Politique

Toulouse - Le "plan terrasses" de la mairie inquiète les professionnels mais plaît aux riverains

Par Jean Saint-Marc et Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse dimanche 25 septembre 2016 à 12:16

La mairie veut plus encadrer l'implantation des terrasses
La mairie veut plus encadrer l'implantation des terrasses © Radio France - Bénédicte Dupont

Le nouveau "plan terrasses" de la mairie de Toulouse doit entrer en vigueur en janvier prochain. Il prévoit un nouveau mode de calcul des surfaces, l'interdiction des terrasses montées en bois sur des places de parking et plus de contrôles, avec plus de sanctions. Les restaurateurs sont mécontents.

"On doit louvoyer entre les chaises ! Les terrasses prennent trop de place" – une piétonne en colère

A Toulouse, il y avait 700 terrasses en 2009 ; il y en a 900 aujourd'hui. "Elles prennent trop de place !" râle Yvonne, retraitée qui vit rue du Rempart Saint-Etienne : "la place Saint-Georges par exemple ils se sont étendus.. Nous les piétons on doit louvoyer entre les chaises." C'est vrai, ça arrive reconnaît Meredith, serveuse dans un coffee-shop de Saint Aubin : "Franchement je ne vais pas mentir, on ne fait pas attention ! On vérifie juste que les parasols ne dépassent pas trop"

Toujours 1m40 minimum pour le passage mais plus de sanctions

La mairie de Toulouse a donc décider de durcir la réglementation. La règle générale reste la même -avec un minimum d'un mètres quarante pour les piétons - mais les contrôles seront plus fréquents et les sanctions plus importantes : deux avertissements pour dépassement, trois jours de fermeture. Quatre avertissements : fermeture définitive! Par ailleurs, ce plan prévoit un nouveau mode de calcul de la surface des terrasses et une nouvelle instance de négociation avec les professionnels. Enfin, le Capitole n'attribuera plus de nouvelles terrasses en bois, installées sur des places de parking, les "platelages".

"L'été si on n'a pas de terrasse, à Toulouse, on crève !" – Ivo Danaf de l'UMIH 31

"Il y a vraiment peu de places occupées et ça sauve des emplois, ça sauve des commerçants ! Parce que l'été si on n'a pas de terrasse à Toulouse, on crève ! Et elles ne gênent pas les riverains ces terrasses en bois" s'offusque Ivo Danaf, président général de l'UMIH (Union des métiers et des industries de l’hôtellerie) à Toulouse. "C'est bien de mieux encadrer mais l'objectif c'est de réduire la surface totale... La majorité des commerçants paye pour la minorité qui créée des nuisances."

Une terrasse sauvage rue Peyrolières à Toulouse - Radio France
Une terrasse sauvage rue Peyrolières à Toulouse © Radio France - Jean Marc Pérez

Certains riverains aimeraient que la mairie aille plus loin contre les terrasses. C'est le cas du collectif Droit au sommeil qui vient de se créer à Toulouse : "à Toulouse l'option festive est devenue un droit, le sommeil une option" disent-ils.

Un "Grenelle" des terrasses

Jean-Jacques Bolzan, l'adjoint au maire en charge des commerces, veut que l'espace public appartienne à tous. "Il s'agit de trouver le juste équilibre. Mais pour ceux qui dépassent et débordent il faut appliquer les sanctions!" Comme pour la brasserie des Arcades place du Capitole qui a eu trois jours de suspension de terrasse début septembre. "On ne cède à aucune pression des riverains ! Ce plan c'est le fruit d'une concertation, on ne cède ni au lobby de l'alcool ni à celui des riverains".

"Toulouse est la ville où il y a le plus de mutation en terme de commerces de bouche et une évolution démographique importante. Ce plan était donc nécessaire" Jean-Jacques Bolzan, adjoint au maire

Et vous qu'en pensez-vous ? Faut-il laisser les terrasses se développer ou les limiter ? Vous nous le dites ce lundi matin, à 8h10, au 05.34.43.31.31. C'est la question du jour de France Bleu Toulouse.