Politique

VIDEO - Les cinq choses à retenir des élections départementales en Gironde

Par Yves Maugue, France Bleu Gironde lundi 30 mars 2015 à 0:15

Philipe Madrelle accueille son successeur Jean-Luc Gleyze qui sera le nouveau président du Département
Philipe Madrelle accueille son successeur Jean-Luc Gleyze qui sera le nouveau président du Département © Radio France

La gauche conserve la majorité à l'issue du second tour des élections départementales en Gironde. Le Front National mais également Europe Ecologie-Les Verts auront pour la première fois des élus. Voici les éléments essentiels du scrutin.

Le scrutin des départementales a livré son verdict. La gauche a réussi à conserver sa majorité dans le nouveau conseil départemental. Elle l'emporte dans 22 des 33 cantons. L'union de la droite et du centre se contente de 10 cantons. Le Front National s'impose dans le Nord-Médoc. 

#1 I La Gironde résiste à la vague bleue

La gauche possédait dans l'ancien conseil général de la Gironde une confortable majorité (50 élus contre 13 à la droite). Si elle a été légèrement grignotée, cette majorité restera confortable pour le PS et ses alliés écologistes (44 élus contre 20 à la droite et au centre) . La gauche a résisté à Bordeaux où elle l'emporte sur Bordeaux 1 (Rouveyre-Azevedo face aux adjoints d'Alain Juppé Cuny-Robert), Bordeaux 4 (77 voix seulement pour Dorthe-Guillemot) et Bordeaux 5 (Ajon-Respaud). La gauche l'emporte dans la Métropole à Cenon, Lormont, Villenave-d'Ornon, dans les deux cantons de Mérignac et de Pessac. A Talence également où le maire Modem Alain Cazabonne est battu. Christine Bost est également élue sur les Portes du Médoc. Dans les cantons ruraux, la gauche reste très ancrée dans le sud-Gironde (avec le futur président Jean-Luc Gleyze), à Créon ou à La Brède. 

#2 I Jean-Luc Gleyze sera le nouveau président

C'est jeudi que se réunira la nouvelle assemblée départementale. Un accord est intervenu jeudi dernier au sein du Parti Socialiste. Christine Bost, maire d'Eysines dans la Métropole bordelaise, pressentie pour prendre la présidence du département a accepté de laisser la place à Jean-Luc Gleyze.

►►►Le portrait du nouveau président du conseil départemental

Le maire de Captieux était le favori des élus ruraux et c'est lui qui, à 52 ans, va s'asseoir dans un fauteuil présidentiel qui a été occupé durant 36 ans par Philippe Madrelle.

#3 I Le Front National remporte le Nord-Médoc

Le Front National était présent dans 14 cantons. Dans les 9 triangulaires, le FN n'a fait que de la figuration . La gauche l'emporte dans six cantons (Libournais-Fronsadais, Sud-Médoc, Landes-de-Graves, Nord-Libournais, Entre-Deux-Mers et Réolais et Bastides). La droite gagne les trois autres (Gujan-Mestras, Estuaire et Côteaux de Dordogne). A chaque fois, le Front National arrive en troisième et dernière position. Le FN n'a pas bousculé non plus les partis traditionnels dans les duels où il était présent. Les socialistes l'emportent avec des scores de 55 à 68% Dans le Nord-Gironde, à Cenon et à Lormont. L'UMP culmine même à 73% à La Teste-de-Buch.

Mais le vrai succès du Front National, c'est sa victoire dans le Nord-Médoc . Sonia Colemyn et Grégoire de Fournas seront les premiers élus FN à siéger au conseil départemental de la Gironde. Ils l'ont emporté de justesse face aux socialistes Bernard Guiraud et Michèle Saintout, malgré l'appui de la droite dans l'entre-deux-tours et la mobilisation de Bernard Guiraud sur les réseaux sociaux puisque le maire de Lesparre-Médoc s'était même mis en scène dans un clip anti-FN

Sonia Colemyn et Grégoire de Fournas remportent l'élection - Radio France
Sonia Colemyn et Grégoire de Fournas remportent l'élection © Radio France

Le patron du Front National en Gironde avait évoqué le gain de trois cantons en Gironde. Le FN n'est pas allé jusque là mais cette victoire dans le Nord-Médoc suffit à satisfaire Jacques Colombier.

#4 I Alain Juppé ne pourra pas mettre en avant son laboratoire girondin

Cette élection locale aurait pu servir les intérêts d'Alain Juppé dans la course à la primaire UMP pour la Présidentielle de 2017. Le maire de Bordeaux prône une alliance de la droite et du centre. Reste à savoir jusqu'où peut aller cette alliance. En Gironde, le Modem était allié à l'UDI, à l'UMP et à CPNT. Un succès aurait permis à Alain Juppé de valider cette stratégie , lui qui a déjà reçu le soutien de François Bayrou, l'ancien candidat Modem à la Présidentielle. C'est donc raté. Dans sa lutte avec Nicolas Sarkozy, le maire de Bordeaux perd un atout qui pouvait se révéler intéressant.

►►►Retrouvez EN VIDEO la déclaration d'Alain Juppé depuis l'hôtel de ville de Bordeaux

Certains ne manqueront pas d'appuyer sur cet échec, incarné par la défaite du leader de l'UMP dans ces départementales, Yves d'Amécourt, le maire de Sauveterre-de-Guyenne, battu dans son canton des Bastides et du Réolais par le tandem socialiste. C'était déjà le cas du trublion de l'UMP en Gironde, l'ancien député du Libournais Jean-Paul Garraud, qui incarne la droite de l'UMP et qui a immédiatement remis en cause la stratégie électorale d'Alain Juppé.

Parmi les satisfactions à droite, on notera la confirmation des nouveaux maires élus l'an passé. Jacques Mangon et Agnès Versepuy sont élus sur le canton de Saint-Médard-en-Jalles. L'UMP conserve également son fort ancrage sur le Bassin d'Arcachon et l'emporte à Andernos, La Teste-de-Buch et Gujan-Mestras. La droite s'impose également sans surprise sur Bordeaux 2 et Bordeaux 3, sur Le Bouscat ainsi que dans le canton de la Presqu'île et les Côteaux de Dordogne.

#5 I Les écologistes pour la première fois

Cela passe sans doute un peu plus inaperçu mais les écologistes font comme le Front National leur entrée pour la première fois au conseil départemental. Europe Ecologie-Les Verts avait choisi de partir en solitaire sur certains cantons. Dans ce cas-là, l'aventure s'est terminée dès le premier tour. En revanche, des alliances avaient été nouées avec le Parti Socialiste dans plusieurs autres cantons. Cela permet à EELV de décrocher trois élus : Laure Curvale sur Pessac 2, Anne-Laure Fabre-Nadler à Créon et Stéphane Saubusse sur les Portes du Médoc.

Pierre Hurmic, conseiller municipal vert de Bordeaux - Radio France
Pierre Hurmic, conseiller municipal vert de Bordeaux © Radio France

Pierre Hurmic "3 élus verts au département, ça n'est pas le Graal"