Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

Territoriales 2021 : Jean-Christophe Angelini veut sortir de "l'incantation" pour obtenir des "résultats"

-
Par , France Bleu RCFM

Poursuite de nos entretiens de campagne, dans le cadre des élections territoriales des 20 et 27 juin prochains. Invité de la rédaction ce vendredi matin : Jean-Christophe Angelini, tête de liste "Avanzemu".

Jean-Christophe Angelini, leader de la liste Avanzemu, invité de la matinale de RCFM
Jean-Christophe Angelini, leader de la liste Avanzemu, invité de la matinale de RCFM © Radio France - Radio France

Quatre listes nationalistes présentes au premier tour, le nationalisme est-il soluble dans l'exercice du pouvoir ?

Non, je ne crois pas. Ceci étant dit, la division n'est pas une très bonne chose ; elle déstabilise le peuple Corse et, je le crois, désoriente l’électorat. J'espère de tout cœur qu'elle durera le temps du premier tour et que la raison finira par l'emporter, pour inventer d'autres chemins. Mais la division, c'est aussi parfois de la diversité, et je veux croire, dans ce contexte-là, qu’elle est importante. 

Les critiques des deux branches du FLNC sont aussi à prendre en compte ? 

C'est à prendre en compte même si ma position est connue en la matière. J’ai une position de principe ancienne quant à la clandestinité, à la violence politique ; je considère d'abord qu'elles n'ont plus droit de cité et qu'il est important que nous privilégions le seul combat public et démocratique. Je l'ai dit à maintes reprises, je le répète aujourd'hui sur vos ondes et je pense que c'est la démocratie et le combat citoyen - quand bien même sont-ils aujourd'hui difficile et plein de difficultés – qu’il nous faut continuer. Sur le reste, sur le fond, j'entends ce qu'il est dit et je comprends la désaffection. Je comprends parfois l’écœurement de certains militants, mais je le dis, ce n'est pas en s'exprimant de cette manière-là qu'on pourra avancer. 

Sortir de l'incantation pour obtenir des résultats

Alors justement, vous menez la liste « Avanzemu »… ça sonne un peu comme une harangue, on entend presque Aio Zite ! derrière,  c'est voulu ?  

C'est voulu parce que c'est un nom qui dit beaucoup de ce que nous sommes, le mouvement, le concret, le résultat, le projet, une forme de culture de la réussite. Je ne parle pas de la compétition des uns contre les autres, mais je parle simplement du fait que nous devons aujourd'hui avancer plus concrètement, sortir de l'incantation, de la communication permanente pour amener des résultats, tout simplement. 

Pour autant, vous assumez le bilan de cette mandature ? 

Bien sûr, d'autant qu'il a lui-même été marqué par beaucoup de résultats et que nous avons été, je le crois, assez bons sur bien des plans. Mais, moi je ne suis pas de ceux qui sombrent dans l'autosatisfaction et je dis que beaucoup, beaucoup de choses sont à corriger, notamment sur nos fondamentaux ; par exemple, la question des institutions avec la réforme constitutionnelle qui n'a pas pu intervenir et sur laquelle nous avons été globalement muet dès lors que le débat était clos par Paris. 

Et sur d'autres sujets tels que par exemple le peuple, les déchets, l'énergie, le foncier - dont je suis moi-même un peu responsable – ou  de la fiscalité. Il faut qu'on continue, qu'on progresse plus, concrètement et sur, je dirais, la globalité. Oui, il y a une nécessité d'avancer clairement et je veux croire que les Corses se reconnaissent dans cette énergie-là. 

Vous parliez d’un problème de gouvernance, il faut à la fois recentraliser et déconcentrer. N’est-ce pas antinomique ? 

Pas du tout. Moi je fais des propositions. Je pense qu'il faut d'abord recréer « e case di i territorii » dont on a parlé durant la campagne 2017, mais qu'on n'a pas mis en place, avec un pôle de service public dans chacun des grands territoires de l'île pour qu’une ingénierie locale de projet et que les maires, les porteurs de projets, les chefs d'entreprise puissent trouver localement un lieu, un réceptacle avec des agents, des offices et agences, en même temps que de la collectivité, pour échanger et construire. Je propose également que le Conseil exécutif tienne plus régulièrement des sessions décentralisées. On l'avait fait en début de mandature, puis plus.  Je propose aussi une fusion des offices et agences pour simplifier l'équation, être plus lisible et plus efficace, et je propose également, sur fond de réforme, que l'on ouvre le conseil exécutif à des personnalités de la société civile qui n'aurait pas été candidat sur l'ensemble des listes, mais qui viendraient amener une compétence et une plus-value comme c'est le cas d'ailleurs pour tous les exécutifs et gouvernements du monde. Je n'ai rien inventé.

Trois sujets urgents à traiter : les ressources, le PADDUC et les déchets

Les dossiers. Vos adversaires parlent pour les priorités des déchets, de la précarité, du foncier. Tous les sujets sont importants, ils sont tous transversaux. C'est quoi qui est urgent ? 

