Politique

Une cohésion difficile pour la gauche après le vote de justesse du programme de stabilité ?

France Bleu mercredi 30 avril 2014 à 8:48

Manuel Valls, mardi à l'Assemblée nationale
Manuel Valls, mardi à l'Assemblée nationale © MaxPPP

C'est un fait inédit depuis le début du mandat de François Hollande : plus de 40 députés de la majorité n'ont pas voté le programme de stabilité proposé par Manuel Valls, mardi soir à l'Assemblée. Même si la majorité des socialistes reste mobilisée derrière le gouvernement, les futurs débats pourraient être plus difficiles.

Ils sont 41 à s'être abstenus... et 3 à avoir voté contre le programme de stabilité du gouvernement, mardi soir à l'Assemblée nationale. En tout, 44 des 291 députés du groupe socialiste à l'Assemblée ont choisi de ne pas voter ce texte , alors même que Manuel Valls avait évoqué un vote " qui conditionne à la fois la légitimité du gouvernement , sa capacité à gouverner, et, surtout, la crédibilité de la France ".

C'est un record depuis le début du mandat de François Hollande en 2012, et, surtout, c'est 30 de plus qu'il y a seulement deux semaines : le 8 avril, seuls 11 députés socialistes s'étaient abstenus lors du vote de confiance à Manuel Valls, et aucun n'avait voté contre. Selon le patron du groupe PS, Bruno Le Roux, c'est "trop d'abstentions mais clairement une majorité de gauche ".

Vers un divorce des députés ?

"C'est une expression politique mature, mûrie, par un groupe qui est blessé par le choc politique des municipales et par le sentiment qu'il a que les deux premières années n'ont pas tenu leurs promesses ", explique Christian Paul, l'un des principaux membres de la "fronde" menée contre les mesures du Premier ministre. Et encore, selon un autre député, les allègements du plan d'économies annoncés lundi ont permis de "ramener 30 députés " dans la majorité favorable à Manuel Valls. 

Problème : désormais, il va falloir mettre en oeuvre, en pratique, ce plan d'économies, désormais. De nouveaux votes budgétaires s'annoncent dès le mois de juin, et les débats pourraient être tendus. Pour autant, "on n'est pas condamnés au bras de fer " assure Christian Paul . "Je pense que Manuel Valls est tout à fait capable de trouver un mode de dialogue avec un Parlement vivant ", ajoute-t-il. 

Pourtant, certains envisagent déjà l'hypothèse la plus extrême. Alors que dans l'entourage de François Hollande, on estime que la majorité de gauche "ne peut que renforcer dans les votes postérieurs ", le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux, évoque la possibilité d'un divorce avec les parlementaires qui se distinguent de la position du parti. "Quand on n'arrive plus à vivre ensemble, on en tire généralement des conclusions " , a-t-il prévenu.

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