Politique DOSSIER : Les élections législatives avec France Bleu Auxerre

Législatives : la droite conserve deux députés icaunais, la macroniste Michèle Crouzet est élue dans le nord de l'Yonne

Par Kevin Dufreche, France Bleu Auxerre dimanche 18 juin 2017 à 23:53

André Villiers (UDI) l'a emporté dans la deuxième circonscription, contre le député sortant, favori, Jean-Yves Caullet (REM)
André Villiers (UDI) l'a emporté dans la deuxième circonscription, contre le député sortant, favori, Jean-Yves Caullet (REM) © Radio France - Louis-Valentin Lopez

Alors qu'il accusait huit points de retard sur le sortant Jean-Yves Caullet (REM) au premier tour, André Villiers (UDI) a été élu député de la 2e circonscription. Le sortant LR Guillaume Larrivé est réélu à Auxerre-Puisaye, tandis que Michèle Crouzet sauve la mise pour le parti présidentiel.

C'est LA surprise de ces élections législatives dans l'Yonne. Il y a une semaine, André Villiers arrivait loin derrière Jean-Yves Caullet, avec 22,3% des suffrages, contre 30,2% pour le député sortant. Mais au soir du second tour, le président du conseil départemental de l'Yonne a réussi à passé de 8000 voix, à près de 16000, pour emporter la circonscription avec 54% des voix.

"Jean-Yves Caullet était un socialiste, devenu macroniste uniquement par opportunisme. Les électeurs n'en voulaient plus, analyse Marc-Olivier, militant d'André Villiers. André est quelqu'un d'enraciné sur le territoire, pas d'un député sur Paris".

Désormais élu député, André Villiers doit démissionner de son poste de président du conseil départemental, comme l'y oblige la loi sur le non-cumul des mandats, qui entre en vigueur avec cette nouvelle législature.

Jean-Yves Caullet paye son passé ?

"Sortez les sortants", un slogan maintes fois entendu pendant ces élections présidentielle et législatives. Jean-Yves Caullet, ancien socialiste, macroniste depuis début 2017, perd sa circonscription.

Le député sortant n'a pas réussi à mobiliser plus que son socle du premier tour. Il n'a gagné que 2000 voix de plus par rapport au 11 juin. "Je n'ai pas profité du report des voix de la gauche, notamment la plus radicale, regrette Jean-Yves Caullet. Le Front National lui s'est massivement reporté sur André Villiers". Le macroniste souligne tout de même la victoire de son parti : "_l'important, c'est que le président de la République ait une majorit_é".

Du côté des partisans de Jean-Yves Caullet, c'est bien évidemment la déception qui domine. Tellement de déception que presque personne n'est venu suivre les résultats dans sa mairie d'Avallon. La fête prévue dans un bar de la ville a même été annulée. "Je croyais à une victoire, pas haut la main, mais assez facile, confie un militant. C'est impensable. Grosse déception."

Presque personne dans le salon de la mairie d'Avallon, fief du député sortant Jean-Yves Caullet (REM), battu par André Villiers (UDI) - Radio France
Presque personne dans le salon de la mairie d'Avallon, fief du député sortant Jean-Yves Caullet (REM), battu par André Villiers (UDI) © Radio France - Louis-Valentin Lopez

"Nous sommes retombés dans le traditionnel clivage gauche-droite" - Jean-Yves Caullet, candidat REM battu dans la 2e circonscription

Guillaume Larrivé (LR) conserve son siège

Arrivé lui aussi derrière le candidat REM au premier tour, le député sortant LR Guillaume Larrivé a pourtant réussi à renverser la table. Il l'emporte face à Paulo Da Silva (REM) avec 52,5% des suffrages. Le résultat d'une campagne de terrain selon ses militants : "on a tracté, on a été sur le terrain, ça a fait la différence !, explique l'un d'entre eux, qui reconnait tout de même être soulagé. On a eu peur... Mais c'est fait !".

Les députés élus André Villiers (UDI) et Guillaume Larrivé (LR) dans la cour de la préfecture de l'Yonne - Radio France
Les députés élus André Villiers (UDI) et Guillaume Larrivé (LR) dans la cour de la préfecture de l'Yonne © Radio France - Isabelle Rose

D'autres voient même plus loin, en évoquant un département totalement à droite, malgré les sensibilités : "Avec Guillaume Larrivé, nous avons un député LR, travailleur. Avec André Villiers, un député UDI de terrain, et avec Michèle Crouzet, une députée macroniste qui vient de l'UDI", analyse Charles d'Astorg, membre des Jeunes Républicains.

Pour son adversaire REM Paulo Da Silva, sa victoire, Guillaume Larrivé l'a obtenu grâce au Front National : "Il a eu des positions proches de celles du FN. Et il n'a pas appelé à voter contre l'extrême-droite lors du deuxième tour de l'élection présidentielle", souligne le candidat REM. Paulo Da Silva regrette aussi le manque de mobilisation pour ce second tour : "on a entendu pendant tout l'entre-deux tours, "c'est bon, c'est bon, c'est bon", mais non, il faut voter !".

Malgré tout, ses partisans étaient bien là, pour la petite fête prévue sur la Péniche à Auxerre.

Les partisans de Paulo Da Silva étaient bien présents à Auxerre pour soutenir leur candidat malgré la défaite. - Radio France
Les partisans de Paulo Da Silva étaient bien présents à Auxerre pour soutenir leur candidat malgré la défaite. © Radio France - Damien Robine

Le nord, seule satisfaction macroniste

Arrivés en tête dans les trois circonscriptions au premier tour, la République en marche n'obtient au final qu'une seule députée : Michèle Crouzet, dans la troisième, celle de Sens-Joigny. Elle s'impose face au candidat du Front National, Julien Odoul, en réunissant plus de 55% des voix. "C'est grâce à vous tous !", a lancé la candidate face à ses militants réunis à Sens. "Mais on a beaucoup à faire. Je saurai rendre bien compte de mon travail à l'Assemblée."

Et les militants y croient : "sa voix pourra être écoutée, et elle pourra relayer nos demandes", explique l'un d'entre eux. "Il y a beaucoup de choses qui vont changer en cinq ans", espère un autre. Et un dernier d'ajouter : "en fait, c'est une révolution !"

Michèle Crouzet (au centre), entourée de ses militants - Radio France
Michèle Crouzet (au centre), entourée de ses militants © Radio France - Renaud Candelier

Le FN n'y est toujours pas

De son côté le Front National de Julien Odoul n'est pas passé loin, avec près de 45% des voix au second tour. Mais le candidat battu est amer : "les électeurs du Front National qui ont été démobilisés sont les principaux responsables de la défaite. C’est une déception mais le combat continue. On va à la fois se réformer au niveau national et continuer à travailler le terrain au niveau départemental pour d’autres victoires je l’espère".

Un discours également appuyé par les militants : "Les électeurs du FN n’ont pas été voter alors qu’ils étaient mobilisés pour la présidentielle, explique l'un d'entre eux à Sens. On se demande ce qu'il se passe. Tout le monde dit que l’abstention favorise le Front National et bien là ce n’est pas le cas."

"C’est dur parce que sur la circonscription, depuis les régionales on était en tête." - Un militant FN à Sens

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