Politique

VIDÉOS - Ce qu'il faut retenir du grand oral de Manuel Valls à l'Assemblée nationale

France Bleu mardi 8 avril 2014 à 15:58 Mis à jour le mardi 8 avril 2014 à 18:57

Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 8 avril 2014
Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 8 avril 2014 © Maxppp

Régions, cotisations salariales et patronales, pouvoir d'achat, rythmes scolaires : une semaine après sa nomination à Matignon, le nouveau Premier ministre Manuel Valls a tracé ce mardi les grandes lignes de sa politique pour les trois prochaines années, dans le cadre de son discours de politique générale à l'Assemblée nationale. Les députés ont ensuite voté la confiance à Manuel Valls.

Vêtu d'un costume bleu nuit, Manuel Valls a passé ce mardi son grand oral à l'Assemblée nationale dans un discours d'un peu plus de 45 minutes. Le Premier ministre, critiqué notamment par une partie de son propre camp depuis sa nomination, a donné des gages de rassemblement : il a promis de rencontrer les partenaires sociaux "dès vendredi", et a proposé aux présidents des groupes UMP et UDI une entrevue. Il a ensuite dressé les contours de l'action du nouveau gouvernement, et notamment du fameux "pacte de responsabilité". Avec deux confirmations : 50 milliards d'euros d'économies à horizon 2016 et un allègement de 30 milliards d'euros du coût du travail.Manuel Valls a également annoncé une vaste réforme des collectivités territoriales et a enfin abordé des sujets de société dont la réforme des rythmes scolaires qu'il souhaite maintenir mais "assouplir". Mais il a avant tout commencé par dresser le constat de la situation dans laquelle se trouve le pays avec une anaphore ("J'ai vu..., j'ai vu..., j'ai vu...").

30 milliards de baisse du coût du travail d’ici 2016

Réduction de l'impôt sur les sociétés. Premier axe de la politique de Manuel Valls : renforcer la compétitivité des entreprises françaises. Pour ce faire, le Premier ministre s’est engagé à réduire l’impôt sur les sociétés pour atteindre, en 2020, un taux normal de 28%, contre 33% aujourd’hui. Première étape de cette baisse d’impôts : la suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés (CS3) d’ici 2017 et d’une "dizaine de petites taxes complexes et de faible rendement".

Baisse des cotisations patronales. Autre économie pour les entreprises : les cotisations sur les salaires. Le Premier ministre a annoncé la suppression des cotisations patronales pour les salaires équivalents au Smic à compter du 1er janvier 2015. Le barème sera également allégé jusqu'à 1,6 smic. Cette mesure représentera un allègement de 4,5 milliards d’euros.

Baisse des cotisations familiales. Au 1er janvier 2016, une autre baisse viendra alléger de 4,5 milliards d’euros le coût du travail : celle des cotisations familles. Pour tout salaire allant jusqu’à 3,5 smic, ces cotisations diminueront de 1,8 point.

Repenser la politique monétaire européenne. Enfin, Manuel Valls a pointé du doigt le manque de compétitivité de l’euro**** et notamment la politique européenne restrictive qui renforce la valeur de la monnaie commune aux dépens des exportations.

=> Au total, le gouvernement a pour objectif de baisser le coût du travail de 30 milliards d’euros d’ici 2016 .

Sécu, collectivités locales : 50 milliards d'économies

Economies pour l'Etat, la Sécu et les territoires. Manuel Valls a également réitéré les objectifs d’économies des dépenses de l'Etat, "un effort partagé" pour redresser les comptes publics. D'ici 2016, 50 milliards d’euros devront donc être économisés :** 19 milliards d’euros par l’État, 10 milliards par l’assurance maladie, 10 milliards par les collectivités locales. "Le reste", a précisé Manuel Valls, "viendra d’une plus grande justice, d’une mise en cohérence et d’une meilleure lisibilité de notre système de prestations". Accélérer le rythme ? Afin d’éviter "tout recours à l’impôt", il a annoncé un "changement de rythme" de ces économies. Est-ce la mission du collectif budgétaire qui aura lieu "avant l’été" ? Manuel Valls n’a pas précisé si ce dernier a pour objectif de préciser les modalités des économies ou d’en proposer de nouvelles.Vaste réforme territoriale. ** Les 10 milliards d'euros réclamés aux collectivités territoriales passeront notamment par une fusion des régions, pour aboutir en 2017 à une diminution de moitié de leur nombre. Se fiant à « l’intelligence des élus », Manuel Valls attend des régions qu’elles proposent elles-mêmes des regroupements. Dans le cas contraire, un projet de loi sera rédigé après les élections départementales et régionales de 2015 pour une application au 1er janvier 2017. Le gouvernement n’a pas l’intention de toucher au maillage territorial des préfectures et sous-préfectures, mais celles-ci devront s’adapter progressivement "à la nouvelle donne territoriale". En revanche, le Premier ministre appelle à ouvrir le débat sur le rôle des conseils généraux pour aboutir, à l’horizon 2021, à leur suppression.

Augmenter le pouvoir d'achat des plus modestes

5 milliards non détaillés. Manuel Valls devait envoyer un message à l'aile gauche de sa majorité et répondre à la déroute électorale des municipales. Il a donc annoncé des mesures pour les plus modestes. A commencer par un certain nombre d'allègements fiscaux dont il n'a pas donné le détail. Idem pour les 5 milliards d'économies d'aides promises.

Baisse des cotisations salariales. Une seule mesure a été détaillée : la baisse des cotisations salariales des travailleurs rémunérés au Smic, à compter du 1er janvier 2015. Avec un gain qu'il chiffre jusqu'à "500 euros nets par an". "C’est presque la moitié d’un 13e mois pour un salarié payé au Smic", a rappelé Manuel Valls, précisant que la mesure serait dégressive jusqu’à 1,3 Smic.

"Assouplir" la réforme des rythmes scolaires. Enfin, le Premier ministre a évoqué des questions de société, et notamment la réforme des rythmes scolaires. Il a rappelé que "l’aménagement des rythmes scolaires est une bonne réforme" mais s'est prononcé pour un assouplissement, après "les concertations nécessaires entre les enseignants, les parents et les élus". A ce jour, seules 17% des communes sont passées à la semaine de 4 jours et demi, après une longue vague de protestations.

Diminution du nucléaire toujours d'actualité. Malgré l’absence des écologistes dans son gouvernement, Manuel Valls n’oublie pas les mesures environnementales promises par François Hollande. Devant les députés, il a précisé que la loi sur la transition énergétique serait présentée "avant l’été", avec pour objectif de limiter le nucléaire à 50% d’ici 2025. Etant l’"une des priorités" du Premier ministre, cette loi s’appuiera sur une "stratégie bas carbone" avec une réduction de la consommation d’énergie fossile de 30 % d’ici 2030 et une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici 2030 également.

Manuel Valls a terminé son allocution avec une touche personnelle. "Il y a peu de pays au monde qui permettent à des citoyens nés à l’étranger, qui ont appris les valeurs de la République, de prendre les plus hautes fonctions de l’État", s'est-il réjoui, appelant à être fier de la France, ce "pays de liberté".