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Scrutins, enjeux : à un mois des régionales et départementales Olivier Ihl aide à y voir plus clair

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Par , , France Bleu Isère

Un peu plus d'un mois avant les scrutins des 20 et 27 juin Olivier Ihl, politologue grenoblois, est l'invité de France Bleu Isère pour expliquer et décoder les élections régionales et départementales, interrogé par Nicolas Crozel.

Les scrutins électoraux de juin c'est un peu "deux salles, deux ambiances". Les scrutins aux conseils départementaux et aux conseils régionaux sont différents par leur mode de scrutin tout autant que par leurs enjeux. Olivier Ihl, politologue et enseignant à Science-Po Grenoble, explique et décode pour nous.

Scrutin de liste pour les régionales et "binominal" pour les départementales

Concernant les modes de scrutin d'abord. Les élections régionales se déroulent selon un "scrutin de liste, proportionnel, avec une prime majoritaire". Cette dernière permet, comme pour des municipales par exemple, d'assurer la majorité absolue des sièges au vainqueur même si il l'emporte à la majorité relative. C'est "pour assurer une forme de stabilité, explique Olivier Ihl, c'est l'un des grands enseignements du passé".
Le scrutin départemental lui est un "scrutin majoritaire à deux tours", auquel les français sont peut-être plus habitués selon le politologue, "mais binominal et paritaire". C'est à dire que l'on vote sur le même bulletin, et sur son canton, pour deux futurs conseillers départementaux, un homme et une femme. Le bulletin comporte au final quatre noms, avec ceux des suppléants.

Des personnalités d'envergure plus nationale aux élections régionales

Par rapport au scrutin départemental, le scrutin régional est plus "politisé" explique Olivier Ihl. Les régionales ont "une plus grande dimension nationale, avec des figures plus largement connues". "C'est aussi un enjeu, dit le politologue, parce que c'est la deuxième fois que ces très grandes régions, auxquelles ont fini par s'habituer, seront proposées aux suffrages des électeurs [...] C'est aussi l'occasion de scruter de très près comment la présidentielle se profile à l'horizon puisque plusieurs des candidats qui prétendent à la réélection ont dit qu'ils pourraient-être candidats à la présidentielle". C'est le cas notamment de Xavier Bertrand dans les hauts-de-France et de Valérie Pécresse en Ile-de-France, pour ceux qui en tout cas ne cachent pas leurs ambitions.

Un test pour Emmanuel Macron et LREM ?

Un scrutin régional au cours duquel La République en marche pourrait ne rien remporter du tout. "Comme aux municipales, les prétentions de LREM sont très, très, très modestes, explique Olivier Ihl, en revanche ce sera un scrutin important pour d'autres raisons, c'est à dire qu'on va prendre des marques, notamment du point de vue des alliances, pour préparer le scrutin majeur qui se déroulera dans un an".

En Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez domine les sondages

Dans notre région le bilan est, dans les sondages, "autant qu'on puisse leur faire confiance", dit Olivier Ihl, en faveur du président sortant Les Républicains Laurent Wauquiez, face à une gauche qui reste divisée. "Toutes les conditions sont réunies pour que - alors on verra pour l'abstention, attention, c'est un facteur là qui reste incertain - paraissent réunies pour que Laurent Wauquiez soit réélu".

Plus "province" et moins "politisé" : les scrutins départementaux

Les élections aux conseils départementaux sont, elles, moins présentes dans les grands médias, entre autre parce qu'il n'y a pas de département à Paris, et parce que la présidentielle imprime moins cette bataille là, avec moins de personnalités sur la ligne de départ. Un scrutin moins politisé donc et où, par exemple en Isère, la gauche arrive à se rassembler sous la bannière du "Printemps isérois" alors qu'elle n'y parvient pas au niveau régional. Une spécificité "qui tient à l'histoire", explique Olivier Ihl. 

"On sait que l'Isère est traditionnellement une terre de gauche. Par ailleurs il y a un travail d'opposition important qui a été réalisé dans l'assemblée départementale ces dernières années donc on voit une convergence s'effectuer". C'est néanmoins encore une "presque unité, selon le politologue, puisque il y a quand même, ici ou là, des manquements à la règle (Grenoble 2, Pont-de-Claix, Saint-Martin-d'Hères...)". Et un rassemblement qui manque surtout encore d'un "leadership crédible" pour que les électeurs "puissent voir qui peut être président" et qui peut remplacer, le cas échéant, Jean-Pierre Barbier. Un président sortant Les Républicains qui doit trembler "très très modérément, selon le politologue grenoblois, car il jouit là aussi d'une situation plutôt favorable. Maintenant un facteur important, encore une fois, reste très incertain : c'est celui de la participation". Un scrutin départemental dans lequel le parti présidentiel est, ici encore, faible puisque LREM n'est présent par exemple en Isère que dans 11 cantons sur 29.

Le Rassemblement national en embuscade

Dans ces deux scrutins le Rassemblement national de Marine Le Pen pourrait tirer son épingle du jeu. Peut-être plus aux régionales qu'aux départementales, même si il a de réelles ambitions sur quelques cantons en Isère. Pour Olivier Ihl Auvergne-Rhône-Alpes "n'est pas une région dans laquelle le RN place de nombreux espoirs mais tout de même son étiage se situe autour de 19%-20% et ce n'est pas non plus insignifiant. Il monte, scrutin après scrutin, mais effectivement par rapport au nord ou à PACA, les espoirs sont limités". Il reste un mois de campagne avant les scrutins des 20 et 27 juin.

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