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Santé – Sciences

Vingt ans après l'interdiction, on désamiante encore en Creuse

mardi 28 mars 2017 à 21:41 Par Maxime Tellier, France Bleu Creuse et France Bleu

Son utilisation dans la construction est interdite depuis 1997 mais l'amiante reste présent dans de nombreux bâtiments. A Guéret, l'internat du lycée Pierre Bourdan vient d'en être débarrassé après six mois de travaux, mais il n'y avait pas de risque pour la santé, explique la région.

Le chantier de désamiantage de l'internat du lycée Bourdan à Guéret
Le chantier de désamiantage de l'internat du lycée Bourdan à Guéret © Radio France - Maxime Tellier

Guéret, France

C'est un chantier hors-norme qui s'achève cette semaine à l'internat du lycée Pierre Bourdan à Guéret : le désamiantage complet de ce bâtiment construit en 1982. "Mais pas d'inquiétude ! L'amiante qui était présent n'était pas au contact des élèves qui ont vécu dans l'internat jusqu'en juin dernier", précise la proviseure Patricia Lamoureux. "Il y a deux types d'amiante", complète Agnès Gaudilhe, directrice-adjointe de la construction et de l'immobilier au Conseil régional, "celui, dangereux, que l'on utilisait comme flocage et isolant anti-incendie. Cet amiante là pouvait se diffuser dans l'air et posait un risque pour la santé, notamment de cancer."

Il faut une combinaison intégrale et étanche pour accéder à la zone confinée - Radio France
Il faut une combinaison intégrale et étanche pour accéder à la zone confinée © Radio France - Maxime Tellier

"Mais l'amiante dont on parle ici était contenu dans la colle qui fixait le revêtement au sol, il était enfermé dans ce matériau et tant qu'on n'y touchait pas, il n'y avait aucun risque", ajoute Agnès Gadilhe. La région, propriétaire de l'internat, a profité d'une mise aux normes handicapés et incendie du bâtiment pour retirer tout l'amiante qui restait. "On aurait pu laisser le sol tel quel mais on a préféré prendre les devants", complète Frédéric Rivet, qui travaille dans le même service au Conseil régional, "les élus ont choisi de tout retirer pour anticiper un éventuel durcissement de la législation et pour ne pas laisser aux générations futures un bâtiment à désamianter."

Un hublot permet d'entrevoir l'un des opérateurs amiante de l'autre côté de la paroi étanche - Radio France
Un hublot permet d'entrevoir l'un des opérateurs amiante de l'autre côté de la paroi étanche © Radio France - Maxime Tellier

Procédures très strictes

Les travaux ont été confiés à une entreprise spécialisée qui pratique le désamiantage toute l'année. Les procédures sont draconiennes : "l'étage où nous intervenons est entièrement isolé", explique Philippe Léonard, l'un des opérateurs amiante sur le chantier, "il ne faut laisser aucune fuite dans le confinement. Tous les matins, tous les midis et tous les soirs, on teste la zone confinée pour s'assurer qu'elle reste étanche. A l'intérieur, il y a un système qui entretient une dépression en permanence, l'air entre et ressort propre par un système de filtre".

On entre dans la zone confinée par un sas - Radio France
On entre dans la zone confinée par un sas © Radio France - Maxime Tellier

Les agents qui travaillent à l'intérieur sont également soumis à des règles très strictes : "pour entrer dans la zone confinée, il faut passer par un sas en cinq étapes : déshabillage, douche, enfilage de vêtements jetables, enfilage de la combinaison, douche habillée... Quand on sort, toutes les deux heures, il faut jeter ses vêtements", ajoute Philippe Léonard. Le travail consiste à détacher le revêtement et à poncer le sol. Les déchets sont ensuite emballés et évacués du site. A l'internat du lycée Pierre Bourdan, ces travaux ont duré six mois car il a fallu désamianter le sol sur les cinq étages de l'immeuble.

Après les travaux, le sol est poncé et débarrassé de l'amiante - Radio France
Après les travaux, le sol est poncé et débarrassé de l'amiante © Radio France - Maxime Tellier

En tout, le chantier coûtera 1,5 million d'euros pris en charge par le Conseil régional de Nouvelle Aquitaine et permettra d'accueillir des élèves en fauteuil : une chambre individuelle à chaque étage a été équipé (portes plus larges, sanitaires privés). Les nouveaux pensionnaires prendront possession des locaux à la rentrée de septembre prochain. L'internat du lycée Bourdan peut accueillir jusqu'à 200 internes. Pendant la durée des travaux, ils logent au lycée Favard à Guéret.

Quant au désamiantage de bâtiments (publics ou non), "il y en a encore pour des dizaines d'années en France", lance l'un des opérateurs sur le chantier.