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Politique DOSSIER : Élections territoriales en Corse

VIDÉOS - Corse : ce qu'il faut savoir sur les élections territoriales des 3 et 10 décembre

lundi 20 novembre 2017 à 6:08 Par Olivier Uguen et Patrick Vinciguerra, France Bleu RCFM et France Bleu

Les élections territoriales se tiennent les 3 et 10 décembre en Corse. Elles visent à élire la collectivité territoriale unique qui verra le jour au 1er janvier 2018. C'est une nouvelle page de l'organisation territoriale de la Corse qui s'écrit. Explications.

Les électeurs sont à nouveau appelés aux urnes en Corse les 3 et 10 décembre 2017 à l'occasion des élections territoriales
Les électeurs sont à nouveau appelés aux urnes en Corse les 3 et 10 décembre 2017 à l'occasion des élections territoriales © Maxppp -

Deux ans seulement après celles de décembre 2015, remportées par la coalition nationaliste (Femu a Corsica et Corsica libera), les électeurs sont à nouveau appelés aux urnes en Corse les 3 et 10 décembre 2017 à l'occasion des élections territoriales. Le scrutin doit donner naissance à la nouvelle collectivité territoriale de l'île, qui remplace au 1er janvier 2018 les deux Conseils départementaux et la collectivité territoriale de Corse (CTC) actuelle.

Pourquoi cette nouvelle élection en Corse ? Quel est le mode de scrutin ? Quelles sont les forces en présence ? Comment est née la collectivité unique portée sur les fonts baptismaux le 1er janvier prochain ? N'y a-t-il pas le risque de voir naître, à l'échelle de la Corse, une collectivité mastodonte, omnipotente ? Nous avons interrogé Andria Fazi, maître de conférence en sciences politiques à l'Université de Corse.

Pourquoi les Corses votent-ils à nouveau les 3 et 10 décembre ?

C'est une nouvelle étape de réforme institutionnelle en Corse, la 4e depuis 1982, qui motive l'organisation de ces élections. La nouvelle collectivité naîtra le 1er janvier 2018 de la fusion entre la Collectivité territoriale de Corse (CTC) et les deux conseils départementaux. Soixante-trois sièges de l'assemblée de Corse, qui désignera ensuite le Conseil exécutif de Corse, sont à pourvoir, au lieu de 51 actuellement.

"Considérant la démographie de la Corse, 51 auraient pu suffire si on regarde ce qui se passe autour de nous. Malgré tout, on a considéré que cette fusion pouvait laisser des traces parmi la classe politique régionale et qu'il é(tait préférable d'accroître le nombre de conseillers", explique Andria Fazi.

Les conseillers territoriaux sont en principe élus pour six ans, mais les Corses devront à nouveau voter en mars 2021, dans un peu plus de trois ans pour "réaligner le calendrier électoral corse sur le calendrier continental".

Quel est le mode de scrutin ?

"C'est le même scrutin pour les conseillers régionaux continentaux, sauf que la prime majoritaire n'est que de 18% des sièges au lieu de 25%". La liste qui arrivera en tête au second tour obtiendra une prime de 11 sièges supplémentaires.

Au 1er tour, les listes franchissant le seuil des 5 % des suffrages exprimés peuvent fusionner avec les listes qui auront obtenu plus de 7 %. Ces dernières (+ de 7%) peuvent quant à elles soit se maintenir, soit fusionner. "Cela tient à un attrait de la classe politique régionale pour un système très proportionnel" selon Andria Fazi.

Quelles sont les forces en présence ?

Sept listes ont été déposées pour ces élections territoriales, contre 12 en 2015, 11 en 2010 et 19 en 2004

  • la majorité nationaliste sortante, composée des autonomistes de Gilles Simeoni et des indépendantistes de Jean-Guy Talamoni, fera liste commune
  • une liste d'indépendantistes plus radicaux, Rinnovu, a aussi été déposée
  • à droite, deux listes s'opposent, l'une menée par Jean-Martin Mondoloni, conseiller territorial sortant, et l'autre par Valérie Bozzi, maire de Grosseto (Corse du Sud).
  • une liste En Marche est conduite par le maire de Bonifacio, Jean-Charles Orsucci
  • à gauche, les Insoumis et le PCF font liste commune
  • le Front national se présente également

La gauche dite "républicaine", non communiste, qui a pourtant dirigé la CTC de 2010 à 2015, est la grande absente de ce scrutin.

Pourquoi une collectivité unique en Corse ?

Ce sont les élus de l'assemblée de Corse qui ont demandé la création de cette nouvelle collectivité, qui, contrairement aux statuts particuliers mis en place en 1982, 1992 et à l'occasion des accords de Matignon (loi du 22 janvier 2002), n'a pas nécessité de loi spécifique. Suite à un vœu émis par les élus de Corse et soutenu par le gouvernement, un amendement a été intégré à la loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la République), votée le 7 août 2015 sous le quinquennat Hollande, une réforme territoriale qui a concerné toute la France.

"La Corse, avec ses 9000 km carrés, ses 330000 habitants, ne nécessite pas une division en plusieurs départements", explique Andria Fazi.

En 2015, la Martinique et la Guyane ont également connu une évolution institutionnelle similaire, avec la création de deux nouvelles collectivités en lieu et place des Conseils départementaux et régionaux.

Le passage à la collectivité unique avait été déjà proposé aux Corses par référendum en 2003 à initiative de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, mais les Corses avaient alors dit non.

Une collectivité mastodonte et omnipotente à l'échelle de la Corse ?

La collectivité unique de Corse, c'est deux départements qui fusionnent avec l'actuelle Collectivité territoriale de Corse, un budget de près de 1,3 milliard d'euros, quelque 4500 agents, les compétences des trois collectivités dissoutes : n'y a-t-il pas le risque de voir naître, à l'échelle de la Corse, une collectivité mastodonte, omnipotente ? "Par rapport à certaines collectivités continentales, cela reste une petite collectivité", estime Andria Fazi.

Quant au risque de centralisme ajaccien (l'assemblée et le conseil exécutif de Corse sont et seront tous deux basés à Ajaccio, Bastia accueillant une "chambre des territoires" qui regroupera les élus locaux, les intercommunalités et les communes, et aura un rôle de conseil auprès de la nouvelle assemblée), il est réel mais sera modéré par "la culture politique corse qui reste très localiste".