Politique

VIDEO | Jean-Marie Le Pen réaffirme que les chambres à gaz sont un "détail", le parquet de Paris ouvre une enquête

Par Thibaut Lehut, France Bleu jeudi 2 avril 2015 à 12:06 Mis à jour le jeudi 2 avril 2015 à 19:20

Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence de presse en mars 2015.
Jean-Marie Le Pen lors d'une conférence de presse en mars 2015. © Maxppp

Le président d'honneur du Front national ne regrette pas d'avoir qualifié les chambres à gaz de "détail de l'histoire" en 1987, a-t-il expliqué ce jeudi, lors d'une interview. Sa fille Marine a fait part de son "profond désaccord" avec ces propos, avant que le parquet de Paris annonce l'ouverture d'une enquête pour contestation de crime contre l'humanité.

Jean-Marie Le Pen était interrogé sur d'éventuels regrets d'avoir qualifié les chambres à gaz de "détail de l'histoire" , ce jeudi dans une interview à BFM TV. "Non" , a-t-il répondu. "Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée : que les chambres à gaz étaient un point de détail de la guerre, à moins d'admettre que ce soit la guerre qui soit un détail des chambres à gaz" , a-t-il ajouté. Le président d'honneur du Front national a également assuré qu'il maintenait ses propos. "Je crois que c'est la vérité et que ça ne devrait choquer personne, qu'on a instrumentalisé cette affaire contre moi en y introduisant un soupçon d'antisémitisme alors que je mets au défi quiconque de citer une phrase antisémite dans ma vie politique".

Jeudi soir, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour contestation de crime contre l'humanité , selon une source judiciaire. L'enquête a été confiée à la Brigarde de répression de la délinquance contre la personne, de la police judiciaire de Paris. Des propos qui ont également déplu à Marine Le Pen, interrogée plus tard dans la journée par l'AFP. "Il n'y a rien de nouveau, je suis en profond désaccord avec Jean-Marie Le Pen et sur le fond et sur la forme", a réagi l'actuelle présidente du FN. "Ces déclarations n'entachent pas le crédit du FN mais le sien", a-t-elle conclu.

"Ces déclarations n'entachent pas le crédit du FN, mais celui de Jean-Marie Le Pen"- Marine Le Pen

Le 13 septembre 1987, Jean-Marie Le Pen avait déclaré ne "pas avoir spécialement étudié la question" des chambres à gaz utilisées par les nazis pour exterminer les juifs d'Europe. "Mais je crois que que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale". Des propos qui lui ont valu plusieurs condamnations, mais qu'il a déjà réitérés en 1997, en 2008 ou en 2009.