Politique

Vers l’annulation des élections municipales 2014 à Morhange

Par Armêl Balogog, France Bleu Lorraine Nord mercredi 25 février 2015 à 19:23

Le Conseil d'Etat
Le Conseil d'Etat © Maxppp

Mercredi 25 février, le rapporteur a rendu ses conclusions au Conseil d’Etat : il est favorable à l’annulation des élections municipales 2014 de Morhange. Cette décision a été prise en juin 2014 par le tribunal administratif de Strasbourg, mais Jacques Idoux, le maire de la commune, avait fait appel. Le Conseil d’Etat devrait statuer définitivement dans les prochaines semaines.

Le feuilleton électoral continue à Morhange. La réélection de Jacques Idoux à la mairie en 2014 risque d’être annulée dans les prochaines semaines. Le rapporteur a remis un avis dans ce sens au Conseil d’Etat, le mercredi 25 février 2015 .

Au lendemain des élections municipales 2014, Claude Bitte, l’opposant de Jacques Idoux, avait contesté le scrutin. Il a constaté des irrégularités au cours de la campagne du maire sortant : abus de propagande, mise en place de services à la personne, offre de bons d’achats et de tickets de manège. Le tribunal administratif de Strasbourg a retenu deux arguments forts : une différence entre le nombre de bulletins de vote déposés dans l’urne et le nombre d’émargements, ainsi qu’une grande quantité de procurations pour les personnes âgées faites au nom d'un colistier de Jacques Idoux. L’étude de ces éléments a conduit à l’annulation des élections par le tribunal en juin 2014 . Mais le maire a souhaité faire appel de cette décision auprès du Conseil d’Etat.

Après avoir reçu les conclusions du rapporteur, le Conseil d’Etat va étudier le dossier et statuera dans les prochaines semaines. Deux alternatives sont possibles  : ou bien les élections sont validées et M. Idoux reste maire de Morhange, ou bien elles sont invalidées et de nouvelles élections sont organisées. Jacques Idoux a déjà annoncé qu’il sera candidat.

Des tracts politiques dans les boîtes aux lettres

Dans l’attente, Claude Bitte et Jacques Idoux font circuler des tracts dans la commune. Ils règlent leur linge sale en public. Dans leurs derniers, Claude Bitte écrit : « Ce recours au Conseil d’Etat lui permet d’organiser ses basses manœuvres, d’abuser les gens, de bercer les Morhangeois d’illusions et de fausses promesses. […] Idoux se moque de vous, habitants de Morhange ! » Ce à quoi Jacques Idoux répond « Nous n’avons jamais triché, je le jure sur mon honneur et de ce fait, ne pouvant laisser M. Claude Bitte et sa bande laisser croire aux Morhangeois que nous méritons ce verdict, on a fait appel. Au grand désespoir de M. Claude Bitte, qui se moque des morhangeois par autant d’audace dans ses attaques, et qui se voyait déjà « en haut de l’affiche… ». » M. Idoux critique également le président de l'Union des commerçants de Morhange (UCAME), Sylvain Parmentier, tenancier de la Brasserie de la Rep. Tous les habitants de Morhange reçoivent ces tracts dans leurs boîtes aux lettres. Ils sont confrontés quotidiennement aux querelles politiques.

« Ca commence à nous gaver leurs histoires. »

Cet étalage « nuit à l’image de la commune » selon les habitants. Le climat se dégrade et les Morhangeois osent à peine parler de la situation. « Les gens ont peur de Jacques Idoux. Certains me disent qu’il a dit qu’il savait tout. » confie Armelle, la gérante du salon Armelle S’Thétique. D’autres parviennent à prendre leurs distances, mais pour eux, comme Sajib, les deux camps sont des « gamins » . « Ca commence à nous gaver leurs histoires. […] C’est des histoires de bacs à sable. Ca n’a ni queue ni tête, ça ne ressemble à rien. C’est du grand n’importe quoi. » s'énerve-t-il.**

Le Conseil d’Etat n’a aucune obligation envers l’avis du rapporteur, même s'il est fréquent qu’il le suive. Dans ce cas, un nouveau scrutin sera organisé, et les candidats devront encore faire campagne. Alors la ville de Morhange ne retrouvera pas son calme avant quelques mois.

 

Modification 27/02/2015 : Le Consiel d'Etat annule les élections municipales 2014 de Morhange . Il l'a annoncé le soir du vendredi 27 février, l'étude du dossier a été très rapide. De nouvelles élections devront être organisées par la commune.