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Politique

VIDÉO - Quand Simone Veil militait pour plus de femmes au Panthéon

vendredi 29 juin 2018 à 14:10 - Mis à jour le samedi 30 juin 2018 à 20:05 Par Cathy Dogon, France Bleu

L'entrée de Simone Veil au Panthéon ce dimanche ne surprend pas, aujourd'hui, l'opinion publique. Pourtant en 1992, l'attribution de la reconnaissance nationale à une femme n'avait rien d'évident. Simone Veil elle-même en avait fait son combat.

Simone Veil entourée par la sociologue Françoise Gaspard à droite et Hélène Carrère d’Encausse, membre de l’Académie Française, à gauche, pour illustrer leur tribune pour plus de femmes au Panthéon.
Simone Veil entourée par la sociologue Françoise Gaspard à droite et Hélène Carrère d’Encausse, membre de l’Académie Française, à gauche, pour illustrer leur tribune pour plus de femmes au Panthéon. - Collection personnelle - Françoise Gaspard

Paris, France

Ministre de la Santé rescapée des camps de concentration, Simone Veil sera inhumée ce dimanche au Panthéon, conformément au souhait du Président Emmanuel Macron. Une décision prise plus rapidement qu’à l'accoutumée - Simone Veil est décédée le 30 juin 2017 - du fait de sa "valeur exemplaire de l'unité nationale" incontestable. 

Faire figurer les femmes sur le fronton du Panthéon

Il fut un temps néanmoins où cette "valeur exemplaire de l'unité nationale" n’était destinée qu’aux hommes. Et ce sujet tenait à cœur à Simone Veil. Sollicitée par la sociologue Françoise Gaspard et avec Hélène Carrère d’Encausse, membre de l’Académie Française, elles ont signé en 1992 une tribune pour inciter la classe politique à plus de diversité dans ce monument dédié à la reconnaissance nationale. 

Écrite à l'attention du Président de la République de l’époque, François Mitterrand, la lettre contenait notamment une proposition : inscrire “Aux femmes et aux hommes, la Patrie reconnaissante” sur la devanture du Panthéon. Encore aujourd’hui figure l’inscription “Aux Grands Hommes, la Patrie reconnaissante”.

Tribune destinée au Président de la République, le 11 juillet 1992, pour plus de femmes au Panthéon - Aucun(e)
Tribune destinée au Président de la République, le 11 juillet 1992, pour plus de femmes au Panthéon

Invitée sur le plateau de Bruno Masure, sur Antenne 2, la fervente défenseuse de l’IVG s’indignait : 

Qu’il n’y ait aucune femme au Panthéon, c’est nier ce que, dans le passé, les femmes ont apporté à la patrie. C’est aussi nier ce que la femme apporte aujourd’hui à notre pays, et ce que l’on peut espérer qu’elles apporteront dans l’avenir.

A l’époque, seule une femme y reposait : Sophie Berthelot, grâce à l’exercice de son mari chimiste Marcelin. Elles sont désormais quatre, et seulement deux à être entrées sans homme : Germaine Tillion, résistante et Geneviève Anthonioz-de Gaulle, militante déportée, sur une proposition de François Hollande en 2015. 

Françoise Gaspard, à l'origine de la tribune en 1992, regrette le peu d'évolutions qui ont eu lieu depuis. Très liée à Simone Veil, bien que des positions politiques - notamment européennes - les distinguent, elle dit trouver "formidable" et être "très émue" par le choix d'Emmanuel Macron pour Simone Veil. 

Parmi les femmes qui mériteraient cette distinction, selon la signataire : Olympes de Gouges, pour qui des militantes féministes manifestent tous les 8 mars devant le monument. En 2015, la sociologue et femme politique avait suggéré le nom de Berthy Albrecht à François Hollande. Une femme qui a aussi inspiré Simone Veil.

Simone Veil suggérait la résistante Berthy Albrecht 

De son vivant considérée comme “mémoire de la Shoah”, Simone Veil répondait "Berthy Albrecht" lorsqu’on lui demandait quelle femme elle souhaiterait voir inhumée, certainement pour ses prises de position féministes. 

Résistante de la première heure, Berthy Wild, de son nom de jeune fille, a en commun avec Simone Veil plusieurs passages dans des camps de concentration. Mais contrairement à ce que raconte Simone Veil dans la vidéo ci-dessus, Berthy Albrecht n’aurait pas été décapitée, mais se serait suicidée dans la prison de Fresnes. Si elle n’est pas (encore ?) rentrée au Panthéon, elle repose néanmoins dans la crypte du Mémorial de la France combattante au mont Valérien. Là encore, les femmes se font rares : avec Renée Lévy, elle est la seule femme à y avoir été inhumée. 

INFOGRAPHIE - La longue histoire des femmes et du Panthéon - Visactu
INFOGRAPHIE - La longue histoire des femmes et du Panthéon © Visactu

Berthy Albrecht défendait ardemment le droit à la pilule. Elle a notamment fait partie du mouvement londonien Birth Control (contrôle des naissances en français), dont les idées se sont ensuite diffusées en France et dans le monde. Elle a certainement influencé Simone Veil dans son combat pour légaliser l’IVG.