Politique

Un conseiller de François Hollande soupçonné de conflit d'intérêt

France Bleu vendredi 18 avril 2014 à 8:02 Mis à jour le vendredi 18 avril 2014 à 9:20

Aquilino Morelle, conseiller de François Hollande
Aquilino Morelle, conseiller de François Hollande © MaxPPP

Aquilino Morelle, proche conseiller du président de la République, est accusé par le site Mediapart d'avoir travaillé "en cachette" pour des laboratoires pharmaceutiques, à l'époque où il était inspecteur général des affaires sociales. L'intéressé a formellement démenti ces accusations. Mais plusieurs membres de l'entourage de François Hollande demandent sa démission.

C'est à lui que l'on doit, notamment, le fameux discours du Bourget, prononcé par François Hollande en 2012 au début de sa campagne pour les présidentielles. Aquilino Morelle, proche conseiller du Président, est dans la tourmente depuis que le site d'information Mediapart a publié , jeudi, une enquête le soupçonnant de conflit d'intérêt.

Pas de demande d'autorisation pour exercer des activités parallèles ?

Selon Mediapart, en 2007, alors qu'Aquilino Morelle était Inspecteur général des affaires sociales et rédigeait un rapport sur les programmes d'acccompagnement des patients "financés par les entreprises pharmaceutiques ", il travaillait également pour Lündbeck, un laboratoire danois, et aurait organisé deux rendez-vous entre ce laboratoire et le Comité économique des produits de santé, chargé de fixer le prix des médicaments (et leur taux de remboursement par la sécurité sociale).

Mediapart affirme qu'aucune trace de demande d'autorisation à l'Inspection générale des Affaires sociales n'a été trouvée pour les activités dénoncées en 2007, alors que cela est obligatoire. Une autorisation existe pour des cours à l'Université, mais "aucune autre autorisation n'a été retrouvée ". Aquilino Morelle affirme lui-même "ne pas avoir retrouvé la trace de ces démarches en dépit de ses recherches ". 

"République exemplaire"

Dans l'entourage de François Hollande, certaines sources affirment qu'il est "compliqué qu'on le garde ", en particulier dans un contexte où l'on demande "une République exemplaire" : "Légalement, on ne peut rien lui reprocher. Il en va autrement politiquement et moralement. Dans le contexte actuel, le Président ne peut pas prendre le risque de le garder "

Invité vendredi matin sur iTélé, le nouveau premier secrétaire du Parti Socialiste Jean-Christophe Cambadélis, a affirmé que la question de la démission du conseille de François Hollande était à poser si les faits sont avérés :

"Si ce qui se dit est vérifié, je ne vois pas comment il peut rester. Mais si ce n'est pas vrai, il faut qu'il s'exlique, il faut une grande explication pour que l'on puisse y voir clair. Il faut qu'il le fasse vite et qu'il s'explique, qu'on puisse le juger sur pièces". — Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS

Sur Twitter, le député des Français de l'étranger Philip Cordery demande la démission d'Aquilino Morelle :

Partager sur :