Politique

Réunion des juppéistes à Bordeaux : trois questions à Alain Juppé

Par Chloé Gandolfo, France Bleu Gironde et France Bleu lundi 28 août 2017 à 4:20 Mis à jour le lundi 28 août 2017 à 8:08

Alain Juppé a fait visité la Cité du Vin à ses soutiens politiques samedi soir.
Alain Juppé a fait visité la Cité du Vin à ses soutiens politiques samedi soir. © Maxppp - MaxPPP

Alain Juppé et ses amis politiques ont fait leur rentrée ce week-end à Bordeaux, en marge de la réunion des Jeunes Républicains au Touquet au même moment. Au programme, des réunions pour définir la ligne politique des juppéistes avant la rentrée politique.

Valérie Pécresse, Dominique Bussereau, Jean-Pierre Raffarin et une vingtaine d'autres se sont réunis en séminaire à Bordeaux le week-end des 26 et 27 août. Objectif : définir le positionnement des juppéistes face à Emmanuel Macron et au sein du parti Les Républicains. Les discussions ont duré de longues heures au restaurant le Mama Shelter au centre-ville. Les soutiens d'Alain Juppé ont visité la Cité du vin samedi soir. Au terme de ces deux jours de séminaire, trois questions au candidat malheureux à la primaire de droite.

Quelle est la position des juppéistes au sein du parti Les Républicains ?

"Ce que je souhaite c'est y rester. Je rappelle que c'est moi qui l'ai créé, avec d'autres, donc j'y suis très attaché. Je ne souhaite pas créer un parti politique. C'était pas le contre-bureau exécutif de LR ici, mais simplement nous avons défini un certain nombre de lignes rouges à ne pas franchir. La première c'est l'incompatibilité de ce que nous croyons avec les idées du Front national. Pas d’ambiguïté, ni de connivence avec ces idées. Deuxième ligne rouge : nous ne souhaitons pas que petit à petit, la ligne dominante au sein de LR soit celle de la partie la plus conservatrice en terme de société. Je pense notamment à Sens Commun. Il faut aller avec son temps. Un certain nombre d'étapes ont été franchies notamment le mariage homosexuel sur lequel je ne reviendrai en aucun cas".

Quelle est votre attitude vis à vis d'Emmanuel Macron ?

"Certains ont choisi d'adhérer à En Marche ou de participer directement à l'action du gouvernement et du Président de la République. Pour ma part je comprends cette attitude, parce qu'il y a pas mal de convergences entre ce que nous pensons et ce qu'Emmanuel Macron tente de mettre en oeuvre. Cela dit, en ce qui me concerne et pour beaucoup d'entre nous, nous ne sommes pas dans la majorité parce que le programme de Macron nous paraît encore trop flou. Sur certains points nous soutiendrons et sur d'autres nous ferons des propositions pour enrichir le débat politique. Il y a eu des erreurs de manœuvre. Je crois que le Président de la République a lui même qualifié de 'bourde' l'annonce de la réduction de l'APL (l'Aide personnalisée au logement). J'ai moi-même proposé des réductions de la dépense publique. Je ne vais pas aujourd'hui me mettre à critiquer le gouvernement parce qu'il veut réduire la dépense publique. Si j'avais gagné j'aurai sans doute été confronté à la même impopularité."

Est-ce que vous avez l'intention de présenter un candidat juppéiste pour la présidence du parti Les Républicains ?

"Non, je n'ai pas du tout l'intention de redescendre dans l'arène politique et donc je ne labelliserai pas un candidat. Ce que je souhaite en revanche c'est aider à l'émergence d'un nouveau leadership à droite. Si j'ai un rôle à jouer c'est d'être un incubateur de talents. Je voudrais que cette petite structure que nous avons créée, qui n'est pas un parti politique, soit une pépinière pour les faire émerger et les aider. J'aimerais que dans cette structure il y ait des LR, il y ait des centristes, il y ait des UDI et même des membres d'En Marche s'ils veulent continuer à parler avec nous".