Politique

UMP : Copé accusé d'avoir été trop généreux avec une agence tenue par des proches

France Bleu jeudi 27 février 2014 à 8:28 Mis à jour le jeudi 27 février 2014 à 9:20

Jean-François Copé UMP
Jean-François Copé UMP © MAXPPP

Selon l'hebdomadaire Le Point, l'actuel président de l'UMP Jean-François Copé aurait surfacturé l'organisation des meetings de la campagne présidentielle de 2012. En tout, pas moins de huit millions d'euros auraient été attribués à une agence de communication appartenant à deux de ses anciens collaborateurs. Pour le député UMP Lionel Tardy, "tout le monde savait" dans le parti.

Huit millions d'euros : c'est plus de la moitié de ce que l'UMP devait combler dans ses caisses, lors de la souscription nationale lancée l'été dernier. C'est aussi la somme qui aurait été versée à une filiale de Bygmalion , une agence de communication, pour organiser les meetings de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, selon les informations du Point .

Problème : cette agence appartient à deux anciens proches collaborateurs de Jean-François Copé, à l'époque secrétaire général du parti. L'actuel président de l'UMP est soupçonné d'avoir fait preuve de favoritisme envers cette agence de communication, en multipliant les commandes entre 2010 et 2012.

"Tout le monde savait"

Avec un point d'orgue en 2012, donc, pendant la campagne électorale : selon Le Point , qui s'est procuré des documents, certaines prestations, comme les frais d'éclairage ou de retransmission vidéo, ont été facturées parfois le double du prix habituel. Un "hold-up" pour certains membres du parti, selon l'hebdomadaire.

Sur son compte Twitter, le député de Haute-Savoie Lionel Tardy affirme que l'affaire n'était pas secrète à l'UMP. "C'est pour cette raison que je n'ai pas participé au Sarkothon ", explique-t-il :

Un montage financier douteux 

Le Point , qui pose la question "Sarkozy a-t-il été volé", affirme de plus qu'outre les deux anciens collaborateurs de Copé (à la mairie de Meaux puis dans ses cabinets ministériels), Bygmalion dispose d'un autre actionnaire au Luxembourg . Il s'agit d'une SARL appartenant à un gestionnaire de fonds lié au Qatar, Emmanuel Limido.

Ce dernier aurait servi d'intermédiaire pour la vente de deux biens immobiliers de l'Etat au Qatar, alors que Jean-François Copé était ministre du Budget. Et entre les deux transactions, il aurait embauché selon Le Point Guy Alves, chef de cabinet de Copé, devenu depuis le patron de Bygmalion. 

Selon le directeur de cabinet de Jean-François Copé, Jérôme Lavrillieux, ces accusations sont "du grand n'importe quoi". Le président de l'UMP devrait porter plainte dès ce jeudi pour diffamation , selon lui. 

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