Politique

Territoriales : tout sauf les « natios » ?

Par Hélène Battini, Patrick Vinciguerra et Patrick Rossi, France Bleu RCFM vendredi 13 octobre 2017 à 9:12

L'assemblée de Corse à Ajaccio - Territoriales : tout sauf les « natios » ?
L'assemblée de Corse à Ajaccio - Territoriales : tout sauf les « natios » ? © Maxppp - maxppp

Les élections territoriales en Corse se dérouleront les 3 et 10 décembre prochain. Alors que de nombreuses négociations sont en cours, à gauche une coalition s’organise, elle pourrait s’étendre jusqu’au front républicain antinationaliste.

Alors que les dates des 10 et 17 décembre avaient été avancés, les élections territoriales se dérouleront finalement les 3 et 10 décembre. Le décret devrait être publié ce vendredi dans le journal officiel. Les candidats pourront commencer à déposer leur liste dès la fin du mois, en principe jusqu'au 6 novembre. Les délais sont courts. Une dizaine de listes devraient se retrouver sur la ligne de départ. Des incertitudes demeurent, car toutes ne sont pas bouclées - loin s'en faut - et surtout dans certains camps les tractations se poursuivent.

Deuxième réunion en moins d'une semaine à gauche

Les négociations continuent, notamment pour ces personnalités politiques venues de divers horizons, mais principalement de la gauche républicaine, qui veulent à tout prix faire barrage à l'actuelle majorité territoriale et proposer une alternative à la liste Orsucci/Orlandi, jugée un peu trop nationalo-compatible. Une gauche soucieuse de se reconstruire en tirant les leçons des échecs passés. Ce jeudi soir ces personnalités, plus d'une trentaine, de François Tatti à Jean Zuccarelli, en passant par Maria Guidicelli et Paul-Marie Bartoli, se sont retrouvées à Corte.

Un « front » contre les nationalistes ?

il faut que nous soyons prêts non seulement à un large rassemblement à gauche mais également à l’élargir à d’autres familles politiques, notamment la droite

Pour ne pas laisser le champ libre aux nationalistes ces élus dits de gauche ont bâti un projet politique répondant aux attentes de la Corse. Une Corse inscrite plus que jamais dans la république selon François Tatti, chef d'orchestre de ce rassemblement. « Notre projet politique est largement influencé par la situation économique et sociale de la Corse mais aussi par le fait que nous avons des nationalistes au pouvoir, que nous avons un rassemblement de toutes les forces nationalistes qui désormais affichent leur volonté d’aller vers une autodétermination et l’indépendance. On ne peut pas dire qu’il y a des modérés, des indépendantistes et des nationalistes de différents ordres, tous souhaitent clairement l’indépendance de la Corse, c’est une question de stratégie et de durée. Il nous appartient à nous de dire que souhaitons développer la Corse, l’émanciper mais dans le cadre de la république française mais pour cela il faut que nous soyons prêts non seulement à un large rassemblement à gauche mais également à l’élargir à d’autres familles politiques, notamment la droite, qui peuvent se reconnaitre dans ce genre de démarche. »

Ne manquait que Michel Barat, un absent pourtant très présent dans les têtes. L'ancien recteur pourrait servir de catalyseur et permettre -pourquoi pas - d'obtenir l'investiture En Marche. Une rencontre avec l'ancien recteur devrait avoir lieu très prochainement. L'objectif est clair : battre les nationalistes en décembre prochain et s'il le faut, entre les deux tours, constituer un front républicain pour y parvenir. Reste à désigner un chef de file et attendre la décision de la commission nationale d'investiture de la République en Marche. Elle se réunira samedi matin.