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Santé – Sciences

50e anniversaire du Samu : rencontre avec son créateur, un médecin toulousain

dimanche 18 novembre 2018 à 19:01 Par Clémentine Vergnaud, France Bleu Occitanie et France Bleu

Le Samu fête lundi 19 novembre son 50e anniversaire. Le service d'urgence a été créé le 16 juillet 1968 par un médecin toulousain. Rencontre avec Louis Lareng, 95 ans, toujours impliqué dans la modernisation de la médecine.

Le professeur Louis Lareng a créé le Samu le 16 juillet 1968 à Toulouse.
Le professeur Louis Lareng a créé le Samu le 16 juillet 1968 à Toulouse. © Radio France - Clémentine Vergnaud

Toulouse, France

Le Samu fête lundi 19 novembre ses 50 ans. Ce dispositif d'urgence a été créé le 16 juillet 1968 à Toulouse, par un médecin toulousain, Louis Lareng.  Un demi-siècle après la création du Samu, France Bleu Occitanie a rencontré ce médecin, âgé aujourd'hui de 95 ans et toujours aussi impliqué dans la modernisation de la médecine. 

Le Samu, "le médecin au pied de l'arbre"

Assis derrière son grand bureau où trône notamment une photo du pape François, Louis Lareng se souvient comme si c'était hier de l'idée qui l'a amené à créer le Samu. "Le Samu c'est au fond l'hôpital hors les murs. C'est pour cette raison que je l'appelle souvent 'le médecin au pied de l'arbre' !", explique le médecin avec son accent qui roule les "r". A l'époque, les médecins n'ont pas le droit de sortir de l'hôpital pour soigner : une loi le leur interdit.

Qu'importe : Louis Lareng trouve la parade. "J'allais sur l'accident avec les cars de police. Je couchais au commissariat, où on m'avait aménagé un petit lit. Je couchais là et je partais avec eux. Ce n'était pas le Samu mais l'idée d'un Samu", raconte-t-il. Son dispositif est cependant perfectible : en effet, il se souvient de policiers "qui transportaient l'agresseur d'abord au commissariat avant de l'amener à l'hôpital"

Aujourd'hui, "chaque département a son Samu", tient-il à souligner en frappant son bureau du plat de la main. Et pour appeler le Samu, un seul numéro depuis 1978 : le 15. Avant cette date, chaque département avait son propre numéro pour contacter ce service d'urgence. Louis Lareng a négocié l'attribution du 15 au Samu avec le ministre des Télécommunications de l'époque. Hospitalisé, il a voulu faire un don au ministère de la Santé pour le remercier de l'accueil dont il avait bénéficié. Simone Veil se rend alors au chevet du ministre avec Louis Lareng. "On lui a dit que le meilleur don qu'il pouvait faire, c'était d'attribuer le 15 au Samu !" Le Samu prend donc place aux côtés de la police (17) et des pompiers (18).

Il faut conserver au Samu son sens de l'humanisme"

En 50 ans, le Samu s'est beaucoup développé et son activité a fortement augmenté. Aujourd'hui, il arrive bien souvent à saturation : trop d'appels, des pathologies non urgentes, pas assez de moyens... Louis Lareng se dit conscient de ces problématiques et estime que l'avenir du service d'urgence passe donc par les nouvelles technologies."L'intelligence artificielle et les robots vont venir au secours des trous, des manques et même à la place de certaines interventions", assure celui qui a importé la télémédecine en France. "Il faut que ce soit complémentaire entre la démarche humaine et la démarche artificielle parce qu'il faut conserver au Samu son sens de l'humanisme."

Le Samu a connu des turbulences ces derniers mois, notamment avec la mort de Naomi Musenga, une jeune Strasbourgeoise dont l'appel n'a pas été pris au sérieux par les équipes du 15. "Ça m'a fait mal", reconnaît Louis Lareng, qui dit cependant ne pas suffisamment connaître le dossier pour avoir une opinion sur d'éventuels manquements. Derrière ses lunettes rondes, il en est convaincu : "La Samu reste une excellente chose." Et il est convaincu que sa création a de l'avenir, avec toujours le même objectif : amener la médecine au plus près des patients.