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Politique

Un élu puydômois menacé de mort après son coup de gueule contre le vote Front National

vendredi 12 mai 2017 à 10:16 Par Juliette Micheneau, France Bleu Pays d'Auvergne et France Bleu

Son texte publié sur Facebook après le 1er tour de la présidentielle fait le buzz sur la toile. Eric Gold, adjoint à Saint-Priest-Bramefant voulait mettre les électeurs FN de sa commune face à leurs contradictions. Il a depuis reçu beaucoup de soutiens, mais aussi des insultes et menaces de mort.

A Saint-Priest-Bramefant, 154 électeurs sur 714 inscrits ont choisi le Front National au 1er tour de la présidentielle.
A Saint-Priest-Bramefant, 154 électeurs sur 714 inscrits ont choisi le Front National au 1er tour de la présidentielle. © Maxppp - Baziz Chibane

Saint-Priest-Bramefant, France

Tout a démarré après le 1er tour de l'élection présidentielle à Saint-Priest-Bramefant, commune dont Eric Gold a été maire avant de laisser la main pour prendre la présidence de la Communauté de communes Plaine Limagne. Dans ce village de moins d'un millier d'habitants, sur 573 votants, 154 ont glissé un bulletin Marine Le Pen dans l'urne, plaçant la candidate du Front national en tête du scrutin. L'élu est atterré et décide d'écrire ce qu'il a sur le cœur dans un long message qu'il publie le 4 mai sur sa page Facebook.

"En vérité, c'était un plaidoyer sur le vivre ensemble", explique Eric Gold. "J'expliquais que le rôle des élus, ce n'est pas simplement de boucher les trous sur les routes, mais de permettre aux gens de prendre un peu de hauteur".

L'élu a choisi le second degré et met les électeurs frontistes face à leurs contradictions en s'adressant directement à eux : "A toi, Pierrick, qui pense que l’on ne peut plus sortir tranquille, je veux simplement te rappeler que la dernière fois que quelqu’un s’est fait molester à Saint-Priest tu n’étais pas né… A toi Emile, qui pestes contre toutes ces aides sociales, je te rappelle que tu es celui qui a bénéficié des plus gros montants au titre de l’aide de la collectivité pour l’habitat et que ta mère perçoit l’APA."

Le buzz a été lancé par le Canard Enchaîné qui a repris des extraits du texte d'Eric Gold. - Radio France
Le buzz a été lancé par le Canard Enchaîné qui a repris des extraits du texte d'Eric Gold. © Radio France - Juliette Micheneau

Invité de France Bleu Pays d’Auvergne, Eric Gold justifie sa démarche : "C'était un peu du second degré. Les prénoms ne sont pas les bons bien évidemment. Je voulais que tout le monde se reconnaisse dans chaque prénom. N'importe qui, y compris moi, un jour je me suis dit "purée", avec ce que je vois à la télé, bientôt je ne pourrai plus sortir de chez moi. [...] Je ne les blâme pas les électeurs du Front National, parce qu'on a tous été frustré. Mais je trouvais que ceux qui faisaient ressortir cette frustration dans l'isoloir, ce n'était pas cohérent avec ce qu'ils vivaient tous les jours à Saint-Priest-Bramefant."

Les soutiens, puis les menaces

Dans la foulée de sa publication, Eric Gold va recevoir des encouragements et des soutiens, d'anonymes comme d'élus, puis tout s'emballe avec la publication en première page du Canard Enchaîné, d'extraits de son texte. L'histoire est reprise par les médias nationaux et l'élu assiste alors à un déferlement de haine. "Collabo", "délateur", les insultes fusent sur les réseaux sociaux et les commentaires haineux arrivent d'internautes de toute la France. Les menaces arrivent jusque chez lui, courrier, coups de fil au point qu'Eric Gold a alerté la police.

Et si c'était à refaire ? "L'objectif du texte, c'était susciter la réflexion. Ça marche plutôt pas mal. Après moi je discute avec les gens, mais pas sous la menace. Je ne change rien au fond du texte, je trouve juste dommage que des gens l'aient pris au premier degré."

Dimanche dernier c'est Emmanuel Macron qui est arrivé en tête à Saint-Priest-Bramefant. Marine Le Pen a décroché 183 voix.