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Politique

Ascoval, Arc, Sucrerie d'Eppeville : les combats pour l'emploi de Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France

jeudi 28 mars 2019 à 11:44 Par Stéphane Barbereau, Pascale Thiebold et Matthieu Darriet, France Bleu Nord, France Bleu Picardie et France Bleu

Le président de la région Hauts-de-France était l'invité de France Bleu Nord et France Bleu Picardie ce jeudi matin. Il est revenu sur les dossiers économiques (Ascoval, la sucrerie d'Eppeville), la grogne des agents de la Région liée à la fusion, le Brexit.

Xavier Betrand, le président du conseil régional des Hauts-de-France
Xavier Betrand, le président du conseil régional des Hauts-de-France © Maxppp - Stéphane Mortagne

Lille, France

C'est un dossier économique emblématique en ce moment des capacités de la France à conserver une industrie lourde dans le pays : l'aciérie Ascoval de Saint Saulve, près de Valenciennes. 281 emplois sont en jeu, le dernier repreneur, Altifort a jeté l'éponge après avoir été deux petites semaines aux commandes de l'usine qui a de nouveau été placée en redressement judiciaire. Trois offre de reprises ont été déposées jusque-là. Le président de la région évoque clairement ses préférences et indique sa méfiance envers le projet de l'ancien patron d'Ascometal, Franck Supplisson (par ailleurs, adjoint au maire Les Républicains de la ville de Montargis, dans le Loiret) : "j'ai été en contact avec deux des repreneurs qui me paraissent être les plus sérieux, le groupe italien et British Steel. Je pense que je n'ai pas le droit de dire ce que je vais vous dire, moi je m'en moque"

Monsieur Supplisson, c'est celui qui a planté en partie l'affaire avec Ascometal. Aujourd'hui, il pointe son nez, les salariés ne sont pas chauds, moi non plus.

"Cette entreprise elle est viable, les salariés travaillent bien. Ce serait quand même stupide, quand on a besoin d'acier, d'aller l'acheter forcément en Allemagne, ou alors très loin de l'Europe quand on peut l'avoir à Saint Saulve".

"Moi je préfère m'emballer plutôt que passer mon temps à torpiller les projets. Heureusement que le Président de la République et Bruno Le Maire ont changé la position de l'Etat. On peut me faire plein de reproches. mais moi, au moins je me bats". 

Sur l'emploi, je ne gagne peut-être pas à chaque fois mais je me bats.

Le dossier Arc

Autre dossier économique, la verrerie Arc, près de Saint Omer (Pas-de-Calais). L'un des plus importants employeurs privés de la région avec 5 000 salariés. L'usine rencontres des difficultés de trésorerie et a peiné à trouver des fonds pour se développer. 120 millions d'euros ont été levés dont 30 millions d'argent public (la région apporte 12 millions d'euros à elle seule). Un choix financier justifié par Xavier Bertrand : "Si on n'était plus acheteur des arts de la table, de la vaisselle, la verrerie, on pourrait dire c'est terminé. Ce n'est pas le cas. En Europe, en France, dans le monde entier, on en a besoin et on a besoin d'investir.

Je ne jette pas d'argent pas les fenêtres, c'est de l'avance qui a vocation à être remboursée un peu comme un prêt.

La sucrerie d'Eppeville 

Le groupe allemand qui possède l'usine veut la fermer et transférer les 122 salariés sur le site de Roye. Une reprise locale est-elle possible avec les planteurs de betteraves ? "Oui, si les allemands sont un peu moins fermés. Pour l'instant, en réunion, j'ai eu des calculettes en costards cravates, face à moi. 

Les salariés il s'en foutent, les planteurs de betteraves, ils s'en foutent. Tout ce qui les intéresse, c'est conforter leur modèle en Allemagne. Ce n'est pas possible.

"S'ils veulent partir, ils doivent donner les moyens aux salariés de rebondir, aux saisonniers et aux planteurs de betteraves qui n'auront plus de débouchés. Ils ont touché plus de 8 millions d'euros de CICE (Chèque Impôt Compétitivité Emploi). L'emploi n'est plus là, ce n'est pas normal qu'ils gardent l'argent. Tout l'argent n'a pas été encore versé".

