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Politique

Stéphane Travert, soutien d'Emmanuel Macron : "il fallait donner un coup de pied dans la fourmilière"

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Par , France Bleu Cotentin

Le député PS de la Manche Stéphane Travert a été parmi les premiers à rejoindre Emmanuel Macron. Avant le deuxième tour de l'élection présidentielle, Stéphane Travert évoque ses rapports avec le Parti Socialiste et ses ambitions pour la suite.

Le député de la Manche Stéphane Travert fait campagne pour Emmanuel Macron
Le député de la Manche Stéphane Travert fait campagne pour Emmanuel Macron © Maxppp - Vincent Isore

Vis-à-vis du Parti Socialiste, c’est un soulagement de voir Emmanuel Macron au second tour ?

C’est vrai qu’à titre personnel, c’est la démonstration que ce choix a été celui de la cohérence avec la population qui attendait un changement politique. Nous avons subi des railleries de la part de beaucoup à l’Assemblée Nationale. On nous a dit : « vous allez voir, vous rentrerez vite à la maison ! ». Nous avons apporté la preuve que nous avions sur le terrain des adhérents mobilisés et engagés. « En Marche » est aujourd’hui la première force politique française. Après les prochaines échéances, il faudra transformer le mouvement « En Marche » en véritable parti politique.

A quel moment vous vous êtes dit : « je pars avec Emmanuel Macron » ?

On a travaillé ensemble pour le projet de loi « pour la croissance et l’activité ». Cela s’est fait à ce moment-là, en 2015. Je sentais aussi que le groupe socialiste à l’Assemblée était fracturé. Je ne me reconnaissais plus dans les positions très bobos et parisiennes de la gauche de la gauche comme par exemple la sortie du nucléaire, la décroissance. J’étais aussi en désaccord avec la stratégie d'un certain nombre de mes amis qui étaient plus dans une stratégie personnelle vis-à-vis du gouvernement. Même si je pouvais avoir parfois des désaccords sur certaines choses, je n’avais pas envie de censurer le gouvernement avec des gens comme Bernard Cazeneuve, qui a fait des choses extraordinaires, ou Jean-Yves Le Drian. On ne peut pas tout jeter d’un coup. J’ai eu le sentiment qu’il fallait donner un coup de pied dans la fourmilière, pour écrire l’histoire d’un mouvement politique nouveau.

Je ne me reconnaissais plus dans les positions très bobos et parisiennes de la gauche de la gauche

Vous avez quand même été député frondeur face au Gouvernement à partir de la fin de l’année 2015, lorsque ce dernier a pris un virage économique. Emmanuel Macron est plus social que Manuel Valls ?

Oui. Je n’aurais pas soutenu Manuel Valls. Il ne rassemblait pas suffisamment. Je n’étais pas d’accord sur sa vision du pays, la brutalité avec laquelle il pouvait porter les choses, sur sa vision de la laïcité et de l’identité. Sur le plan sociétal et sur le plan des valeurs, Emmanuel Macron est beaucoup plus proche de ce que je défends à gauche depuis longtemps.

Manuel Valls soutient Emmanuel Macron et frappe à la porte d’ « En Marche ». Êtes-vous prêt à travailler avec lui ?

Moi je travaille pour un projet, pour mon pays. Manuel Valls a été Premier Ministre. Il y a un bon nombre de textes portés par le gouvernement que nous avons voté. Je peux avoir des désaccords avec lui, mais il reste un personnage important de la formation politique dans laquelle je me trouve. Le problème aujourd’hui n’est pas de dire « je peux travailler avec untel ou untel ». Nous sommes entre les deux tours de l’élection Présidentielle. Il y a un projet porté par Emmanuel Macron et c’est autour de ce projet que nous essayons de rassembler une majorité de français.

Je suis pour l’étiquetage de la viande, mais pour les convictions je n’ai pas besoin d’étiquette

Vous vous considérez toujours comme membre du Parti Socialiste ?

Je le suis encore. Mais est-ce qu’il est nécessaire aujourd’hui d’avoir une carte pour considérer que l’on est socialiste ou pas ? Moi je suis socialiste par les valeurs que je porte. Et ça personne ne me l’enlèvera. Je suis pour l’étiquetage de la viande, mais pour les convictions je n’ai pas besoin d’étiquette. Les gens connaissent mes convictions. Elles sont plutôt à gauche. Avec Emmanuel Macron les choses sont claires depuis le début. Il ne me demande pas de changer mes valeurs.

Mais comptez-vous rester membre du PS ?

Je sais dans quel groupe parlementaire je pourrais me situer si les électeurs me font à nouveau confiance, c’est-à-dire la majorité présidentielle et « En Marche ». Ensuite, nous souhaitons créer une formation politique qui puisse incarner nos valeurs parce que nous avons besoin de renouveler notre vie politique. Et sur un certain nombre de sujets, ces valeurs là je les retrouve chez Emmanuel Macron. C’est pour ça que je me considère comme un socialiste «En Marche ». La gauche est en miette. Il va falloir qu’elle se reconstruise sur des bases solides. La droite républicaine aussi est fracturée. Au milieu de ces enjeux, il y a peut-être une place pour la social-démocratie qui peut s’incarner autour d’Emmanuel Macron.

Est-ce que vous vous sentez prêt à avoir des responsabilités dans un gouvernement ?

J’ai une expérience de parlementaire, une expérience professionnelle à la fois dans le privé, dans l’industrie et dans le public pour avoir travaillé avec Philippe Duron, président de Région puis député-maire de Caen. Il faut être prêt à affronter chacune des situations, mais c’est un sujet dont on ne parle pas. Ce n’est pas nous qui avons la décision entre les mains, c’est le Président de la République et son ou sa Premier (ère) Ministre. Moi je mène mon travail de parlementaire, j’en suis très heureux. Ce que je souhaite avant tout, c’est qu’Emmanuel Macron soit élu et qu’ensuite les électeurs puissent me renouveler leur confiance.

Tous ceux qui se reconnaîtront dans cette majorité seront les bienvenus. Ceux qui ne le feront pas auront un candidat contre eux.

Justement sur ces législatives, le PS n’a pas, pour l’instant, désigné de candidats face à vous sur la 3e circonscription (Coutances-Valognes). Y-a-t-il un pacte de non-agression avec le PS dans la Manche ?*

Il n’y a aucun pacte, mais il y a une réalité politique. Est-ce qu’il ne vaut mieux pas que l’on puisse travailler sur cette circonscription avec des élus dont la sensibilité est connue et le travail apprécié sur le terrain ou partir dans une espèce d’aventure qu’on ne saurait qualifier ?

Arnaud Catherine, le patron du PS dans la Manche est candidat sur la 4e circonscription, celle de Cherbourg. Aura-t-il un candidat « En Marche » face à lui ?

Aujourd’hui les choses ne sont pas figées. Emmanuel Macron a été clair : il y aura des candidats « En Marche » dans l’ensemble des circonscriptions. Des candidats qui se reconnaîtront dans la majorité « En Marche ». Tous ceux qui se reconnaîtront dans cette majorité seront les bienvenus. Ceux qui ne le feront pas auront un candidat contre eux. Il n’y aura pas d’exception pour la Manche. Il en va de même pour Les Républicains. Les députés sortants LR qui se reconnaissent dans la démarche d’Emmanuel Macron et qui veulent participer demain à la majorité présidentielle peuvent le faire. Ils devront porter l’étiquette « En Marche ».

* Le Parti Socialiste de la Manche nous indique vouloir présenter un duo de candidats PS sur la 3e circonscription où se présente Stéphane Travert.

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