J’aime bien être précis et concret, surtout à l'endroit des auditeurs et du respect qu'on leur doit. Il y a 3 sujets ; le premier, les ressources. La collectivité, je le dis souvent, est une machine à produire de la dette, plus d'un milliard de dette. On ne peut pas continuer comme ça, il nous faut une forme d'autonomie fiscale et territorialisée, une part du produit fiscal des Corses, et en même temps il faut avancer sur des sujets comme le crédit d'impôt pour l'investissement, la négociation sur l'allègement du coût du travail, les charges fiscales, sociales, et caetera. Une forme d'autonomie fiscale, y compris pour la question des droits de succession.

La question du PADDUC aussi. J’ai écouté et je m'aperçois que ce document-là fait aujourd'hui débat, légitimement à mon avis, et qu'il est important que nous le modifions en tenant compte de l'ensemble des avis, y compris de la profession agricole puisqu'il n'est pas question de toucher en volume aux espaces stratégiques agricoles mais en termes de localisation et de pertinence, repenser un petit peu les choses. 

Enfin la question des déchets qui nous empoisonnent, littéralement la vie. Et donc je crois qu'on a intérêt à la régler en posant des jalons nouveau dans l'été avec un plan de sortie à 18 mois qui passe notamment par la création de centres de surtri… 

Pourquoi cette question n'a pas été réglée avant ? 

Parce qu'elle est l'héritage empoisonné, là aussi, des politiques mises en œuvre jusqu'ici. Alors je ne suis pas du genre à m'en remettre à l'héritage, à l'opposition, à l'État, etc. Je préfère assumer notre part de responsabilité. Mais force est de constater que sur le dossier des déchets, empêtré en plus dans un magma d'intérêts privés, entremêlés de lobbying, et cetera, il était très compliqué de vous inscrire. 

Il faut que l'instance publique reprenne la main sur ce dossier ? 

Il faut reprendre la main et j'irai même plus loin. Il faut aboutir à une gouvernance nouvelle et, de mon point de vue, dissoudre à moyen terme l'ensemble des outils. Même si le SYVADEC, au premier chef présente un vrai intérêt… je suis plutôt pour un département au sein de l'Office de l'environnement qui soit solide, et en liaison avec les Intercos.

La discussion est ouverte avec les autres forces nationalistes

Jean-Christophe Angelini, sur votre liste, vous revendiquez un fort ancrage nationaliste, une bonne dose d’ouverture, quid de la diversité, très peu présente dans cette élection ? 

Tout dépend de ce qu'on entend par diversité. Moi, ce que j'ai voulu, Alexandre Sanguinetti, c’est faire deux choses : d’abord, affirmer l'identité et je l'ai dit très clairement à celles et ceux qui nous ont rejoints, ça n'est pas une liste attrape tout ou électoraliste, c'est une liste de rassemblement, mais dont l'identité est clairement nationaliste. Deuxièmement, l'ouverture, mais l'ouverture, pas simplement à des élus qui seraient porteurs de convictions différentes des nôtres. L'ouverture aussi à l'endroit de la société civile, du monde économique, du monde culturel. Je crois que c'est ça l'ouverture principale, les articulations nouvelles entre la société Corse et le monde. 

Vous voulez rassembler, pour ça, il faut être en tête au premier tour, c'est votre ambition ? 

C'est mon ambition très clairement et je crois que les Corses ne comprendraient pas que je sois aujourd'hui candidat sans avoir l'ambition d'être en tête au soir du premier tour. Oui, c'est mon objectif. 

Pour rassembler, il faut discuter aussi, Jean-Christophe Angelini, avec qui, sur quelle base ? 

Bien sûr, nous ouvrons le dialogue activement, indépendamment du résultat, même si le fait que nous sortions en tête nous ouvrira en grand, je le crois, les portes du dialogue.  Nous sommes partisans de la discussion durant la campagne, nous le serons au soir du premier tour.

Avec qui, les nationalistes, la droite, LREM ?

Je l'ai déjà dit : avec tous les nationalistes, pas avec la droite, dont on sait qu'elle porte un projet qui n'est pas conforme aux nôtres, pas davantage avec d'autres forces, dont je pense qu'elles ne sont pas compatibles avec ce que nous incarnons et avec l'espoir que nous portons. Ensuite, je fais partie de ceux qui sont, je crois, les seuls à dire qu'ils ne pourront pas gouverner seul. Je le dis clairement, j'entends ici ou là que l'on tenterait des cavaliers seuls, tant du côté de nos opposants que d'une partie de l'actuelle majorité. Je pense que c'est naïf, que c'est stérile et que ça ne sert pas l'intérêt de la Corse. L'intérêt de l’île, c'est le rassemblement autour d'un projet et je m'y emploierai en espérant arriver en tête au soir du premier tour.

Retrouvez l'intégralité de l'entretien de campagne de Jean-Christophe Angelini :

Choix de la station

À venir dansDanssecondess