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Politique

Virginie Calmels sur France Bleu Gironde : les "intrigues de cour" du Palais Rohan et les "ambitions personnelles"

mercredi 14 mars 2018 à 9:17 Par Yves Maugue, France Bleu Gironde

Alors que son livre "J'assume" sort ce mercredi en librairie, Virginie Calmels s'explique sur France Bleu Gironde. La première adjointe d'Alain Juppé à la mairie de Bordeaux et n°2 du parti Les Républicains se défend de vouloir régler ses comptes.

Virginie Calmels dans les studios de France Bleu Gironde.
Virginie Calmels dans les studios de France Bleu Gironde. © Radio France - Yves Maugue

France Bleu Gironde : Ce que vous dites dans ce livre, en avez-vous parlé aux personnes que vous visez ?

Virginie Calmels : Ce livre n'est absolument pas un règlement de comptes. C'est 350 pages sur plusieurs événements politiques récents. J'ai eu la chance de côtoyer Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon pendant la présidentielle et les personnes que vous évoquez, c'est dix lignes sur l'ensemble du livre. Ce que j'ai essayé de montrer, c'est que venant du privé où j'ai dirigé des petites et grandes entreprises, j'ai été très surprise notamment au départ des échos négatifs à mon arrivée. J'ai mis un peu de temps à comprendre qu'il n'y a qu'en politique que les coups viennent de son propre camp. 

Reconnaissez-vous avoir vous-même quelques torts ?

sBien sûr et je l'écri dans le livre. Nicolas De Tavernost (président du groupe M6 propriétaire des Girondins de Bordeaux, NDLR) m'avait dit que je devrais apprendre à perdre du temps et qu'il n'était plus question uniquement de technicité comme dans mon monde d'avant. Je n'ai sans doute pas passé suffisamment de temps avec mes collègues du Palais Rohan pour échanger autrement que sur mes dossiers. Je me suis focalisé sur les résultats. J'ai fait -30% sur la dépense publique, multiplié par trois les emplois en trois ans, fait s'installer plusieurs entreprises à Bordeaux et j'y ai d'ailleurs contribué personnellement grâce à mon réseau et à mon passé de chef d'entreprise. Je me suis beaucoup focalisé là-dessus.

Des personnes avaient des ambitions personnelles que j'ai découragées.

Vous avez oublié l'humain ?

J'ai sans doute oublié de passer suffisamment de temps avec les uns et les autres. Mais j'ai aussi découvert qu'il y avait des personnes, et cela je l'ignorais, qui avaient des ambitions personnelles. C'est classique mais le fait qu'Alain Juppé soit venu me chercher a peut-être découragé certaines ambitions personnelles.

Justement, n'avez vous jamais regretté ce jour d'avril 2013 où vous avez dit oui à Alain Juppé ?

Jamais et d'ailleurs quand je dis "mais que suis-je allé faire dans cette galère", c'est surtout pendant la présidentielle qui a été un moment très douloureux. A Bordeaux au contraire, j'ai plutôt salué l'engagement local, le fait de rencontrer des gens formidable. C'est d'ailleurs pour moi ce qui est le plus proche du métier de chef d'entreprise. C'est une partie très sympathique de l'engagement politique. C'est une mission noble mais c'est aussi un milieu, la politique, où tout les coups sont permis. Quand vous êtes propulsée, comme je l'ai été, très vite et très haut on ne vous fait pas de cadeau. Je suis humaine contrairement à ce que certains veulent laisser penser. J'ai eu des moments de doute et je le reconnais tout à fait. Mais, indépendamment des intrigues de cour du Palais Rohan que j'ai peu goûtées, le plus intéressant est de se mettre au service des Bordelaises et des Bordelais. 

Virginie Calmels invitée de France Bleu Gironde

Vous défendez une double loyauté à Alain Juppé et Laurent Wauquiez, ils sont pourtant aux antipodes ?

Je suis d'abord fidèle à des idées et des convictions et je n'ai pas changé. Je suis pour une économie libérale et un régalien fort. Ensuite c'est un problème d'hommes. Moi ce qui m'importe c'est de continuer à défendre mes idées. Je l'ai fait auprès d'Alain Juppé qui a malheureusement perdu la primaire. C'était naturel de se rallier au vainqueur François Fillon. Et aujourd'hui je suis resté dans ma famille politique et Laurent Wauquiez m'a demandé de faire équipe avec lui justement parce que je n'ai pas exactement la même sensibilité. Il s'agit de rassembler la famille. La droite se reconstruit sur ses deux piliers, les libéraux et les conservateurs.

Pourquoi n'habitez-vous plus à Bordeaux ?

J'ai toujours une maison à Bordeaux mais j'ai choisi de scolariser mes enfants à Paris en septembre justement parce que le climat général n'était pas forcément extrêmement sympathique à Bordeaux. Et puis mes nouvelles responsabilités nationales faisaient que je devais passer du temps à Paris. Mais la LGV me permet de faire des allers-retours chaque semaine à Bordeaux. C'était exactement la configuration de ma première année à Bordeaux.

Je suis bien incapable de vous dire où sera la destination finale.

Est-ce le début progressif de votre désengagement bordelais ?

Certains peut-être y aspirent. Toujours les mêmes, sous couvert d'anonymat. Moi j'aime parler à visage découvert. Le courage est une qualité essentielle pour défendre ses convictions. Les Bordelais m'ont fait confiance sur la liste d'Alain Juppé. J'ai un engagement et je compte le poursuivre. Alain Juppé aussi d'après ce qu'il m'a dit. Après, la vie politique nous a montré qu'il y avait beaucoup de rebondissements. Je n'ai pas de plan de carrière. Je dis dans mon livre que je préfère le voyage à la destination, c'est une phrase de Stevenson. Je suis bien incapable de vous dire où sera la destination finale.