J'ai dit au gouvernement : vous ne faîtes pas le chèque tant qu'on n'a pas une vision claire de ce qu'ils sont prêts à faire. Ce n'est peut-être pas bien mais ce qu'ils font aussi ce n'est pas bien.

Le Brexit

C'est toujours l'incertitude sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne : pas d'accord ? Quel date ? "Les parlementaires britanniques sont dans le fog, le brouillard le plus complet. Personne ne sait comment ça finira. Comme la politique ne donne pas de direction, le business côté britannique est dans le flou le plus complet aussi. Je demande un délai supplémentaire sur la mise en oeuvre du Brexit".

Sur Calais et Dunkerque, on a réalisé les infrastructures pour être prêts. Mais si c'est le bazar côté britannique, ça ne peut pas être facile et simple côté français. 

"Pour le quotidien des habitants de la région, je pense que nous aurons de nouvelles implantations d'entreprises parce qu'il y a beaucoup d'entreprises britanniques qui, pour continuer de bosser en Europe, auront besoin d'être installer en Europe. L'Europe la plus proche, ce sont les Hauts-de-France". 

Le président de la région tacle au passage le mouvement de grogne des douaniers qui rallongent volontairement la durée de contrôles des marchandises sur la trafic transmanche pour réclamer des moyens supplémentaires. "Il ne faut pas qu'on continue à avoir une grève du zèle des douaniers. Tout les contrôles réalisés en ce moment,  il n'y a rien d'obligatoire à cela. Cette grève du zèle ne peut pas durer". Xavier Bertrand qui regrette également qu'une réunion, ce mercredi, entre des transporteurs routiers et des représentants des ministères concernés par le Brexit ait tourné court : "Il faut écouter les propositions des transporteurs du Calaisis qui indiquent les flux de circulation, de stationnement, pour ceux qui n'auraient pas préparer les formalités. Il faut les entendre"

Xavier Bertrand redoute également une guerre de la pêche si aucun accord n'est trouvé sur les zones de pêches entre Français et Britanniques. Il se dit prêt à aller jusqu'à un bras de fer : 

Le bras de fer c'est de dire si vous ne voulez pas qu'on pêche chez vous, vous ne venez plus transformez (le poisson) chez nous (à Boulogne-sur-Mer).

"Ils devront aller transformer en Norvège et ça va leur coûter beaucoup plus cher. Les Britanniques, ils ont beau être nos amis, ils savent compter. Il ne fait pas non plus chercher à punir les Britanniques parce qu'ils sont sortis de l'UE, il faut le faire avec pragmatisme". Sur la question des visas, il faudrait demain tamponner leur passeport. 

Les Britanniques vont devenir des extracommunautaires pas des extraterrestres ! 

Les conséquences de la fusion des régions

Les agents manifestent leur mécontentement sur leurs conditions de travail dégradées depuis la fusion de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais en 2016, avec des trajets entre Amiens et Lille. 

"On a gardé les locaux à Amiens et Lille, il n'y a que des aller-retours des chefs. On n'aurait pu faire le choix de fermer à Amiens. Sur les salaires, ils sont les mêmes. Il n'y a pas un agent qui gagne moins aujourd'hui qu'avant. La question du régime indemnitaire, elle est en plus. Celui des ex-agents de la Picardie n'est pas le même que l'ex-Nord-Pas-de-Calais". 

Cela coûterait 10 millions d'euros par an. Je ne les ai pas. Je ne reviendrai pas sur des politiques de la région comme l'aide au transport ou l'aide au permis pour cela.

Objectif Présidentielle 2022 ?

On lui prête des ambitions présidentielles pour 2022. Le président des Hauts-de-France ne répond pas non mais promet de ne se consacrer qu'à la région : "Je vous confirme que je serai président de la région jusqu'au bout. Les Français n'ont pas une bonne image des politiques parce qu'ils ont l'impression qu'on se bat pour des places".

Vous savez comment je peux restaurer l'image des politiques ? En Faisant réussir la région Hauts-de-France