Santé – Sciences

700 médicaments génériques bientôt bannis en Europe

Par Camille Magnard, France Bleu lundi 27 juillet 2015 à 15:17

Pharmacie médicaments (illustration)
Pharmacie médicaments (illustration) © maxppp - Max Rosereau

A partir du 21 août, près de 700 médicaments génériques fabriqués et testés dans des laboratoires indiens devront être retirés de la vente. C’est l’agence Européenne du médicament (EMA) qui l’a exigé, après avoir découvert des dysfonctionnements dans les procédures d’essais cliniques de ces produits.

L'EMA, agence européenne du médicament, n'y va pas par quatre chemins: elle exige aux pays membres de l'UE de suspendre de la vente près de 700 médicaments génériques commercialisés par les plus gros laboratoires au monde (Mylan, Teva, Sanofi). En cause, des manquements aux procédures de sécurité sanitaire pour ces produits qui sont fabriqués et testés dans des usines en Inde.

Dans la longue liste des centaines de génériques proscrits à la vente en Europe, il y en a 15 qui sont disponibles en France, et pas des plus rares : certains sont prescrits pour remplacer des anti-dépresseurs (Séroplex, Effexor), d’autres des antihistaminiques (Aérius, Telfast) ou des antidouleurs très courants (certains génériques de l’Advil).

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Fabriqués et testés en Inde

Le point commun de tous ces médicaments c’est d’avoir été fabriqués et testés en Inde, un pays qui s’affirme depuis quelques années comme le nouvel Eldorado des laboratoires pharmaceutiques qui y délocalisent la production des génériques notamment.

C’est l’agence française de sécurité du médicament, l’ANSM qui a signalé des irrégularités dans les méthodes utilisées par une usine du groupe GVK BIO, et a alerté l’agence européenne. Cette dernière a mené des vérifications sur un millier de produits : pour près de 700 les protocoles de suivi des cobayes ne sont pas entièrement fiables. Il faut donc retirer les médicaments de la vente par mesure de précaution et pour rappeler aux laboratoires indiens qu’ils doivent respecter leurs engagements en matière de pratiques cliniques.

Ne pas jeter le doute sur tous les génériques

En France, le retrait a déjà commencé, selon le ministère de la Santé, qui confirme qu’à chaque fois, des alternatives existent aux médicaments bannis, ce qui ne prive aucun patient du traitement dont il a besoin. « Cela ne doit pas remettre en question la confiance dans les génériques », confie l’entourage de la ministre Marisol Touraine au quotidien Le Monde. « Cela montre au contraire que les procédures de contrôle sont efficaces […] y compris à l’étranger ».

L’Inde de son côté dénonce ces décisions d’interdiction de vente en Europe pour près de 700 médicaments. Son secrétaire d’Etat au commerce extérieur Raveej Kher menace déjà de porter l’affaire devant l’organisation Mondiale du Commerce (OMC).