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Politique

250 nouveaux migrants ont été relogés depuis la fermeture du camp de Blida, à Metz.

lundi 4 décembre 2017 à 22:29 - Mis à jour le mardi 5 décembre 2017 à 15:17 Par Jordan Muzyczka, France Bleu Lorraine Nord

Depuis la fermeture du camp de Blida, à Metz, pour cause de trêve hivernale le 15 novembre, 250 nouveaux migrants sont arrivés.Ils ont tous été relogés. Maisle flux ne risque pas de diminuer prédisent les associations.

Soixante migrants sont arrivés dans la nuit de samedi à dimanche ( du 2 au 3 décembre) et se sont installés aux abords du camp de Blida, à Metz. Ils ont tous été relogés lundi 4 décembre.
Soixante migrants sont arrivés dans la nuit de samedi à dimanche ( du 2 au 3 décembre) et se sont installés aux abords du camp de Blida, à Metz. Ils ont tous été relogés lundi 4 décembre. © Radio France - Cédric Lang-Roth

Metz, France

Soixante personnes, en majorité des familles avec femmes et enfants qui campent dehors alors que les températures frôlent les zéro degrés dehors. Ces migrants arrivés dans la nuit de samedi à dimanche (2 et 3 décembre) ont depuis lundi tous été relogés. "Les familles sont désormais au centre aéré d'Arry", se réjouit Sandra Demanget, la responsable de l'association Aïcha. "Les hommes célibataires ont été placés sur le site du lycée désaffecté Poncelet, à Metz Borny", conclut t-elle.

Un soulagement pour celle qui côtoie en permanence ces personnes en grande précarité:

Depuis que le camp a fermé, 250 nouvelles personnes sont arrivées. Et tous ont été relogées. Je salue les services de l'Etat, parce que la situation est critique et on ne peut pas tout faire d'un coup de baguette magique." Sandra Demanget, responsable de l'association Aïcha

Le flux va continuer

Et pas question d'en rester là, malgré le démantèlement du camp de Blida, le 15 novembre. "Ça va continuer", prévient la bénévole. Même prédiction pour Lilou Baumeister, de l'association Le Soleil de Blida. " Oui ils se passent le message, ils se passent l"info, en disant qu'il y a la trêve hivernale, venez vous serez logés. Les passeurs les déposent non loin de l'ancien camps de Blida en leurs disant qu'ils peuvent appeler le 115. Mais, il faudra trouver une solution durable et pas simplement mettre les gens en hébergement de nuit et les mettre dehors à 7h30 le lendemain".

Environ 800 migrants ont été évacués du camp de Blida à Metz, mercredi 15 novembre. - Maxppp
Environ 800 migrants ont été évacués du camp de Blida à Metz, mercredi 15 novembre. © Maxppp - Anthony PICORE

Ces migrants, ou demandeurs d'asile, sont pour la plupart originaires des Balkans, Kosovo et Albanie en tête. Souvent, ils arrivent en France via des réseaux de passeurs. Et la Moselle est en première ligne. Depuis le début de l'année 2017, "plus d'une centaines" de passeurs, tous profils confondus ont été interpellés, explique Alain Carton, secrétaire général de la préfecture de Moselle. Fabrice Poli, le représentant du syndicat Alliance pour le Grand-Est se montre plus inquiet:

C'est impossible, dans l'état actuel des choses, de gérer ces flux migratoires." Fabrice Poli, le représentant du syndicat Alliance pour le Grand-Est

Il y a une direction de la police aux frontières au Mont-Saint-Martin (qui contrôle les frontières belges et luxembourgeoises) d'une vingtaine d'agents; Thionville également (qui contrôle les frontières luxembourgeoises et allemandes) et Forbach (qui contrôle sur l'Allemagne). "Mais ce ne ce sont que des patrouilles qui contrôlent de manières sporadiques", explique le responsable syndical.

