Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Politique

Y a-t-il trop de députés et sénateurs ? Les parlementaires berrichons sont divisés

- Mis à jour le -
Par , , France Bleu Berry

Emmanuel Macron veut baisser de 25 à 30% le nombre de parlementaires en France. Un mauvais signal envoyé à la ruralité et le risque d'un déficit de proximité, alertent certains parlementaires.

La France compte 577 députés et 348 sénateurs
La France compte 577 députés et 348 sénateurs © Maxppp - Vincent Isore / IP3 PRESS

Châteauroux, France

Entre 25 et 30% de députés et sénateurs en moins, c'est le souhait d'Emmanuel Macron. Lors de sa campagne présidentielle, le candidat Macron avait promis de réduire d'un-tiers le nombre de parlementaires. Un engagement réaffirmé lors de la conférence de presse du président de la République, jeudi 25 avril. En Berry, on compte 9 parlementaires. 2 députés et 2 sénateurs dans l'Indre ; 3 députés et 2 sénateurs dans le Cher.

Le risque d'une rupture entre les habitants et les élus

Si la réforme passe, il n'y aura alors plus qu'un seul député et un seul sénateur dans l'Indre. Et dans le Cher, il n'y aura plus trois mais seulement deux circonscriptions. Une très mauvaise chose, selon Nicolas Forissier, député Les Républicains de l'Indre. "C'est déjà difficile à deux ! Je peux en témoigner sur ma circonscription qui est immense", explique-t-il. "Quand je vais de La Châtre jusqu'à Valençay, je mets plus d'une heure. Le temps de route est important pour pouvoir être disponible et à l'écoute des gens. Or, c'est le principal objectif que doit avoir un député. _Si on augmente les distances et les temps de parcours, on va réduire la possibilité d'avoir ces contacts_", poursuit le député Les Républicains. Le contact par Internet et les réseaux sociaux, de plus en plus courant, ne remplacera jamais les rencontres physiques, selon lui.

Et cette réduction du nombre de parlementaires ruraux ne va pas dans le bon sens, au moment où les Français réclament plus d'écoute de la part des élus et hommes politiques.

On va avoir un problème énorme de proximité. Contrairement aux aspirations exprimées ces derniers mois, on va encore plus éloigner le député de la population", Nicolas Forissier

Une réponse aux gilets jaunes ? 

François Jolivet, député LREM de l'Indre, est au contraire plutôt favorable à cette réduction du nombre de parlementaires. "Le mouvement des gilets jaunes milite pour la baisse du nombre de parlementaires. Le souci de proximité n'est pas leur préoccupation. Les députés peuvent communiquer avec leurs habitants d'une autre manière. Sur la capacité à représenter les gens, il faudra être organisé. Et quand on est député, on ne doit pas compter son temps", tranche François Jolivet.

Loïc Kervran, député LREM du Cher, ajoute que l'organisation ne devrait pas poser trop de problèmes. C'est surtout une question de moyens. "Je pense que l'un des enjeux pour que le député puisse bien réaliser ses travaux, c'est d'augmenter un peu l'enveloppe du député pour rémunérer ses collaborateurs, à la faveur de cette réforme et de la réduction des coûts qu'elle va permettre", explique-t-il au micro de France Bleu Berry.

Plus de collaborateurs pour compenser une extension du territoire à couvrir, ce n'est pas forcément une bonne idée selon Nadia Essayan, élue MoDem, sur le deuxième circonscription du Cher, plus petite avec 45 communes. "Les citoyens, ce ne sont pas les collaborateurs qu'ils veulent voir, malgré tout le respect que j'ai pour leur travail. Ils ne peuvent pas me remplacer partout ! Je le vois bien à l'Assemblée nationale, les collaborateurs ne peuvent pas prendre position comme peut le faire un député", estime Nadia Essayan.

Je pense que des territoires ruraux peuvent éventuellement garder plus de députés que des territoires citadins", Nadia Essayan