Politique

Successeur du Famas dans la primaire : "Arnaud Montebourg a beau jeu de s'offusquer" (Guillaume Verney-Carron)

Par Julien Corbière, France Bleu Saint-Étienne Loire vendredi 20 janvier 2017 à 16:12

Guillaume Vernay-Carron, patron de l'entreprise stéphanoise
Guillaume Vernay-Carron, patron de l'entreprise stéphanoise © Maxppp -

Le patron de site Verney-Carron réagit sur France Bleu après le débat de la primaire de la gauche lors duquel Arnaud Montebourg a interpellé Manuel Valls. L'entreprise stéphanoise avait été candidate pour fabriquer le successeur du fusil d'assaut FAMAS.

Lors du troisième et dernier débat de la primaire de la gauche jeudi soir, il a été question de Saint-Étienne, et encore de son fameux FAMAS, le fusil d'assaut de la manufacture d'arme de Saint-Étienne que l'armée renouvelle en ce moment. C'est une entreprise allemande, Heckler und Koch, qui a remporté le marché fin 2016.

Lors du débat sur les questions économiques, Arnaud Montebourg a très directement reproché à Manuel Valls de ne pas avoir fait le choix d'une entreprise française.

"On remplace le Famas. Le gouvernement n'a rien trouvé de mieux que de faire travailler une entreprise étrangère, sans même lui demander de venir la fabriquer en France" (Arnaud Montebourg)

Arnaud Montebourg jeudi soir sur le plateau de France 2

Relancé à de nombreuses reprises par les animateurs du débat, l'ancien Premier Ministre n'a pas souhaité réagir. Mais l'ancien ministre du redressement productif, qui a débarqué en août 2014, n'a-t-il pas aussi sa part de responsabilité ?

Arnaud Montebourg n'aurait-il pas pu faire quelque chose quand il était ministre ?

Il y avait pourtant des candidats français, et même ligériens, pour ce marché, par exemple le site Verney-Carron de Saint-Étienne, qui fabrique essentiellement aujourd'hui des fusils de chasse et des flash-balls, mais qui entend bien se placer sur le marché des armes de guerre. Mais la société stéphanoise n'a pas été retenue car elle n'avait pas le chiffre d'affaire minimum nécessaire pour décrocher un tel marché.

Au moment où le choix de l'armurier allemand a été fait, Arnaud Montebourg n'était il est vrai plus ministre du redressement productif. Mais pour Guillaume Verney-Carron, il est mal placé pour critiquer aujourd'hui le choix du gouvernement et de l'armée française.

"Ses paroles n'engagent que lui. Moi à l'époque j'avais pris l'initiative de me rapprocher du ministère du redressement productif et de celui de la défense. Il peut s'en offusquer mais moi j'ai essayé de rencontrer M. Montebourg, je ne suis pas arrivé à le voir. J'ai rencontré certains de ses conseillers et derrière il n'y a pas eu de retour. Il a beau jeu de s'offusquer après coup. Il faisait partie de gouvernement à l'époque (...) et s'il y avait eu une réelle volonté politique de défendre une filière de défense industrielle française, il fallait prendre les bonnes décisions à l'époque" (Guillaume Verney-Carron)

La réponse de Guillaume Verney-Carron à Arnaud Montebourg

L'entreprise Humbert de Veauche également dans la Loire, filiale du groupe italien Beretta, avait également été candidate à la fabrication du nouveau fusil de l'armée française.