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CARTE - Canicule : 15 départements toujours en vigilance rouge, 54 désormais en orange

Une poignée de commerçants résiste à la destruction de l'avenue de Lyon à Toulouse

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Par , France Bleu Occitanie

Quatre immeubles situés en haut de l'avenue de Lyon vont être rasés dans les prochaines semaines. C'est la première étape du plan de destruction du quartier dans le cadre du projet "Grand Matabiau quais d'Oc". Plusieurs commerçants et habitants sont toujours là. Ils ne savent pas où ils vont aller.

Les premiers numéros de l'avenue de Lyon vont être détruits début mars.
Les premiers numéros de l'avenue de Lyon vont être détruits début mars. © Radio France - Pauline Renoir

L'avenue de Lyon dans le quartier Matabiau pourrait servir de décor à un film d'horreur. Des fenêtres murées, des murs tagués, des vitrines condamnées. Les quatre premiers immeubles (côté Canal du Midi) vont être rasés dans les prochaines semaines. "Avant début mars," promet la mairie. C'est la première étape de la restructuration du quartier pour "moderniser" Matabiau, ex-projet "TESO." La livraison est envisagée en plusieurs phases entre 2022 et 2030. 

"Je n'imagine pas le quartier sans ses briques rouges"

Toulouse Métropole a racheté 80% des logements et presque tous les habitants ont quitté leur domicile indique à France Bleu Occitanie le premier adjoint toulousain Jean-Michel Lattes. "Ceux qui restent seront expropriés s'ils n'acceptent pas une transaction à l'amiable," précise l'élu. Au total, la Métropole aura dépensé 70 millions d'euros pour racheter les 455 lots de l'avenue. Problème : certaines familles qui ont dû partir sont encore en attente d'un relogement. "Une trentaine", détaille Jean-Michel Lattes. "Ils seront réinstallés dans des logements sociaux," promet le premier adjoint. 

Les passants curieux observent à travers les vitrines condamnées l'avancée des travaux. "Ils sont en train de désamianter avant de raser," avance Jean-Pierre. Marie observe la rue d'un air triste. "Je viens ici depuis que je suis petite, je me rends dans les épiceries de nuit quand je termine tard le travail, tout ça, c'est terminé," déplore la jeune femme. "Je n'imagine pas le quartier sans ses briques rouges," sourit-elle. Les immeubles vont être remplacés par 700 logements et bureaux neufs

"C'est du harcèlement" 

Une poignée de commerçants ouvre encore leurs portes mais ne savent pas à quelle sauce ils vont être mangés. "Ils nous ont tués, tous mes clients ont été relogés ou expulsés alors on ne travaille plus mais les charges sont les mêmes !" Madame Birka est indignée. Elle tient tant bien que mal l'unique boulangerie de l'avenue de Lyon. Mais les clients se font rares. Le propriétaire du local est en négociation avec la Métropole pour le rachat de son bien. La gérante ne sait pas à quel endroit elle va pouvoir poursuivre son activité, ni quand. 

Une situation très inconfortable que subit aussi Afifa. Elle est la gérante d'un cabinet de domiciliation d'entreprises et propose des salles de réunion à louer. Mais voilà trois mois qu'aucun client n'a franchi le pas de sa porte. "Tout le monde pense qu'on est fermés parce que le quartier est devenu désert," déplore-t-elle. De plus, Afifa a subi plusieurs dégâts des eaux qui n'ont pas été réparés. "Le syndic de l'immeuble et l'établissement public foncier de Toulouse se renvoient la balle. La commerçante est fataliste. "Il n'y aura jamais de réparation parce qu'ils vont raser." En attendant, son activité se poursuit mais avec 50% de perte de chiffre d'affaires. "C'est du harcèlement," souffle Afifa. "Ils font fermer tous les commerces autour pour nous mettre la pression et nous faire partir," dénonce-t-elle. 

Accélérer la mutation du quartier 

"Les derniers habitants vont devoir partir." Jean-Michel Lattes, premier adjoint à la mairie de Toulouse, est clair. La déclaration d'utilité publique (DUP) obtenue en décembre 2019 permet le rachat des appartements et l'expropriation même sans l'accord des propriétaires. "C'est un quartier en fin de vie donc il faut avancer," Aux commerçants qui estiment que la somme qu'on leur propose est insuffisante, Jean-Michel Lattes répond en dédouanant la Métropole. "C'est le tribunal administratif qui tranche sur le prix," explique-t-il.  "On peut imaginer un monde idéal mais maintenant il faut passer à l'étape supérieure, on compte dix ans d'insalubrité !" 

Studio cherche nouvelle maison 

Reste l'épineux dossier du Studio Condorcet. Des artistes de légendes ont enregistré ici : Francis Cabrel, Jean-Pierre Mader, Emile Wandelmer, Zebda... Tous ont un lien fort avec Toulouse, l'Occitanie et ce studio. Son gérant, Olivier Cussac, compositeur et attaché au studio depuis quatorze ans, a lancé une pétition pour sauver ce studio situé au 12 bis avenue de Lyon en septembre 2020. La métropole assure que "plusieurs propositions" ont été faites au studio pour une nouvelle installation. Francis Grass, l'adjoint à la culture estime que le studio appartient à un "patrimoine immatériel" et que sa destruction ne rencontre pas d'obstacle. "Regardez l'environnement du lieu, il n'a rien de caractéristique même si ce morceau de maison a vu défiler des artistes célèbres," argumente-t-il. De plus, il ajoute que ce lieu est privé et que c'est au studio de trouver une solution de réinstallation. 

La démolition de l'avenue de Lyon va se faire au fil des numéros : d'abord les premiers lots côté Canal du Midi en mars puis jusqu'au pont de la voie ferrée. 

L'avenue de Lyon en images 

Le célèbre Cubano Club va être détruit dans le cadre du plan de restructuration de l'avenue de Lyon, quartier Matabiau.
Le célèbre Cubano Club va être détruit dans le cadre du plan de restructuration de l'avenue de Lyon, quartier Matabiau. © Radio France - Pauline Renoir
La plupart des habitants sont partis, les fenêtres sont murées pour empêcher les squatteurs de s'installer.
La plupart des habitants sont partis, les fenêtres sont murées pour empêcher les squatteurs de s'installer. © Radio France - Pauline Renoir
Une poignée de commerces résiste même si la plupart ont revendu leurs murs à la métropole toulousaine. Ceux qui sont partis ont désormais leurs devantures murées.
Une poignée de commerces résiste même si la plupart ont revendu leurs murs à la métropole toulousaine. Ceux qui sont partis ont désormais leurs devantures murées. © Radio France - Pauline Renoir
Julien Barbagallo, le batteur du groupe australien "Tame Impala" est originaire d'Albi. Il est venu jouer mardi au studio Condorcet.
Julien Barbagallo, le batteur du groupe australien "Tame Impala" est originaire d'Albi. Il est venu jouer mardi au studio Condorcet. © Radio France - Pauline Renoir
Le studio Condorcet vit et enregistre encore. Son gérant le défend dans une pétition.
Le studio Condorcet vit et enregistre encore. Son gérant le défend dans une pétition. © Radio France - Pauline Renoir
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