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VIDEO - Gilbert Meyer, 25 ans maire de Colmar : "J'ai été un bâtisseur"

Gilbert Meyer a été maire de Colmar de 1995 à 2020. Personnalité à part dans le paysage politique alsacien, son image est indissolublement liée à celle de sa ville. Retour en images sur un quart de siècle de mandat.

Gilbert Meyer en 2012 devant le Pôle multimédia de Colmar.
Gilbert Meyer en 2012 devant le Pôle multimédia de Colmar. © Maxppp - Thierry Gachon

Comme une ultime pirouette, mis en difficulté dans les urnes, mais aussi marqué par un accident vasculaire-cérébral, Gilbert Meyer, 78 ans, a choisi de retirer sa liste le 2 juin, juste avant le second tour des élections municipales 2020. Elu une première fois maire de Colmar un 18 juin 1995, réélu à chaque fois au premier tour depuis, il est resté maître de son destin électoral. Alors qu'il quitte sa mairie, France Bleu Alsace revient sur ce quart de siècle de vie politique colmarienne.

L'élection de Gilbert Meyer à la mairie de Colmar, en juin 1995, met fin à un demi-siècle de centrisme municipal. Depuis la Libération, la préfecture du Haut-Rhin n'avait connu que des maires centristes. Gilbert Meyer, 54 ans, RPR, succède à Edmond Gerrer, à qui il avait soufflé le siège de député deux ans plus tôt. Cette fois, le maire sortant ne se représentait pas. La liste Meyer remporte 46,8% des suffrages au second tour.

Les trois élections suivantes sont remportées au premier tour. En 2008, tout ne se passe pourtant pas comme sur des roulettes. Contraint à un second tour par son ancien adjoint Roland Wagner, Gilbert Meyer croit avoir perdu, avant qu'un nouveau décompte lui donne l'avantage, de 149 voix. Ses adversaires déposent un recours, le tribunal administratif annule le scrutin... et il remporte l'élection au premier tour en octobre. Comme le socialiste Serge Rosenblieh auparavant ou l'entrepreneur Bertrand Burger par la suite, personne ne semble en mesure de se placer entre Gilbert Meyer et sa ville.

Une personnalité appréciée ou contestée

Dans les rues de Colmar, il n'est pas rare de voir Gilbert Meyer déambuler et claquer la bise aux passants qu'il connaît. L'élu entretient l'image d'un homme proche des gens, au courant de tout, s'impliquant dans tous les dossiers. "Il y a une interconnexion totale entre ma vie et ma ville" raconte-t-il lors de la présentation de son livre, 20 ans au service des Colmariens.

Cette omniprésence est vue par ses adversaires comme une omnipotence. Certains n'hésitent pas à la traiter d'autocrate, fustigent son autoritarisme, son refus de toute contestation. Quelques épisodes sont restés dans les mémoires. En 2000, six jeunes sont brièvement interpellés pour avoir distribué un tract contre la politique du député-maire, il y est question notamment de l'arrête anti-mendicité pris l'année précédente. En 2009, il menace de couper les subventions pour les voyages scolaires du lycée Camille Sée car des élèves avaient pris part à une manifestation contre la loi Darcos. 

En 2006, le dossier de l'aérodrome est plus sensible : contre l'avis du monde économique, le maire veut fermer l'aérodrome à l'entrée nord de la ville pour le transformer en zone d'activité. Une manifestation réunit 1.500 personnes dont certaines portent un masque...  de Gilbert Meyer. La précédente mobilisation avait été filmée. Un conseiller municipal qui y participait s'était vu retirer sa délégation. Finalement, le dossier se solde par un compromis et le maintien de la plateforme. Mais l'épisode manque de lui coûter la mairie en mars 2008.

Gilbert Meyer à l'inauguration de la 60e Foire aux vins d'Alsace.
Gilbert Meyer à l'inauguration de la 60e Foire aux vins d'Alsace. © Maxppp - Thierry Gachon

Gilbert Meyer, lui, insiste sur son bilan de gestionnaire et les lauriers que la presse économique tresse à la ville de Colmar, sur la fiscalité, notamment. Le maire défend sa ville avec habilité et acharnement dans les négociations avec les autres collectivités, l'Etat ou la SNCF pour le dossier TGV. Il veut aussi promouvoir un centre-Alsace qui tienne tête aux métropoles strasbourgeoise et mulhousienne. "Gilbert Meyer a été un bâtisseur et un constructeur" souligne-t-il en juin 2020.

Pragmatique, il a aussi su élargir ses majorités à des élus écologistes ou de centre gauche. 

Une ville plus belle et mieux équipée

En 25 ans, Gilbert Meyer a forcément imprimé sa marque sur la ville. Colmar, c'est désormais cette ville star des guides touristiques et des réseaux sociaux, dont le marché de Noël et la Petite Venise, bordée de maisons colorées, attirent des visiteurs du monde entier. L'aménagement de la place Rapp, de celle de la Montagne Verte, la rénovation et l'extension du musée Unterlinden et celle, en cours, de la bibliothèque des Dominicains concourent à l'embellissement et au prestige de Colmar

De nombreux équipements ont vu le jour : nouvelle médiathèque dans un ancien hôpital rénové, piscine Aqualia, multiplexe cinéma... Les quartiers populaires à l'ouest de la ville ne sont pas oubliés et bénéficient d'un grand projet de rénovation urbaine, avec l'Anru (Agence nationale de la rénovation urbaine). 

Dans la vie quotidienne des Colmariens, la distribution de poules pour manger les déchets ou la subvention vélo ont été emblématiques. Une statue de la liberté inaugurée à l'entrée de la zone commerciale rappelle que le sculpteur Bartholdi était colmarien.

25 années dans les annales de la ville de Colmar - Gilbert Meyer

Dévoué à sa ville, Gilbert Meyer n'a pas préparé sa succession. Lors de sa réélection en 2014, il annonçait que ce serait son dernier mandat. Le premier adjoint, Yves Hemedinger, passait pour son dauphin. Avant que le septuagénaire reparte pour une ultime campagne, qui a tourné court.

"Je pense que les 25 années laissées derrière moi, depuis le mois de juin 1995 resteront dans les annales de la ville de Colmar", conclut Gilbert Meyer le 22 juin 2020. Ce jour-là, il appelle à voter Eric Straumann au second tour des municipales 2020, son adversaire LR qui lui avait ravi le siège de député en 2007. Comme une histoire qui se répète.

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