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Retraites : les députés manchois divisés sur le recours au 49.3

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Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé ce samedi que le gouvernement allait lancer la procédure de l'article 49.3 pour ne pas faire voter la réforme des retraites à l'Assemblée nationale. Les députés manchois réagissent à cette annonce.

Plus de 30.000 amendements ont été déposés à l'Assemblée nationale Plus de 30.000 amendements ont été déposés à l'Assemblée nationale
Plus de 30.000 amendements ont été déposés à l'Assemblée nationale © Maxppp - Olivier Corsan

Pour le député Les Républicains de la Manche, Philippe Gosselin, cette annonce n'était pas vraiment une surprise. Ce samedi 29 février, le Premier ministre Edouard Philippe a déclaré que le gouvernement allait avoir recours à l'article 49.3 de la Constitution pour la réforme des retraites. Ce dernier permet de faire adopter le texte par l'Assemblée nationale sans le faire voter.

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Pour le gouvernement, c'est un moyen de contrer les amendements déposés en masse par l'opposition, et notamment la France Insoumise. Le député LR Philippe Gosselin dénonce cette "obstruction parlementaire."  L'élu de la Manche critique également le recours au 49.3 et rejette la responsabilité de cette situation sur le gouvernement.

"On pouvait avoir un débat législatif programmé, avec une durée définie à l'avance. Là, on est en procédure accélérée, le gouvernement voulait faire adopter le texte avant les municipales. Il se prend les pieds dans le tapis", Philippe Gosselin

"Depuis quelques jours, on était à 80 amendements par heure, ce qui est normal. En quelques semaines, et le gouvernement le sait, on aurait pu étudier l'ensemble des éléments", poursuit le député de la Manche. "Le débat est escamoté, alors que c'est le débat des retraites le plus important depuis la Libération. "

"Le débat n'est pas terminé"

Le député de la majorité, Stéphane Travert, partage un point de cette analyse : la critique des amendements de la France Insoumise. L'élu de la Manche doute en revanche de la rapidité de l'avancée des débats. 

"Nous avons voté l'article sept ce samedi, nous étions retourné ensuite dans les discussions en reprenant tous les sujets un par un, alors qu'ils arrivaient dans les articles qui venaient à la suite", explique-t-il. "J'ai senti une volonté de ralentir encore les débats pour qu'on ne puisse pas avancer."

Le débat n'est pas terminé : le texte va être examiné au Sénat, la conférence de financement va permettre aussi d'apporter des réponses et puis un certains nombres d'amendements de l'opposition vont être intégrés dans le projet de loi", Stéphane Travert.

Mais cette décision divise même les rangs du parti présidentiel. La député LREM de la Manche Sonia Krimi a signé avec douze députés, dont sept de la majorité, une tribune dans le journal Le Monde le 21 février pour s'exprimer contre un recours au 49.3

Deux motions de censure

Pour le député Stéphane Travert, "il restait encore 30.000 amendements à examiner, il y a d'autres textes qui arrivent aussi à l'agenda législatif. " Mais il y reste notamment une étape à l'Assemblée nationale: l'examen mardi après-midi des motions de censures déposées par la gauche et la droite. 

"Je n'ai aucune illusion, bien évidement la majorité reste la majorité", reconnait l'élu LR Philippe Gosselin. "C'est un moyen pour nous de dire que nous désapprouvons fondamentalement la méthode qui a été suivie."

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