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Politique
Dossier : Mouvement de grève contre la réforme des retraites

Retraites : le gouvernement évoque la possibilité de modifier l'âge légal de départ, la mobilisation continue

- Mis à jour le -
Par , France Bleu

Le projet de loi sur les retraites autorisera le gouvernement à prendre par ordonnance "toute mesure permettant d'atteindre l'équilibre financier" du futur "système universel", y compris en modifiant l'"âge d'ouverture des droits à retraite", selon le projet de loi modifié. La mobilisation continue.

Une manifestation à Rennes, ce mardi.
Une manifestation à Rennes, ce mardi. © AFP - Damien MEYER

France

Le projet de loi de réforme des retraites autorisera le gouvernement à prendre par ordonnance "toute mesure" permettant d'atteindre l'équilibre financier, y compris en modifiant l'"âge d'ouverture des droits à retraites", selon la saisine rectificative envoyée au Conseil d'Etat, dont l'AFP a obtenu copie. 

Une modification que l'on apprend en cette nouvelle journée de grève qui a rassemblé plusieurs milliers de manifestants à travers la France contre la réforme des retraites.

Le projet de loi ouvre la voie à une modification de l'âge légal

Alors que le gouvernement a retiré provisoirement l'âge pivot, l'AFP a obtenu copie ce mardi de la saisine rectificative envoyée au Conseil d'Etat. Ce document, qui ne porte que sur l'article 56 bis, prévoit qu'une "conférence des financeurs", réunissant syndicats, patronat et "représentants de l'État", propose "avant le 30 avril" des solutions "permettant d'atteindre l'équilibre financier de l'ensemble des régimes de retraite de base en 2027".

Ordonnance pour certains "paramètres"

Quelle qu'en soit l'issue, le gouvernement légiférera ensuite par ordonnance, dans les trois mois suivant le vote de la réforme au Parlement. Le champ de cette ordonnance sera toutefois limitée à certains "paramètres", à commencer par l'"âge d'ouverture des droits à retraite".

Pourtant, l'article 23 du projet de loi affirme clairement que "l'âge d'ouverture du droit à retraite est fixé à 62 ans", comme s'y était engagé Emmanuel Macron dès avant son élection. Sont aussi susceptibles d'être modifiées les "conditions d'âge et de durée" de cotisation pour une pension à taux plein et les "modalités de décote et de surcote par rapport à ce taux plein".

Deux formules qui désignent "l'âge d'équilibre" (ou âge pivot), par ailleurs mentionné une quarantaine de fois dans le reste du texte, que le gouvernement envisageait initialement d'introduire dès 2022, avec une cible à 64 ans en 2027 et un "bonus/malus" censé "inciter les Français" à "travailler un peu plus longtemps". Cela laisse aussi la porte ouverte à une accélération de l'allongement de la durée de cotisation dans le système actuel, qui doit augmenter jusqu'à 43 ans en 2035.

La liste des "paramètres" inclut aussi la "mobilisation du Fonds de réserve des retraites" et l'"affectation de recettes à l'assurance vieillesse", via des hausses de cotisations ou des transferts de ressources existantes. Une fois l'ordonnance publiée, "un projet de loi de ratification (sera) déposé dans un délai de trois mois".

Emmanuel Macron promet de "continuer à expliquer et concerter"

En déplacement à Pau, Emmanuel Macron a affirmé que le gouvernement allait "continuer à expliquer et concerter" au sujet de la réforme des retraites afin de lever une "inquiétude" selon lui "légitime".

"Quand on prend la peine d'expliquer et d'écouter, on peut lever beaucoup d'ambiguïtés", a-t-il ajouté au cours de la visite d'une usine à Pau. _"On ne lèvera pas le mécontentement de gens qui protègent" des régimes spéciaux "_auxquels je me suis engagé à mettre fin", a-t-il toutefois estimé.

Emmanuel Macron a fait, durant une dizaine de minutes, la pédagogie de cette réforme très contestée, après des semaines durant lesquelles il a laissé le Premier ministre Edouard Philippe en première ligne.

"Je suis convaincu que c'est le seul moyen de recréer de la confiance et de défendre ce à quoi nous, Françaises, Français, sommes attachés, qui est ce qu'on appelle le modèle par répartition (...) qui seul permettra de consolider un modèle où les actifs continuent de financer la retraite des retraités". "Cela suppose des changements et de projeter progressivement tout le monde vers un système qui est plus simple, juste et universel", a-t-il ajouté.

Édouard Philippe reste favorable à une mesure d'âge 

Edouard Philippe _"pense" que la conférence de financement réunissant les partenaires sociaux proposera à la fin de ses travaux "une mesure d'âge" afin d'équilibrer le système des retraites, a-t-il déclaré mardi. "Car je ne vois pas comment sinon on pourrait arriver à l'équilibre financier en 2027",_ a-t-il poursuivi lors de la séance de questions au gouvernement, après avoir été interpellé par plusieurs députés.

"Nous sommes attachés à l'équilibre financier, parce que ça n'est pas un gros mot, parce que c'est une sécurité, un élément de solidité pour nos concitoyens, pour nos enfants, pour nos petits-enfants, qui savent qu'il pourront disposer d'un système de retraite solide, lisible, responsable, plus juste, et totalement universel", a martelé Édouard Philippe.

Des milliers de manifestants dans le pays 

A l'appel de l'intersyndicale, plusieurs milliers de manifestants ont défilé à Paris, Metz, Montpellier, Marseille, Dieppe, Rennes, Laval, Orléans, Nîmes, Toulouse, Montauban, Besançon, et dans de nombreuses autres villes ce mardi. 

Mélenchon propose une motion de censure contre le gouvernement 

Le chef de file des députés insoumis Jean-Luc Mélenchon a annoncé, lui, qu'il proposait à la gauche le dépôt d'une motion de censure contre le gouvernement. "Les insoumis ont l'intention de proposer à leurs camarades du parti communiste et du groupe des socialistes de déposer ensemble une motion de censure" et ainsi engager "la responsabilité du Premier ministre", a-t-il déclaré.

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