Politique

Roannais : Yves Nicolin double ses indemnités de président d'agglomération et déclenche la colère de l'opposition

Par Kevin Boderau, France Bleu Saint-Étienne Loire et France Bleu vendredi 23 juin 2017 à 18:19

Yves Nicolin, président de Roannais agglomération
Yves Nicolin, président de Roannais agglomération © Radio France - Yves SALVAT

Conseil communautaire houleux à Roanne ce jeudi soir. Le président de l'agglomération Yves Nicolin a fait voter le doublement de ses indemnités. De 2.757€ brut à 5.187€ mensuels. La pilule à du mal à passer pour certains élus.

Pour compenser la perte de son indemnité parlementaire, le président de Roanne agglomération a fait voter le doublement de son indemnité d'élu à l'agglomération. Il va également bientôt récupérer son indemnité de maire de Roanne qu'il ne percevait pas jusqu'à maintenant à cause du plafonnement (8.231€) qui s'appliquait lorsqu'il était encore député.

Je ne connais personne qui vit de l'air et du temps" - Yves Nicolin

Yves Nicolin, président de Roannais agglomération

Pour justifier cette hausse, l'élu invoque la loi et son investissement à la tête de l'agglomération et de la commune : "Je dois être payé pour ce que je fais (...) j'ai dû abandonner mes activités professionnelles pour être élu, il n'y a pas de raison que les élus ne perçoivent pas les indemnités pour les dédommager du temps qu'ils consacrent. Je ne prends rien de plus que ce que la loi autorise".

Dans le contexte dans lequel nous sommes où l'on demande des efforts à tous le monde, j'ai trouvé que ce n'était vraiment pas bien venu" - Laure Déroche, conseillère communautaire d'opposition

Laure Déroche, conseillé communautaire de Roannais agglomération

Cinq personnes ont voté contre cette hausse, 18 se sont abstenues. Parmi les opposants, l'ancienne maire de Roanne, Laure Déroche : "Quand on s'engage pour être élu ce n'est pas un métier, c'est un engagement citoyen. On ne fait pas ça pour nourrir sa famille comme Monsieur Nicolin l'a évoqué jeudi soir".

Hausse pour le président, baisse pour les agents

Ce qui a également mis le feu aux poudres jeudi soir lors du conseil communautaire, c'est l'autre vote soumis à l'assemblée. Une baisse de la rémunération des agents à temps partiel. Jusqu’à maintenant ils touchaient plus que le nombre d'heures réellement travaillées. Une "sur-rémunération" autorisée par la loi. Pour Laure Déroche, Yves Nicolin fait donc deux poids deux mesures : "Il est revenu sur cette pratique autorisée par la loi pour quelques milliers d'euros. J'ai trouvé cela indécent. Quand on évoque le fait de faire des efforts, il devrait montrer l'exemple."

"J'aurais pu le faire voter à un autre moment", rétorque Yves Nicolin. "J'ai voulu le faire en toute transparence. Il n'était pas normal qu'un agent qui travaille 80% soit payé 86%. Ceux qui travaillent 100% quelque part, ils étaient moins bien payés par rapport à ceux qui travaillent 80%".

22 élus ont voté contre cette mesure. Un préavis de grève des agents a été lancé par les organisations syndicales pour le 3 juillet.