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"Il n'y a rien de pire que de perdre un de ses hommes" selon Eric Florès, le n°1 des pompiers de l'Hérault

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Par , France Bleu Hérault

Chaque jour durant les fêtes, France Bleu Hérault reçoit une personnalité du département. L'occasion de mieux la connaitre, en dehors de toute actualité particulière. Aujourd'hui, rencontre avec le contrôleur-général Eric Florès, le patron des pompiers.

Le contrôleur général Eric Florès, à la tête des pompiers de l'Hérault depuis trois ans et demi.
Le contrôleur général Eric Florès, à la tête des pompiers de l'Hérault depuis trois ans et demi. © Maxppp - Michael Esdourrubailh

Contrôleur général Florès, je ne trahirais aucun secret si je dis que votre mère est une fidèle auditrice de France Bleu Hérault. Elle doit vous écouter en ce moment, un petit message à lui passer ?

Naturellement ma mère met la radio tous les matins quand elle se lève et dans la maison, on entend France Bleu Hérault en permanence donc je connais tous vos programmes du matin par cœur. Je lui fais un gros bisou et je lui souhaite de passer de bonnes fêtes  mais normalement, le 24, on est ensemble. 

Eric Florès, 50 ans, à la tête des pompiers de l'Hérault depuis trois ans et demi, soldat du feu comme on dit. Est-ce que c'est un rêve de gamin, comme beaucoup de gamins peuvent l'avoir ? 

Pas nécessairement. Je suis fils de gendarme, j'ai été orienté dans mes études plutôt vers la banque. C'est lorsque, très jeune, j'ai eu des collègues qui faisaient des jobs d'été, il y en a un qui m'a dit "je suis sapeur-pompier volontaire l'été saisonnier", c'est comme ça que je suis rentré. Et oui par contre à ce moment-là, je suis tombé totalement amoureux de cet engagement. 

J'ai découvert à la fois des missions et des expériences que l'on vit à n'importe quelle heure et puis une vie de caserne qui est intéressante. Un côté père de famille des sapeurs-pompiers vis à vis des petits jeunes, des pious-pious tel que j'étais et, vraiment, à partir de ce moment-là, je me suis dit "Tiens, c'est quelque chose qui potentiellement m'intéressera"

Donc, dans un premier temps, pompier volontaire et ensuite vous faites vos études ? 

J'ai fais mes études à l'Université de Montpellier 1, en Sciences économiques et à l'issue du Master 2, je fais mon service national. Je vais en école d'officiers de réserve à Saint-Cyr et puis je suis dans les chasseurs alpins. C'est là où j'ai à nouveau une deuxième piqûre, pas pour le côté militaire mais pour le côté management des hommes, vivre des expériences humaines telle qu'on les vivait avec les sapeurs-pompiers. Et quand je suis rentré de l'armée, oui, ça a été ma volonté de devenir officier de sapeurs-pompiers. 

C'est marquant dans votre carrière : cet épisode chez les militaires et ensuite chez les pompiers. Est-ce que ça dit quelque chose de vous, à savoir que vous aimez les choses bien ordonnées, les choses bien carrées ?  

Je ne sais pas si c'est révélateur d'un caractère carré. Alors oui, je suis respectueux de l'ordre, on ne peut pas arriver en étant directeur de services de l'État tel que je le suis, directeur d'un établissement public, sans avoir un certain respect de la hiérarchie de l'ordre. Non, je pense qu'au travers de ces expériences, c'est plutôt les aventures humaines. 

Vous êtes donc dans l'Hérault depuis trois ans et demi, vous êtes le numéro 1 des pompiers dans le département, 4 000 hommes et femmes sous votre responsabilité et il faut être en alerte tout le temps. Sur un gros incendie, est-ce qu'on n'a pas pas peur de prendre une mauvaise décision ?

Je mets beaucoup de précaution dans les propos que je vais tenir mais je dis qu'il vaut mieux, quelquefois, prendre une mauvaise décision en fonction des circonstances, à l'instant T, on prend une décision qui peut se révéler mauvaise mais il n'y a rien de pire que de ne pas prendre de décision. 

Ça arrive que les sapeurs pompiers soient blessés lors d'une intervention, ça vous touche j'imagine, assez profondément. 

Forcément, forcément. Je les appelle quasiment systématiquement lorsqu'ils sont blessés en intervention. Le département a été marqué par des drames en 2016, avec le décès de Jérémy Beier et des graves blessés sur cet accident à Roquessels. Il n'y a rien de pire pour un chef de corps que de perdre un de ses hommes ou de ses femmes. 

Est ce que vous gardez un souvenir marquant, bon ou mauvais, de votre carrière jusqu'à maintenant chez les pompiers ?

Le premier décédé, malheureusement, le premier nourrisson sur lequel on fait un massage cardiaque, je m'en souviendrai toute ma vie. Et puis à côté de ça, les premières grandes campagnes "Feux de forêts" que j'ai réalisé en 2003, ou la tempête Klaus à Bordeaux en 2009. Je dirai que les premières fois où on fait face à un risque nouveau, souvent ce sont des moments dont on se souvient toute sa vie. La première fois où j'ai touché ma lance pour éteindre un feu, c'était pas une intervention extraordinaire, c'était un petit feu de fossé à Baillargues mais c'était la première fois. 

Être tout le temps en alerte, prêt à intervenir, il y a des moments où il faut quand même faire baisser la pression. Vous avez une manière qui vous est propre de la faire baisser cette pression ?

J'aime bien courir, ça me permet de sortir de ça totalement. Ou alors quelquefois, paradoxalement, quand j'ai un problème que je trouve insoluble en journée, je me dis "celui là, tu te le gardes ce soir" et au moment où je commence à courir, je me mets dans la tête et en courant, ça permet de le régler. Et peut être que c'est égoïste, mais je cours toujours tout seul, je suis dans mon monde et ça me permet d'évacuer. 

J'aime la plongée aussi et puis j'ai une passion qui est autre, c'est ma famille, mes trois enfants qui sont merveilleux à qui j'essaye en permanence de faire découvrir ce joli département puisque j'ai fait trois Versaillais, du fait de ma vie. Ils viennent d'arriver dans le département où moi j'ai le plaisir d'être né donc je leur fais découvrir toutes les beautés de ce département. 

Un sacré pilier la famille, j'imagine... 

Tout à fait, de toute façon pour être bien dans sa tête, il faut avoir des équilibres professionnel, familial et personnel. Le job, ça y fait beaucoup, on y passe beaucoup de temps, mais il n'y a pas que ça. Les amis comptent aussi, avec la famille, et revenir dans un département où on a commencé tout petit, je dois avouer que ça fait plaisir de revoir des amis d'enfance. 

L'interview en version audio

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