Politique

Soustons (Landes) : Jean-Yves Montus quitte le fauteuil de maire ce vendredi soir

Par Nelly Assénat, France Bleu Gascogne jeudi 15 décembre 2016 à 19:48

Jean-Yves Montus quitte le fauteuil de maire de Soustons
Jean-Yves Montus quitte le fauteuil de maire de Soustons © Radio France - Nelly Assenat

INTERVIEW - Après 27 ans comme maire de Soustons (Landes), Jean-Yves Montus passe la main ce vendredi soir à Frédérique Charpenel. L'occasion de revenir avec lui sur ses mandats, la politique, les hommes politiques, les Landes... et la pétanque.

Une page se tourne à Soustons ce vendredi soir lors du conseil municipal à 18h30. C’est un maire emblématique des Landes qui rend son écharpe : Jean-Yves Montus passe la main en milieu de mandat, après 27 ans comme maire (élu en 1983, une pause quand il perd de 2001 à 2008), 33 ans comme élu à des premiers postes (élu au Conseil général dès 1982).

Il sera remplacé par sa première adjointe Frédérique Charpenel, première femme maire de Soustons depuis 1790.

Jean-Yves Montus, c’est l'ancien instituteur, bon vivant, espiègle, fidèle de Mitterrand puis d'Emmanuelli, défenseur des traditions, de la chasse, de la tauromachie, des fêtes locales... Le 100% Landais comme on n'en fait plus beaucoup. Il le dit lui-même : "Les comme moi, on est des bouilleurs de crus, il faut qu’on laisse des témoignages".

Jean-Yves Montus s'en va. Interview de Nelly Assenat

Cinq questions à Jean-Yves Montus

France Bleu Gascogne : Pourquoi vous partez ?

Jean-Yves Montus : Moi je suis un maire, et François Mitterrand disait : "un bon maire est un maire adapté au site". La ville de Soustons a évolué et quand on parle de la domotique, de la connectique, des changements climatiques, de la place de la voiture, je ne me sentais pas le maire adapté à cette nouvelle donne. J'aime assez ma ville pour qu'il y ait un maire adapté au site.

Trop vieux Jean-Yves Montus ?

Pas forcément trop vieux... J'ai 67 ans, je vais encore les aider jusqu'en 2020 (en restant conseiller municipal NDLR), mais je vais vous dire : il me reste une dizaine d'années en pleine possession de mes moyens et je ne me voyais pas prélever beaucoup d'autres années pour la vie publique et je ne voulais pas donner une image qui ne serait pas à 100% de mes moyens physiques et intellectuels.

Vous pensez à Henri Emmanuelli en disant cela ?

C'est un homme exceptionnel et je sais qu'il souffre de son état. Il a beaucoup beaucoup, beaucoup donné et je sais qu'il souffre de ne pas pouvoir en faire autant aujourd'hui. Henri est encore là aujourd'hui heureusement pour le parti socialiste d'ailleurs... d'autres amis ne sont plus là.

Quel est votre meilleur souvenir de maire, et le plus mauvais ?

Le plus beau c'est un mariage de deux personnes handicapées que personne ne voulait marier, ce n'était pas dans l'air du temps... Je l'ai fait. Et le bonheur que j'ai vu dans les yeux de ces gens là, c'était pas comme les autres.

Le pire souvenir (silence...) c'est quand il faut aller annoncer à un papa et une maman à quatre heures du matin que leur gamin s'est tué sur un arbre. Pendant des années, ces gens qu étaient des amis n'ont pas pu me parler...Ca a été terrible.

Qu'allez vous faire ? Vous arriverez à vous effacer lors des conseils municipaux ?

Il ne pourra pas y avoir deux maires, je saurai rester à ma place ! En revanche, sur d'autres questions que les questions municipales, je continuerai à donner mon avis si on me sollicite. On ne se refait pas !

J'ai aussi beaucoup de choses à faire. J'ai déjà écrit 14 livres sur l'histoire locale, et je dois continuer. Il s'agit d'expliquer notamment l'histoire des bâtiments de Soustons comme l'Eglise, l'école, la mairie aussi. Ca me donnera l'occasion de revenir. Je dis souvent que les gens comme moi, les vieux gascons de ma génération, nous sommes comme des bouilleurs de cru. Des choses disparaitront avec nous, nous devons laisser des témoignages.

Mais c'est vrai qu'il va falloir que j'apprenne à me désintoxiquer de la mairie... Je vais y arriver, il n'y a pas de raisons. Je vais vous faire une confidence : le club de rugby m'a demandé de rechausser les crampons, le club de foot aussi, le club de tennis veut que je reprenne la raquette, mais finalement j'ai choisi... la pétanque !

Jean-Yves Montus - Radio France
Jean-Yves Montus © Radio France - Nelly Assenat