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Politique

TÉMOIGNAGES - Des maires franciliens racontent pourquoi ils ne se représenteront pas aux municipales 2020

mardi 20 novembre 2018 à 6:31 Par Olivia Chandioux, France Bleu Paris et France Bleu

Le 101e congrès des maires de France commence ce mardi Porte de Versailles à Paris. Dans le même temps, la dernière étude du Cevipof révèle qu'un élu sur deux envisage de ne pas se représenter en 2020. Pourquoi ? Y a-t-il un malaise ? Deux maires franciliens qui ont fait ce choix répondent.

Un maire sur deux envisage de ne pas se représenter en 2020 d'après la dernière étude du Cevipof.
Un maire sur deux envisage de ne pas se représenter en 2020 d'après la dernière étude du Cevipof. © Maxppp - Photo d'illustration

Les Clayes-sous-Bois, France

La moitié des maires de France veut passer la main aux prochaines élections municipales en 2020. C'est le constat de la dernière enquête de l'Observatoire de la démocratie de proximité, menée par le Cevipof et l'AMF. Une résignation qui intervient alors que s'ouvre ce mardi 20 novembre Porte de Versailles à Paris, le 101ème congrès des maires de France. 71% des élus qui ne souhaitent pas se représenter invoquent leur âge, mais aussi l'envie de privilégier leur vie familiale ou professionnelle. Ils sont également près de 4 sur 10 à se sentir dépossédé de leur capacité d'action depuis la loi NOTRe, en 2015, et la généralisation des intercommunalités. 

J'ai le sentiment de ne plus servir à rien, c'est devenu insupportable" Véronique Coté-Millard, maire des Clayes-sous-Bois

C'est le cas de Véronique Coté-Millard, maire des Clayes-sous-Bois dans les Yvelines depuis 2001. A 60 ans, elle a décidé de ne pas se représenter aux prochaines élections : "les services de proximité, comme chez nous l'éclairage et la voirie ont été délégués à l'intercommunalité, et du coup je ne peux pas intervenir. Les administrés m'interpellent dans la rue, je leur réponds que je n'y peux rien, et eux me demandent à quoi je sers. J'ai le sentiment de ne plus servir à rien, c'est devenu insupportable."

A 90 kilomètres de là, à Flagy en Seine-et-Marne, Jacques Drouhin fait le même constat et ne se représentera pas non plus. Comme 20% des maires résignés, cette loi ne passe pas. Il dénonce une perte de marge de manoeuvre pour les petites communes parfois noyées dans les intercommunalités : "le ressort entre nous et les autres institutions est cassé. C'est de plus en plus difficile de trouver des interlocuteurs. Cette loi a été une loi scélérate pour les communes rurales qui disparaissent petit à petit."

Un mal-être grandissant

"On ne demande pas grand chose, juste à être un peu reconnu, tant par l'Etat que par les administrés, par rapport à l'engagement que nous prenons les uns t les autres, confie Véronique Coté-Millard. Il faut savoir qu'être élu c'est terriblement contraignant, je le fais avec passion, mais cela reste une charge très lourde, 12 heures par jour, sept jours sur sept qui empêche de profiter notamment de sa famille et de ses amis."

"Quand on a le sentiment de ne plus servir à rien et qu'en plus on nous engueule, on est forcément désespéré", Véronique Coté-Millard