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Roxana Maracineanu à Pau : "Le sport à cette vertu de proposer des images très diverses de la femme"

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Par , France Bleu Béarn

La Ministre des Sports, Roxana Maracineanu, était à Pau ce dimanche, pour assister à l'ouverture du Tournoi des Six Nations féminin, entre la France et l'Angleterre au Hameau. Elle en a profité pour faire le point sur ses chantiers prioritaires.

La Ministre des Sports, Roxana Maracineanu, au stade du Hameau pendant France / Angleterre féminin.
La Ministre des Sports, Roxana Maracineanu, au stade du Hameau pendant France / Angleterre féminin. © Maxppp - David Le Déodic

France Bleu Béarn : À Pau vous a été présentée la "Charte relative à la prévention des violences sexuelles et sexistes dans le sport", signée par plusieurs institutions et organisations sportives locales. La démarche fait-elle sens et mérite-t-elle d'être étendue selon vous ?

Roxana Maracineanu : Bien sûr, cette charte entre le mouvement sportif, les collectivités et le Ministère prend d'autant plus de sens avec l'actualité du moment, tous les cas de violences sexuelles qui apparaissent dans le monde du sport. Ces révélations nous donnent l'envie et la volonté d'agir ensemble, c'est ce qui est fait ici avec cette charte. C'est à nous tous de mettre en place des actions concrètes pour qu'on ait une boîte à outils à mettre à disposition des acteurs, avec de la formation pour les encadrants, leur indiquer où est la limite quand un adulte encadre un jeune enfant... Qu'on arrive aussi à aider à libérer la parole pour que, comme ces derniers jours, des témoignages dramatiques et précis puissent faire bouger les mentalités et faire en sorte que chacun prenne sa responsabilité sur le sujet, pour que ça n'arrive plus dans le sport.

Libérer la parole, c'est selon vous le levier principal pour lutter contre ces violences ?

C'est une étape essentielle, parce que derrière ça permet d'agir. Lorsque personne ne parle, ne met les vrais mots dessus, l'entourage se doute peut-être mais ne juge pas de la gravité de ce qui se passe. Or il n'y a que la gravité des actes qui fait réagir, et le fait de porter plainte derrière qui permet de punir et de sanctionner. C'est vrai qu'il est parfois difficile dans ces cas de porter plainte de suite parce qu'on ne se rend pas toujours compte de l'anormalité de la situation, et cela peut durer des années. En parler de manière, j'allais dire, banale, et parce que quelqu'un vient témoigner, qu'on voit des personnalités le faire ouvertement dans les médias, cela incite à libérer la parole. Et on espère comme ça arrêter des situations dramatiques le plus tôt possible.

Vous allez recevoir à la fin du mois les présidents des fédérations sportives pour leur passer des consignes claires, notamment à ce sujet ?

J'attends beaucoup que le mouvement sportif prenne ses responsabilités. Le Ministère des Sports n'arrivera pas, tout seul, à endiguer ce phénomène déjà existant depuis des années, on n'est apparemment qu'au début des révélations aujourd'hui... C'est un phénomène qui touche beaucoup de sports mais qui ne touche pas que le sport, et je pense qu'en arrivant à nous mobiliser tous ensemble, on permettra à la parole de se libérer sur des actes qui se passent aussi dans la famille, en-dehors de ce temps qui doit être préservé, parce que le sport ne mérite pas cela.

C'était aussi ce week-end la 7e édition de l'opération "Sport féminin toujours", pour mettre encore plus en lumière le sport féminin dans les médias. C'est par plus de visibilité que passera le développement de la pratique du sport féminin ?

Notre objectif, c'est de développer l'accès à la pratique pour tous, l'égalité des chances de manière générale dans la société entre les hommes et les femmes. Pour pouvoir se projeter dans une pratique de loisir, d'entraînement, ou de performance, il faut des modèles et des vitrines de ce qu'il se passe à plus haut niveau pour donner envie aux petites filles de s'engager dans tous les sports, dans leur diversité. Et c'est sûr qu'une petite fille elle va plus être attirée par des plus grandes filles qui pratiquent – qu'elles gagnent ou qu'elles perdent – que par des hommes, donc il faut permettre cette égalité des chances d'accès à la pratique, de rêver aux mêmes choses, et cela passe effectivement par une médiatisation plus forte du sport féminin.

Votre collègue au gouvernement, Marlène Schiappa (Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations), a demandé au CSA une diffusion égalitaire du sport à la télé, entre sport masculin et féminin, vous partagez sa demande ? 

L'objectif, ce n'est pas juste de diffuser "plus" de sport féminin. Il faut aussi que les chaînes s'engagent à promouvoir l'image de la femme différemment dans cette société, et cela passe par le sport. Si déjà on arrive à progresser sur les chiffres actuels : on est à 20% de sport féminin par rapport à la globalité du sport diffusé, il faudrait effectivement arriver à une parité à terme. Je crois beaucoup à l'engagement volontaire des chaînes qui reçoivent une fréquence de la part des pouvoirs publics pour diffuser, il faut aussi qu'elles aient un engagement sociétal dans ce qu'elles diffusent de l'image des femmes dans la société. Aujourd'hui on ne peut pas se contenter d'avoir des femmes à la télé uniquement pour leurs attributs féminins ou sexuels. Il faut des femmes qui parlent des sujets qu'elles aiment médiatiser, des femmes qu'on voit dans des situations sportives. Le sport a cette vertu, de proposer des images très diverses de la femme. Là, le rugby, on voit tous les gabarits, des femmes mal coiffées, pleines de boue parce que c'est ça, le rugby ! On le voit dans le sport masculin, ça existe pour les femmes aussi et je pense que ce type d'image va aussi permettre de libérer la femme de ce carcan de l'image telle qu'on la conçoit dans notre société.

Une femme porte-drapeau ? Ça donnerait une cohérence...

Enfin, dernière thématique, les villes de Pau et Tarbes ont reçu le label "Terres de Jeux 2024" en vue des JO de Paris, à quoi ça sert ce label ?

Ce label a le mérite de valoriser la politique sportive des territoires. On sait que Pau a le label maximal, cinq étoiles, de ville "sportive et active". L'idée, c'est aussi de coordonner les politiques locales avec ce que nous faisons au plan national, pour avoir le plus grand engagement possible avant d'accueillir les Jeux Olympiques en 2024.

Avant Paris 2024, il y aura dans six mois Tokyo 2020. Puisqu'on parle sport féminin, faut-il que le porte-drapeau à l'occasion de la cérémonie d'ouverture soit une porte-drapeau ?

Le choix sera fait en fonction de différents critères, c'est sûr que cela donnerait une cohérence... Comme vous le savez, le logo des Jeux de Paris 2024 représente une figure féminine, c'est vrai que c'est important d'avoir des femmes qui incarnent le sport. On verra quel sera le choix, parce qu'il y a d'autres questions qui entrent en jeu pour choisir le porte-drapeau, comme le calendrier de la compétition, parce que c'est une grande responsabilité. Et la responsabilité première, c'est de tenir ce drapeau tout le temps que dure la cérémonie, et ce n'est pas toujours simple pour les sportifs qui courent dans les jours qui suivent.

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