie, les 20 et 27 juin prochains. Nous avons toutes et tous cette responsabilité de permettre à chacune, à chacun de se saisir de ce vote. C'est en tout cas ce que nous faisons avec mes colistiers depuis maintenant plusieurs semaines.

Est-ce que les électeurs ont le sentiment que l'affaire est déjà pliée, que Laurent Wauquiez sera élu dans quinze jours ?

Peut être qu'à force de sondages, en tout cas, c'est le sentiment qu'ils ont. Je crois que de toutes les façons vu les taux de participation annoncés, tout peut aussi être bousculé, transformer à toutes les réalités. Mais je crois qu'il appartient réellement à chacune et à chacun de décider de ce qui se fera ou de ce qui ne se fera pas en Auvergne-Rhône-Alpes. Est ce qu'on continue vers certes un investissement massif mais finalement très sécuritaire et dans l'affichage qui ne répond pas forcément aux besoins des populations. Est-ce que, au contraire on travaille, on finance, on accompagne les associations pour faire de la prévention, pour désamorcer les conflits et empêcher les problèmes de sécurité. Il y a deux visions où nous avons chacun des propositions à faire, des visions différentes. C'est en tout cas ces débats là qui doivent se poser dès la semaine prochaine.

On a un candidat grandissime favori, président sortant et des candidatures morcelées, dont celle de la gauche. Pourquoi ne pas s'unir avant et être plus fort dès le premier tour ?

Parce que ce sont des élections à deux tours. Arrêtons de vouloir faire de cette élection une élection à un tour. Je crois qu'il y a, le 20 juin, la possibilité de s'exprimer, de faire vivre ce pluralisme et de faire vivre cette démocratie. D'ailleurs, j'observe. Quand on fait le total de ce que l'on qualifie des listes de gauche, le fait qu'il y en ait plusieurs ne les affaiblit pas, bien au contraire. Moi, je suis profondément attaché à ce pluralisme. Je veux incarner cette gauche sincère, cette gauche combative, cette gauche qui respecte les engagements tout au long de la durée du mandat.

C'était comment d'être dans l'opposition de Laurent Wauquiez ces dernières années ?

C'est toujours un exercice difficile d'être dans l'opposition. C'est en tout cas un combat qui mérite d'être vécu et qui est important à mener, surtout. Moi, je demeure convaincu que même dans l'opposition, pendant cinq ans et demi, nous avons porté des dossiers et finalement la vie de ces femmes et ces hommes. J'ai en tête de nombreux salariés qui ont été menacés dans leurs emplois. La problématique de Luxfer, de FerroPem, de Photowatt, nous les avons portées dans le débat de l'hémicycle régional. Il y a besoin de ces élus qui n'oublient personne. Nous avons porté la problématique de réouverture des lignes de trains dans notre région, de la non-fermeture des gares. Il y a donc besoin d'avoir ces élus en connexion avec les 12 départements de notre région.

On parle beaucoup de sécurité. Vous ne vous refusez pas ce débat là et mais dans votre programme vos n'utilisez pas ce terme, vous parlez de "sécuriser nos vies".

Effectivement, certains cherchent à l'imposer dans ce débat et c'est fait. Ca devient une priorité des Auvergnats et des Rhônalpins. Moi, je fais de la politique pour répondre aux besoins des femmes et des hommes de notre région. La problématique de la sécurité dans les quartiers populaires est réelle. D'ailleurs, ce sont ces femmes et ces hommes qui en sont les premières victimes, bien plus que les quartiers aisés de certaines grandes villes. Donc, c'est une question à travailler, à prendre à bras le corps. Mais il ne suffit pas de mettre des portiques devant un lycée. Il ne suffit pas de mettre des caméras devant une gare. Il y a besoin, au contraire, de remettre de la présence humaine, d'accompagner le mouvement associatif, d'accompagner toutes ces femmes et ces hommes qui contribuent faire reculer les incivilités parce que le premier souci, c'est tout de même celui-ci. Notre région aujourd'hui n'est pas sous la menace d'une attaque terroriste H24. Donc, sachons dédramatiser. Sachons agir quand il le faut. Mais sachons utiliser la région justement pour créer du commun, pour réapprendre à vivre ensemble, pour se dire que la différence de l'autre est une richesse, plutôt que de nous opposer les uns aux autres.

