Politique

Vexés par Manuel Valls, les députés UMP boycottent les questions au gouvernement

France Bleu mercredi 26 février 2014 à 8:22 Mis à jour le mercredi 26 février 2014 à 11:25

L'assemblée nationale
L'assemblée nationale © Maxppp

C'est un fait extrêmement rare dans l'histoire politique de la France : ce mercredi après-midi, il n'y aura aucun député UMP dans les rangs de l'Assemblée nationale pendant la séance de questions au gouvernement. Les élus d'opposition veulent protester contre les propos de Manuel Valls, qui a pointé du doigt le passé d'extrême-droite d'un député.

A droite, les bancs de l'Assemblée nationale resteront vides ce mercredi après-midi, pendant les questions au gouvernement. Les députés UMP ont décidé de boycotter la séance de questions , après la sortie du Ministre de l'Intérieur Manuel Valls sur le "passé d'extrême-droite " de Claude Goasguen, député UMP et maire du 16e arrondissement de Paris.

Mardi, lors d'une passe d'armes entre le ministre et les députés UMP sur les violences qui ont eu lieu pendant la manifestation d'opposition au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, samedi à Nantes. Accusé d'être complaisant avec "l'extrême-gauche antifasciste ", Manuel Valls a lancé :

"Contrairement à vous, nous ne sommes complaisants avec personne, vous, vous avaient été complaisants avec ceux qui s'en prenaient aux valeurs de la République. Monsieur Goasguen, vous en venez, vous, de l'extrême-droite, vous savez ce qu'il en est".

Un seul précédent, en 2009

Selon le chef des députés UMP Christian Jacob, les propos de Manuel Valls auraient dû "a minima être condamnés par le Premier ministre ". "Ces questions au gouvernement n'ont plus aucun sens, aucun intérêt pour nous " si Jean-Marc Ayrault ne s'excuse pas , a fait savoir Christian Jacob.

Claude Goasguen, de son côté, a formellement démenti avoir appartenu à un mouvement d'extrême-droite, en l'occurence le mouvement Occident, à la fin des années 60 : "Je n'ai jamais été membre d'Occident, mais président de la Corpo d'Assas ", un syndicat étudiant de droite, a-t-il affirmé. 

Un tel boycott des questions au gouvernement n'a eu lieu qu'une seule fois depuis la création de ces sessions en 1974. C'était en 2009 : les députés PS avaient laissé leurs bancs vides pendant plusieurs séances d'affilée. Ils protestaient contre une réforme du règlement de l'Assemblée nationale.