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Science-Po Grenoble : pour Geneviève Fioraso, "il faut rétablir la sérénité à l'université"

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Par , France Bleu Isère

La Grenobloise et ancienne ministre de l'enseignement supérieur Geneviève Fioraso revient ce matin sur la polémique Science-Po Grenoble. Elle condamne ceux "qui jettent en pâture" et regrette "qu'on n'arrive plus à avoir un débat serein" dans "un lieu où on forme de futurs décideurs".

Ce qui se passe à Science-Po Grenoble et à l'université c'est le reflet malheureusement de ce qui se passe dans notre société. C'est-à-dire qu'on semble incapable aujourd'hui de mener de débats dans la sérénité. L'université c'est un lieu de formation, c'est un lieu de débat pour les jeunes, c'est un moment où se construit leur pensée, où ils préparent leur avenir professionnel, et je trouve vraiment dommage que ce qui aurait dû être un débat entre des enseignants - auquel on peut associer les étudiants c'est un débat intéressant - soit finalement devenu un sujet de polémique qui a complètement dérapé avec des noms jetés en pâture d'enseignants qui n'étaient pas dans la pensée dominante. Je ne porte pas de jugement de valeur. Il y a une enquête en cours c'est très bien. L'inspection générale a été mandatée par la ministre c'est ce qu'il fallait faire, peut-être plus tôt d'ailleurs parce que cette polémique a démarré en novembre dernier.

"Quelques mois après l'assassinat de Samuel Paty c'est totalement irresponsable"

Ce qui me paraît vraiment important c'est de rétablir la sérénité d'une manière générale dans les universités. Il s'agit de phénomènes qui n'ont pas lieu partout mais qui ont lieu ça et là et qu'il faut regarder calmement. Il y a des instances dans les université pour cela. Il y a des lieux. Il y a des conseils académiques. Moi je souhaite qu'on rétablisse un dialogue à l'intérieur des universités, qu'on n'ait pas des oukases qui soient lancés comme ça d'une manière centralisée. Les présidents d'université ont cette mission d'animer collectivement, collégialement, un dialogue et le débat doit être rétabli. Bien entendu je condamne les méthodes des étudiants qui jettent en pâture des noms. Quelques mois après l'assassinat de Samuel Paty c'est totalement irresponsable. 

Est-ce que tout ça ne nuit pas également à l'image de l'université et en particulier de Sciences-Po ?

Ça pose problème que ça arrive mais vous savez, il y a près de 2 millions d'étudiants à l'université et dans la plupart des universités d'une manière générale ça se passe plutôt bien. Dans la période la priorité c'est quand même les étudiants. Ils sont en situation très difficile et je pense qu'il ne faudrait pas qu'en mettant l'accent sur tel ou tel conflit - qui a lieu et qu'il faut traiter évidemment - on oublie que la priorité ça doit rester les étudiants, leurs professeurs et tout le personnel administratif d'encadrement dans les universités, qui doit assurer la formation des jeunes dans une période avec des contraintes qui rendent les choses quand même très très compliquées. Je refuse le terme de "génération sacrifiée". Il faut mettre tout le paquet, faire tous les efforts - qui ne sont pas seulement financiers c'est aussi une vraie volonté collective - pour faire en sorte que nos étudiants soit formés correctement.

L'image de Sciences-Po reste bonne. C'est une formation qui est reconnue. Ce qui m'inquiète plutôt c'est de voir que dans un lieu où on forme de futurs décideurs, des gens qui vont s'intéresser à la chose publique, on n'arrive plus à avoir des débats dans lesquelles on mette de la tolérance, de la bienveillance, de l'écoute. C'est quand même ça apprentissage de la démocratie ! Je pense qu'il est urgent de rétablir cette sérénité. En dehors des réseaux sociaux...

Les réseaux sociaux jouent effectivement un rôle très important dans ce genre d'affaire

Bien entendu et on n'en parle pas suffisamment ! Je pense qu'il y a un apprentissage à faire des réseaux sociaux dès le plus jeune âge. Savoir discerner les fake news. Savoir recouper des informations. Ne pas profiter de l'anonymat pour balancer des noms en pâture. Parce qu'on le voit là dans un cadre défini et en plus politiquement sensible en ce moment [...] mais c'est aussi tel adolescent dans un collège, telle adolescente qui parce qu'elle a une petite différence, qui parce qu'il a une petite différence, vont être balancés en pâture de façon anonyme. On ne forme pas assez à la pratique des réseaux sociaux. Il n'est pas question de dire qu'il faut ne pas utiliser les réseaux sociaux, ils ont un tas d'avantages. Simplement il faut du discernement et le discernement ça s'apprend. Parce que c'est trop facile sous réserve d'anonymat de balancer des noms comme ça... On a vu les dégâts que ça pouvait occasionner avec l'assassinat absolument révoltant de Samuel Paty.

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