Ce mouvement associatif a été affaibli ces dernières années selon vous. Comment on le renforce ?

Il a été très affaibli, y compris avec des pertes de financement. On ne peut pas simplement se satisfaire de dire qu'on a besoin des associations. Le réengagement bénévole est une vraie difficulté. Les maires que je rencontre, dans les villages comme dans les villes, me disent que c'est un vrai souci. On a besoin de ce tissu, de l'accompagner et d'aider au financement. Ce n'est pas acceptable. Quand je suis à Clermont-Ferrand et qu'une association m'explique que finalement, quand ils font des courriers à la région, ils ont des réponses assez standard... La question n'est pas forcément d'avoir une subvention. Il y a besoin de cet accompagnement qui peut être financier, qui n'est pas simplement celui de grandes têtes de réseau régional, même s'il y en a besoin. Je crois qu'on a besoin dans nos villages, dans nos villes, d'accompagner justement ces bénévoles, y compris en leur permettant de mieux se former parce qu'il y a des problématiques nouvelles, notamment avec des publics jeunes qui ne sont pas les mêmes qu'hier et qui ne seront pas les mêmes que demain.

L'emploi, c'est important de participer à la relocalisation dans notre région et de s'assurer aussi que les aides pour l'emploi vont vraiment servir à quelque chose ?

La question du développement économique est une des grandes compétences de la région et est fondamentale parce que sans travail on ne vit pas. On survit. On a tous besoin d'assurer du travail là où les femmes et les hommes habitent dans notre région et de cesser ces délocalisations, ces fermetures qui visent à ramener toujours plus de personnes sur des déplacements de plus en plus longs. Ce que je propose c'est un pacte gagnant gagnant. Il y a besoin effectivement de simplicité d'accompagnement. Il y a besoin de financer des projets et de faire le point à la fin de chaque année sur l'utilisation. Est-ce-que cet argent a bien été utilisé à la création d'emplois, à la transformation pour être écologiquement meilleur pour l'entreprise ? Est-ce-que l'on a répondu à un impératif d'intérêt général ? Si oui, la région continue d'aider et d'accompagner. Si non, il n'y a plus de subventions d'ici la fin du mandat.

Les transports, c'est une problématique très importante également dans notre région Auvergne-Rhône-Alpes, notamment le ferroviaire. Quelle est votre grande proposition pour cette élection ?

La question des mobilités est fondamentale. Rappelons nous mouvement des gilets jaunes qui part de la problématique de l'accès à la mobilité pour toutes et pour tous. L'égalité territoriale, là, est un enjeu. Il y a besoin de rouvrir des lignes de trains. Par exemple la ligne entre Boën et Thiers sur la liaison Saint-Étienne-Clermont-Ferrand. Il y a besoin d'un véritable train entre Lyon et Trévoux. Il y a besoin de rouvrir la rive droite du Rhône, tant au nord qu'au sud pour en assurer la continuité de Lyon jusque Nîmes. Il y a besoin de rouvrir dans les Savoies un certain nombre de lignes. Il y a aussi besoin d'améliorer la circulation sur les lignes existantes Saint-Étienne - Lyon, qui est la ligne la plus utilisée dans notre région, c'est une catastrophe dans la sécurisation du temps de parcours. On sait souvent quand on parle de Saint-Étienne, on n'est pas sûrs d'arriver à l'heure à Lyon. J'entendais également la problématique entre Clermont et Lyon, en passant par Roanne, qui n'est pas meilleure. On a besoin d'avoir une vraie discussion avec la SNCF et ça tombe bien, un des premiers enjeux de ce mandat sera la renégociation de la convention TER, c'est à dire de ce dialogue entre le conseil régional et la SNCF, opérateur du service public ferroviaire, pour assurer un maillage territorial. Mon objectif n'est pas de relier simplement des grandes villes entre elles, mais à travers le train d'irriguer et de faire vivre tous nos territoires dans nos zones de montagne comme zones de plaine.

Vous parlez de bifurcation en termes d'écologie, pas de transition. C'est quoi la différence ?

Je crois que l'enjeu, puisque tout le monde parle d'environnement, c'est aujourd'hui de stopper un certain nombre de politiques qui sont désastreuses et de réfléchir aujourd'hui avec des mesures fortes en matière agricole, en matière de transports, en matière de formation pour réussir cette transition écologique.

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