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Santé – Sciences

"3 heures de dialyse, 3 fois par semaine" : à Auxerre, la galère quotidienne des malades des reins

dimanche 4 mars 2018 à 22:30 Par Lisa Guyenne, France Bleu Auxerre

Les maladies rénales touchent un français sur dix. Chaque année, 11 000 personnes sont diagnostiquées tardivement, et doivent subir de lourds traitements. Pourtant les maladies rénales ne sont pas une fatalité.

Le Dr Jonot et Marie-Laurence Miel au chevet d'un malade
Le Dr Jonot et Marie-Laurence Miel au chevet d'un malade © Radio France - Lisa Guyenne

Auxerre, France

Reportage au service des dialyses de l'hôpital d'Auxerre

Service des dialyses, au premier sous-sol du CHU d'Auxerrre. Ici, c'est calme : la plupart des malades dorment, trop épuisés pour rester éveillés. Les autres s'occupent comme ils peuvent. "J'ai une liseuse, et je lis beaucoup" explique Pierre, 88 ans. Allongé sur un lit, une perfusion dans le bras, cet octogénaire doit prendre son mal en patience : "Je fais ça trois fois par semaine, trois heures de dialyse à chaque fois, depuis trois ans." 

"Une dialyse, c'est une contrainte"

Un traitement lourd, mais obligatoire, depuis qu'il a appris par hasard que ses reins fonctionnaient mal, pendant une simple visite de contrôle chez le médecin. "Il a regardé les tests et m'a dit, il faut venir à Auxerre, vous devez être dialysé. J'étais surpris.Ce n'est pas une bronchite ou quelque chose comme ça, c'est une maladie... spéciale", raconte Pierre.

Depuis, il a fallu apprendre à vivre avec la maladie. "Quand j'ai réalisé la contrainte que c'était... On ne peut plus rien faire, on est coincé" se désole le vieil homme. Il pense à sa femme, "une fille de La Rochelle, qui n'y est pas retournée depuis trois ans."

Un régime à respecter scrupuleusement

En plus des heures passées à l'hôpital, il faut aussi respecter un régime strict. "Il y a des aliments contre-indiqués : pas de bananes, pas de chocolat, qui sont lourds en potassium. Il faut aussi respecter une certaine quantité d'eau : ça vaut aussi pour la soupe, le thé, le café du matin..." explique Marie-Laurence Miel, cadre de santé au CHU. 

Deux ans en moyenne pour une greffe

Car les reins agissent comme un filtre, qui évacue les déchets toxiques produits par ce que l'on mange. Sans eux, ces déchets restent dans notre corps et nous empoisonnent. La dialyse consiste en quelque sorte à "nettoyer" le sang de manière artificielle, à la place des reins. Pour en sortir, beaucoup de malades attendent une greffe, mais le délai est long : deux ans, en moyenne. "Sur Auxerre, on a chaque année à peu près 50 nouveaux patients en dialyse, et à peu près dix greffes" précise le docteur Jonot, chef de service. 

"Il y a des causes génétiques, mais aussi toute cette épidémie de malbouffe"

Pour lui, l'espoir réside plutôt dans le traitement en amont des maladies : "Il y a deux choses : d'une, le dépistage, et deux, 60% des cas sont liés au diabète et à l'hypertension, des cas liés aux excès alimentaires, à l'obésité."

De très nombreux cas évitables en adoptant une bonne hygiène de vie, selon le docteur Jonot

Des risques que chacun peut aider à réduire, en adoptant une bonne hygiène de vie : manger moins salé, moins sucré, et arrêter de fumer. Il est conseillé de se faire dépister à partir de 60 ans.