Il pointe du doigt un autre problème. "Avec l'état d'urgence, on a placé des agents aux frontières. Mais ce personnel, c'est celui des centres de rétention administrative". Le syndicaliste donne l'exemple de celui de Geispolsheim, 34 places, fermé actuellement ( qui doit possiblement rouvrir en janvier 2018). "Et celui de Metz et ses 70 places est plein".

Ces centres servent à accueillir les personnes déboutées de leurs demandes d'asile et qui font l'objet d'une procédure d'éloignement. Et depuis 2016, ces procédures sont baisse: passées de 8 278 en 2016, contre 9 900 en 2015.

Des hôtels réquisitionnés comme à Forbach

Et Metz n'est pas la seule ville touchée. D'autres le sont, comme Forbach. La ville du bassin Houiller accueille près de 340 demandeurs d'asile. 180 sont logés au centre d'accueil dédié à cet effet; environ 160 autres résident dans des hôtels de la ville.

Dont un au centre-ville, où, pour le coup, la municipalité n'a pas eu son mot à dire, l’État ayant passé des accords avec des chaînes d’hôtellerie. "Ce n'était pas quelque chose avec quoi on était d'accord", explique le maire socialiste Laurent Kalinowski. " Il n'y a pas eu de concertation préalable, et puis surtout, c'est parce qu'on estimait que les conditions de vie n'était pas bénéfiques pour ces gens. Il n'y avait pas de frigos ni de cuisines".

L'élu rappelle également la dangerosité du secteur où est implanté l'hôtel, "En centre-ville, dans une zone où beaucoup de véhicules circulent. Et avec les enfants de ces familles qui jouent dehors...". A l'échelle nationale, l'Etat a racheté 62 hôtels Formule 1, dont 38 sont dédiés pour l'heure à l'accueil de demandeurs d'asile.

La solution européenne?

Alors que faire? Dans une missive transmise aux préfets, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb fait preuve de fermeté. Et Il leur demande des résultats: "D’ici à la fin du mois de février 2018, un bilan de la lutte contre l’immigration irrégulière dans votre département en 2017 [...].La lutte contre l’immigration irrégulière relève de chaque préfet de chaque département".

Mardi 12 décembre, le cabinet du "premier flic de France" recevra les députés de la majorité de La République en Marche pour définir le plan migratoire qui sera présenté début 2018. Un plan mélangeant "fermeté avec ceux qui ne sont pas des ressortissants de pays considérés comme à risque", perçus comme des migrants économiques et non politique, explique Ludovic Mendes, député de Moselle. Les personnes issues des Balkans sont donc particulièrement visées.

L'autre cheval de bataille se jouera à l'échelle européenne: "Agir directement avec les autorité en Albanie", commence le député, "afin d'aider au développement du pays, sur les plans politique et économique pour endiguer les départs". Le renforcement de la coopération policière européenne est également pressentie. "L'idée est qu'Europol [l'office de renseignement européen] intensifie encore plus ses échanges avec les polices locales, tout comme renforcer Frontex [l'agence en charge de la gestion des côtes et des frontières de l'Union]".

En 2015, près de 80 000 migrants avaient déposé une demande de protection en France. C'est 23,6% de plus que par rapport à 2014. En 2016, le chiffre est d'environ 85 000.

Les reconduites à la frontière s'accélèrent.

5 000 demandes d'asiles ont été effectuées en Moselle en 2017, estime la préfecture. Les trois-quarts proviennent de pays dits "sûrs", comme ceux des Balkans, et "98% des demandes de ces personnes sont déboutés", souligne Alain Carton, secrétaire générale de la préfecture.

Le rythme des procédures d'expulsions s'accélère. 600 ont été effectuées en 2017 (contre 500 en 2016), mais surtout, le temps des procédures s'est réduit, selon les préconisations du ministre de l'Intérieur: En moyenne de 13 mois, les instructions des dossiers gérés par l'OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) sont d'environ de deux mois, depuis septembre.