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Politique

Retraites : "Ce qui a manqué, c'est de la justice et de la pédagogie" selon François Hollande

L'ancien président de la République participera aux assises de la citoyenneté organisées par Ouest France ce vendredi 17 janvier au couvent des Jacobins de Rennes. L'occasion de s'entretenir avec lui sur la notion de "vivre ensemble" et d'évoquer la réforme des retraites qui divise le pays.

François Hollande dans les locaux de France Bleu Nord en novembre 2019.
François Hollande dans les locaux de France Bleu Nord en novembre 2019. © Radio France - Stéphane Barbereau

Rennes, France

François Hollande sera à Rennes ce vendredi 17 janvier à l'occasion des assises de la citoyenneté organisées par Ouest France au couvent des Jacobins à Rennes sur le thème du "vivre ensemble". L'ancien président de la République interviendra dans l'après-midi pour évoquer les réponses à apporter à la crise démocratique. Dans la soirée, il assistera aussi aux vœux de la fédération du parti socialiste d'Ille-et-Vilaine.

Vous venez parler "vivre ensemble" à Rennes. Il en a beaucoup été question pendant votre quinquennat, notamment après l'attentat de "Charlie Hebdo". On a pourtant l'impression que de plus en plus, chaque communauté cherche à se faire entendre, comment l'expliquez-vous ?

Je me suis engagé pleinement à préserver l'unité nationale et à convaincre chaque citoyen qu'il faisait partie d'un tout et que même s'il avait ses convictions, sa religion, son engagement et son identité, il avait vocation à pouvoir partager sa culture et ses engagements et ses craintes avec d'autres. Nous sommes une communauté nationale. Depuis plusieurs années il y a une tendance à la fragmentation de notre pays et une tendance à vivre sa propre identité. Le devoir de ceux qui agissent au niveau national et local c'est de permettre que le lien citoyen ne soit pas distendu.

Vous n'avez pas le sentiment d'avoir échoué dans ce domaine durant votre quinquennat ?

Non je suis même fier que les Français aient réussi à faire bloc face aux attentats. Quand je pense à la manifestation du 11 janvier 2015, aux Français qui ont tenu bon après "Le Bataclan", l'attaque de Nice ou après l'assassinat du curé de Saint-Etienne-de-Rouvray, j'ai pu constater combien le sursaut national a  joué. Je vois aussi sa fragilité. Des compatriotes se sentent méprisés, oubliés, peu considérés et cela s'est exprimé à travers le mouvement des gilets jaunes. Dans ce cas, il y a danger. Tout le monde doit pouvoir travailler ensemble et il faut mettre au clair les initiatives pour que ces citoyens n'aient pas ce sentiment. C'est pour cela que je me suis engagé dans la fondation "La France s'engage" que je préside. Il faut rompre les isolements.

Ces isolements, ces ressentiments s'expriment aussi en ce moment avec les manifestations contre la réforme des retraites. Il y a ces oppositions les pauvres et les riches, les jeunes et les vieux. Le projet de réforme des retraites divise. Vous comprenez l'entêtement des syndicats alors que le gouvernement a modifié son projet ?

Des clivages, des conflits, des grèves, des manifestations, ça fait partie des droits des citoyens et de la vie d'une Nation. Le dialogue a mis du temps à s'établir. Les concessions ont sûrement été tardives même si elles ont permis de renouer le dialogue avec les syndicats réformistes. Beaucoup de Français trouvent qu'il y a des inquiétudes et des incertitudes. Ces Français contestent le flou d'un certain nombre de propositions. Le mieux c'est de faire en sorte que des négociations s'ouvrent.

Elles existent...

Oui mais tout le monde doit y prendre part. Il n'y a pas d'autre méthode et chacun doit le comprendre. Il faut discuter et négocier pour faire les compromis nécessaires. 

Edouard Philippe et Emmanuel Macron ne semblent pas avoir envie de plier. Ils veulent montrer que la France est réformable. Vont-ils y parvenir selon vous ?

C'est normal qu'un gouvernement ait la volonté de tenir les objectifs de sa réforme. Ça fait partie de la légitimité. Il ne faut jamais être inflexible mais il y a déjà eu de nombreuses concessions accordées à certains corps de métiers. Il ne faut pas toujours être dans l'idée que rien ne devrait bouger. Si le mouvement continue c'est que le gouvernement a été très inflexible dans un premier temps. Ce qui a manqué c'est de la clarté, de la justice et de la pédagogie. C'est sur ces trois principes que toute réforme doit être menée.

Vous allez assister aux vœux du parti socialiste ce vendredi à Rennes. "Vivre ensemble" dans une famille c'est parfois complexe et dans une famille politique encore plus. Est-ce que la famille socialiste est suffisamment rassemblée avant les municipales ?

Je pense que oui mais pas encore suffisamment. Il faut être capable de rassembler plus largement sur un projet municipal. C'est ce que fait Nathalie Appéré à Rennes. Il faut aussi être capable de rassembler au niveau national. Ça suppose des changements et de faire de nouvelles propositions. Il n'y a pas de démocratie sans grand parti. Aujourd'hui les grands partis sont inconsistants au niveau de leurs propositions.

C'est le cas du parti socialiste ?

Il faut qu'il soit beaucoup plus présent y compris sur la réforme des retraites. Il doit faire savoir ce que seraient ses propositions en cas de retour au pouvoir. C'est ça l'idée d'un grand parti, pas simplement de chercher l'union à tout pris. Le mouvement socialiste doit se régénérer, être conscient de ce qu'il a apporté au pays et amener de nouvelles propositions. Il ne doit pas s'effacer, il doit s'affirmer tout en changeant profondément.

Entretien avec François Hollande

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