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Un éleveur des Landes appelle les députés à s'opposer au Ceta

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Les députés doivent se prononcer ce mardi sur le Ceta, un accord de libre échange entre l'Union européenne et le Canada. Le traité, très décrié par la profession agricole, prévoit notamment la suppression des droits de douane pour presque tous les produits.

Nicolas Lapeyre a créé sa ferme, la SCEA de Cap à l'estelle, il y a 13 ans. Il élève des bovins et des volailles.
Nicolas Lapeyre a créé sa ferme, la SCEA de Cap à l'estelle, il y a 13 ans. Il élève des bovins et des volailles. © Radio France - Justine Hagard

C'est jour de vote à l'Assemblée nationale. Ce mardi, les députés doivent se prononcer sur le Ceta, un accord de libre-échange unissant l'Union européenne et le Canada . Mais ce traité, adopté par le gouvernement le 3 juillet dernier, est très décrié par la profession agricole

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Nicolas Lapeyre est éleveur de bovins et de volailles à Tercis-les-Bains, près de Dax. Il est membre de la FDSEA des Landes, un syndicat professionnel agricole. Sa crainte, c'est que les franchises douanières prévues par l'accord, c'est-à-dire la suppression des droits de douane, favorisent la mise en place d'une concurrence déloyale entre les produits français et ceux importés du Canada.

Les produits importés vont concurrencer nos filières de qualité

"Il y a déjà 60 000 tonnes de viande qui rentrent en Europe en franchise douanière. On va en rajouter 90 000 tonnes, pour un total de 150 000 tonnes. Même si cela représente environ 1% de la consommation européenne, le marché se retrouvera déstabilisé, puisque les produits importés seront des morceaux dits ‘nobles’ – des aloyaux, des cuisses – qui vont directement venir concurrencer nos filières de qualité", explique-t-il. Avant d'ajouter, pragmatique : "Vont se retrouver sur le marché de la volaille et du bœuf moins cher, et on sait très bien que les consommateurs sont en attente de prix abordables pour pouvoir boucler leurs fins de mois."

Pour l'éleveur, la ratification du Ceta entraînerait la mise en danger des exploitations françaises. "Moi, je me demande à quoi ça sert qu’on sauve l’abattoir d’Hagetmau si derrière, on nous envoie des pièces déjà découpés. Ce n’est pas la peine", raconte-t-il, médusé.

Avant de créer son exploitation, Nicolas Lapeyre était berger dans les Pyrénées. © Radio France - Justine Hagard

La qualité des produits importés en question

Un autre aspect de l'accord inquiète le chef d'entreprise : la qualité des produits importés. "En Amérique du Nord, on a le droit d’utiliser des farines de viande qui sont interdites en Europe. On a le droit d’utiliser des antibiotiques comme facteurs de croissance, comme anabolisants, ce qui est aussi interdit en Europe", précise-t-il. 

L'utilisation de ces substances ne permet pas, selon lui, de garantir aux consommateurs des produits de bonne qualité : "Je ne comprends pas que les consommateurs acceptent de manger cette nourriture nord-américaine compte-tenu des effets néfastes que cela peut avoir sur la santé."

Dans une tribune publiée ce lundi, l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot appelle, lui aussi, les députés à voter contre la ratification du Ceta.

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